Velléités associatives

Dans la série des endroits secrets à Rome, il y a beaucoup de bars et de restaurants camouflés sous le couvert de centre culturel ou social. Ils n'ont jamais pignon sur rue. Pour y entrer, il faut sonner à une porte close qui ressemble à une entrée secondaire d'immeuble ou à un entrepôt. Une fois à l'intérieur, il faut souscrire à une association culturelle en payant une cotisation annuelle symbolique d'un euro. On obtient une carte de membre imprimée sur du papier glacé comme pour les cartes de visite. A partir de là, on peut s'installer et consommer. Souvent, ces endroits sont plutôt alternatifs dans leur clientèle et leur décoration -on recrée le 19eme siècle bourgeois ou les années 1930s ou 1950s épurées. Pour le visiteur occasionnel, ils sont invisibles. A Rome, c'est une méthode utilisée pour éviter de payer des taxes et TVA trop pesantes et détourner la rigidité de la règlementation dans l'établissement de nouveaux locaux. Une de leurs caractéristiques est de ne jamais durer très longtemps. Il est assez fréquent de donner rendez-vous à des amis dans des endroits qui n'existent plus si on ne les a pas fréquentés depuis plus de trois mois. Ce n'est donc pas la peine que je mentionne ici mes préférés, ils ont déjà disparu, c'est le monde furtif de l'underground romain.

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