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Journaliste, auteure et grande voyageuse, j'ai adopté plusieurs langues et cultures. L'itinérance est devenue mon mode de vie et la source de mon écriture.

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Billet de blog 25 avril 2020

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Chronique romaine: Fêter la libération en confinés

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Par une certaine ironie des circonstances, les Italiens se retrouvent confinés pour commémorer la Libération de leur pays il y a 75 ans ce jour. C'est toujours une fête importante pour eux, qui associée au 1er mai, leur permet de prendre une semaine de congé ou un long weekend en fonction du hasard du calendrier. Cette année, ils préfèreraient célébrer la libération de ce confinement pénible et forcé plutôt que de commémorer un évènement de plus en plus lointain, qui passe soudain en second plan par rapport à l'urgence que nous sommes en train de vivre. Les discours patriotiques qui résonnaient encore il y a quelques mois, palissent lorsque le monde se trouve confronté à une crise inédite. Que veut dire "la patrie" quand l'humanité entière lutte contre l'ennemi du virus et que nos gouvernants sont devenus des gestionnaires plus ou moins compétents de problèmes qui les dépassent? Qui l'incarne cette patrie?

 La notion de patrie telle que nous la connaissons surgit pendant la Révolution française pour rallier le peuple à sa cause. Elle est ensuite réinventée au XIXème siècle par l'Etat-nation et la république pour s'affirmer en opposition à la monarchie. S'il n'y a plus d'allégeance à un roi, comment fédérer un peuple si ce n'est par une notion sentimentale d'appartenance à un même ensemble, une même nation, une même patrie? La terre de nos pères ou Vaterland en allemand, mais motherland en anglais (la terre de nos mères). En France, les enfants de la troisième République ont été abreuvés de cette notion, surtout à partir de l'instauration de l'école publique obligatoire, notion exacerbée ensuite dans les chansons populaires. Ils seront prêts à se lancer volontairement dans le carnage que fut la première guerre mondiale. Même le personnage de Vercingétorix, enfoui dans les siècles, est ressorti des oubliettes de l'histoire au XIXème siècle pour être érigé en héros national et aiguiser ce sentiment patriotique naissant. Avant cela, nul auteur n'y faisait particulièrement référence. Plus d'un siècle plus tard, quel fondement a cette notion de patrie à l'heure de la globalisation de l'économie et la mondialisation des épidémies?

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