Chronique romaine: les coquelicots

C'est la saison des coquelicots, ma fleur préférée, on commence à les voir apparaitre dans les champs et sur le bord des routes. Il y en a encore très peu, juste un ou deux, il y en aura davantage le mois prochain mais jamais des prés entiers tachetés de rouge comme les a immortalisés le peintre Monet. Les coquelicots, considérés une mauvaise herbe, n'ont pas résisté à l'usage massif des herbicides dans les cultures. Ils ne poussent plus que dans les endroits non traités comme la limite des champs et le bord des chemins agricoles. Ils aiment les terrains remués d'où leur présence sur les terres labourées et cultivées. Au Royaume Uni, le coquelicot est devenu le symbole des anciens combattants à la fin de la première guerre mondiale parce que les champs de bataille et les tranchées où la terre avait été creusée en était recouverts. Il est porté en commémoration des soldats tombés sur le front.

 Cette fleur me fascine, fragile et résistante, à la fois masculine et féminine. Une tige fine et droite, drue, sans feuillage, qui porte vigoureusement une fleur arrondie aux larges pétales délicats comme de la soie. Dès qu'on la cueille, elle se fane, les vases d'intérieur ne sont pas pour elle, seule la nature sauvage est son élément, si on veut la posséder, elle s'éteint. Dans la littérature persane, elle serait le symbole de l'amour.

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