Chronique romaine: Fiumicino

Si on reste dans Rome, on a du mal à penser qu'il y a à peine deux semaines, la ville était encore en plein lockdown avec les habitants enfermés chez eux. Une fois les restrictions levées le 18 mai, la vie a très vite repris son cours, les gens se sont remis à bouger et aujourd'hui, on en oublierait presque l'épidémie du coronavirus si ce n'était pour les masques qu'on doit porter et les quelques boutiques pour touristes qui ne rouvriront pas. Il y a en tellement de ces boutiques que même sans une pandémie de cette ampleur, elles n'auraient peut-être pas tenu. Par contre, quand on va à l'aéroport de Fiumicino, le plus important du pays en nombre de passagers, avec environ 43 millions de passagers par an (comparés aux 29 millions de Milan Malpensa) on comprend tous les effets à venir de cette pandémie. Il est vide comme je ne l'ai jamais vu (comme je n'ai jamais vu aucun aéroport d'ailleurs à part la nuit). Personne. Les halls sont silencieux, les vols à l'arrêt, le parking est désert, seules les mouettes volent encore au-dessus du terminal. Devant les portes coulissantes dorénavant closes, quelques voitures de police montent la garde à l'entrée et surveillent les rares voyageurs qui entrent et sortent. J'en ai compté cinq pendant la demie-heure où j'attendais le retour de mon mari. Devant cette scène, on ne peut s'empêcher de penser aux conséquences désastreuses qu'il risque d'y avoir pour l'économie du pays, surtout pour une ville qui tire ses revenus principalement du tourisme à moins de réussir à réinventer un nouveau mode de fonctionnement.

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