Organisation Territoriale de l'État (OTE)

Les services déconcentrés de l'État sont en train de subir une énième transformation dénommée cette fois-ci OTE pour organisation territoriale de l'État.Nouveau plan social déguisé. A la manœuvre, nos hiérarques zélés aidés par les cabinets d'audit qui se partagent le lucratif marché de l'accompagnement au changement. Exemple ci-dessous d'un tract ou d'un texte à destination de.....

<Monsieur le directeur, le préfet ou autres> Vous avez souhaité réunir une nouvelle fois les organisations syndicales dans le cadre des transformations opérées dans la fonction publique d’État, transformations qui se déroulent dans un relatif flou et une ambiance pesante. Le rouleau compresseur avance et la case dialogue sociale doit être cochée de manière à faire comme si. De dialogue social nous n'en avons vu ni l'ombre ni la couleur. Les plus malhonnêtes diront qu'une concertation a eu lieu, les plus honnêtes qu'il ne s'agissait que d'une information et les plus lucides que l'on se moque du monde. Nous nous plaçons dans cette dernière catégorie. Les adaptations à la petite semaine, ayant pour objet principal de répondre à la contrainte économique immédiate ne font pas une politique durable. Vous pensez pouvoir combler la baisse des effectifs annoncée par la mise en œuvre d'organisations "managérialisées" capables d'être pilotées et de de produire du chiffre au regard des objectifs politiques du moment. Le pas supplémentaire opéré dans ce sens dans le cadre de l'OTE ne peut que nous inquiéter. L'hôpital public et les EHPAD ont connu ce chemin, et aujourd'hui qu'en est-il? Chacun se fera son idée au vu des mouvements sociaux en cours. La Poste a suivi ce mouvement, qu'en est-il? Là encore chacun se fera son idée au regard du nombre de suicides imputable aux organisations pathogènes mises en place. Les exemples sont nombreux (directrices d'école, agents de la SNCF…). Cette destruction en règle des services publics ne nous satisfait évidemment pas. Nous ne nous résignons pas à voir nos conditions de travail et la qualité du service public se dégrader. Nous préférons, selon l'adage bien connu, "prévenir plutôt que guérir". La question du travail au sens plein est absente du débat. La performance et l'efficacité mesuraient sous le seul angle du chiffre représentent les nouvelles formes d'asservissement au travail. La production de chiffre est vue comme l'alpha et l'oméga de l'activité administrative même si ces chiffres n'ont pas ou ont peu de sens. Nouvelle croyance et nouvelle forme d'alchimie dans lesquelles le plomb se transforme en or, la gouvernance par les nombres, au-delà d'une apparence trompeuse de neutralité et de scientificité, se traduit bien souvent par de l'insatisfaction et de la souffrance au travail. Le travail réel et concret vécu dans leur chair par les agents est évacué au profit d’un fonctionnalisme intégral. L'utilisation d'innovations élaborées par les cabinets d'audit internationaux en vue de faire adhérer les agents en les laissant dans l'incertitude pour qu'ils se raccrochent, in fine, aux branches des solutions vendues "sur étagère" nous paraît condamnable sur le plan moral. Le changement permanent promu comme fonctionnement normal de tout groupement humain nous place dans un imaginaire flottant, fluide et instable qui risque fort de se transformer en naufrage collectif en particulier lorsque les techniques qui l'accompagnent, Programmation Neurolinguistique ou Analyse Transactionnelle pour n'en citer que deux, sont mises en œuvre sans discernement par une hiérarchie intermédiaire déboussolée. Et ce n'est pas le concept de Qualité de Vie au Travail (QVT), vernis écaillé, qui pourra venir en aide aux défenseurs les plus zélés des transformations actuelles. La "rigologie", le "amma assis", les "ambiances zen" et autres "plantes vertes"  dans les bureaux sont des réponses indigentes trop souvent promues pour faire illusion. Les propositions, quelles qu'elles soient, qui pourraient remonter du niveau départemental au niveau national dans le contexte précédemment rappelé nous renforcent dans l'idée que décidément, oui, on se moque de nous. Vous l'aurez compris nous sommes résolument contre ce qui se met en place pour les raisons déjà évoquées et plus simplement car tout cela ne va pas dans l'intérêt des agents. Nous revendiquons toujours, et plus que jamais, une abrogation des différentes circulaires sur l'OTE mais également de la loi sur la transformation publique votée cet été. Les propositions innovantes et l'intelligence collective existent mais pour le moment vous n'en usez pas, ce qui ne peut que nous chagriner. Merci de votre attention….

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