Dimanche des Rameaux aujourd'hui et début de la semaine sainte chrétienne, une période de l'année qui reste importante en Italie, surtout à Rome. C'est pour cela que le Président du Conseil n'a prolongé le confinement que jusqu'au 12 avril, il ne peut pas encore annoncer officiellement que Pâques ne se fêtera pas en famille, même si tout le monde le pense. Ce dimanche des Rameaux encore célébré en Italie symbolise le retour de Jésus Christ dans la ville de Jérusalem, où selon le Nouveau Testament, il fut ensuite trahi par l'apôtre Judas, puis flagellé et crucifié avant de ressusciter le jour de Pâques. A son entrée triomphale dans la ville, la foule l'aurait accueilli avec des palmes, représentées également par des rameaux d'olivier ou de buis selon la latitude.
A Rome, la semaine sainte est un moment de célébration qui aboutit au jour de Pâques et donc à l'évènement plus heureux de la résurrection du Christ après le martyre qu'on lui a infligé. C'est peut-être une métaphore facile mais très tentante à Rome pour la période que nous sommes en train de vivre, quand devant la catastrophe de la pandémie, nous espérons une résurrection de notre monde sous une autre forme. En temps normal pendant cette semaine, les églises restent ouvertes tout le temps, même la nuit du jeudi saint lorsqu'elles sont illuminées par des centaines de bougies. Les Romains retournent dans les églises, non par religiosité, mais par besoin d'élévation. Retourner dans les églises pour s'élever humainement et spirituellement, au-delà de l'institution de l'Eglise et de toutes ses dérives qu'ils connaissent trop bien depuis des siècles. Redonner au lieu du culte sa fonction première qui est de s'arrêter un moment, se re-cueillir, méditer, et repartir dans sa vie quotidienne avec le recul nécessaire pour ne pas se perdre. Ils savent que ces églises grandioses furent construites avec le seul but d'exposer la puissance de l'institution commanditaire qui d'une certaine manière pèse encore sur Rome. On sent parfois dans cette ville l'atmosphère de corruption masquée et de vices étouffés qui nous donne le sentiment qu'elle ne fonctionne pas comme les autres, que les règles du jeu ne sont pas lisibles de l'extérieur, et que l'attitude nonchalante des Romains ordinaires les aide à se protéger, chi se ne frega...(on s'en fiche)...