La corruption gangrène Mayotte

L'île de Mayotte est régulièrement au cœur de scandales politiques mêlant conflit d’intérêts, corruption, malversations et fraudes.

Alors que la France s'illustre comme l'un des pays européens les plus corrompus, ses territoires d'outre-mer lui emboîtent le pas. Selon Transparency International, la France obtient une note de 69/100 et se place seulement à la 23ème place mondiale des pays les plus transparents. On ne compte plus les responsables politiques concernés par des « affaires ». Il en est de même à Mayotte. La petite île de l'archipel des Comores, devenue département français en 2011 est secouée par plusieurs affaires.

La plus récente concerne les élections législatives de 2017. Le Conseil Constitutionnel vient d'annuler les résultats dans la première circonscription et les électeurs vont devoir revoter. En cause des écarts importants entre le nombre de bulletins présents dans l'urne et les émargements, et ce dans plusieurs bureaux de vote lors du second tour. De plus, les deux candidats ont continué à faire campagne la veille et le jour des élections, ce qui est interdit par le code électoral. Concernant les mêmes élections, un gendarme de Mtsamboro (nord de Mayotte) est poursuivi pour avoir établit de fausses procurations.

Rien d’étonnant cependant à Mayotte, petite île habituée à ce genre de pratiques. Le conseiller général de Dzaoudzi (Petite-Terre) et ancien président du Conseil Général, est condamné en 2011 pour prise illégale d'intérêts. L'ancien député de la première circonscription et avocat de métier est condamné en 2011 aussi pour perception illégale de dommages et intérêts. L'ancien sénateur-maire de Mamoudzou (chef-lieu) est lui condamné en 2013 pour emploi fictif. Une fonctionnaire du Conseil Général est condamnée en 2015 pour attribution d'un marché public contre des pots de vin. La même année, deux agents de la préfecture sont condamnés pour corruption passive. Toujours en 2015, plusieurs douaniers sont condamnés pour corruption et importation illicite.

Parallèlement à ces condamnations, un procès est toujours en cours pour des emplois fictifs au Conseil Général et une enquête est ouverte pour le même motif à la mairie de Mamoudzou. De plus, un responsable de la DEAL1 est soupçonné d'être à la tête d'un réseau de vol et recel de moteurs volés. On le voit, ces pratiques sont donc monnaie courante dans le département le plus pauvre de France et qui affiche toujours un important retard de développement.

 

1Direction de l’Équipement, de l'Aménagement et du Logement.

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