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Billet de blog 4 oct. 2022

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La grande nostalgie

Les nostalgiques de l'ère fasciste s'en donnent à cœur joie pour ressortir les reliques de l'époque. Dimanche matin à Porta Portese, le plus grand marché aux puces de la capitale, j'ai trouvé un choix impressionnant de memorabilia de l'ère Mussolini.

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Dans les rues et les cafés de Rome, personne ne débat de la victoire de Giorgia Meloni, il n'y a rien à dire, c'était prédit. Les Italiens attendent à présent la formation du gouvernement qui sera révélatrice de la direction que prendra la nouvelle présidente du Conseil, et peut-être qu'à ce moment-là, les discussions s'animeront.

            En attendant, les nostalgiques de l'ère fasciste s'en donnent à cœur joie pour ressortir les reliques de l'époque. Dimanche matin à Porta Portese, le plus grand marché aux puces de la capitale, j'ai trouvé un choix impressionnant de memorabilia de l'ère Mussolini. On trouvait de tout : des journaux de l'époque avec la photo du Duce en première page, des cartes de membre de l'œuvre Balilla, l'association pour la jeunesse mussolinienne ou en d'autres termes, les écoles d'embrigadement des enfants, des bulletins scolaires du primaire de l'époque avec la culture fasciste incluse dans les matières étudiées, des posters de propagande au graphisme moderniste (artistiquement très intéressant) représentant le développement urbain de la Rome des années 1930 mis en œuvre par Mussolini, des livres sur la guerre d'Ethiopie signés en personne par le maréchal Badoglio qui la dirigea, sans parler des maintes photos du Duce, un précurseur de la communication moderne, sous tous les angles.

            Gonflés par la victoire de Meloni, les nostalgiques du fascisme se donnent la liberté de s'exprimer ouvertement sur leurs convictions. On savait qu'il y avait encore à Rome des sympathies fascistes sous couvert, j'avais d'ailleurs entendu plusieurs fois des remarques telles que "Personne n'a rien fait à Rome depuis Mussolini", à présent, elles apparaissent au grand jour. Les grands changements d'époque comme on en vit un en ce moment, font toujours peur, alors on s'accroche à une fausse grandeur du passé en oblitérant tout ce qu'il y avait de mauvais dans ce passé. Aucun peuple n'est à l'abri de cet appel nostalgique.

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