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Billet de blog 4 nov. 2021

Passe sanitaire : des dégats démocratiques, sociaux et sanitaires

Le Gouvernement a fait voter à l'Assemblée nationale une prolongation du passe sanitaire. Pourtant, depuis sa mise en application cet outil s'avère très peu efficace sur le plan sanitaire, mais produits de nombreux dégâts démocratiques, sociaux, et même sanitaires. C'est l'heure du bilan.

Damien Maudet
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Mercredi 3 novembre, le Projet de loi « vigilance sanitaire » a été adopté en deuxième lecture par l’Assemblée nationale. Ce texte contient deux mesures importantes : une prolongation de l’Etat d’urgence sanitaire et une prolongation du régime de transition de sortie de l’Etat d’urgence sanitaire, terme orwellien qui signifie simplement la prolongation de « mesures d’exception » dont le passe sanitaire.

Depuis mars 2020, le gouvernement prolonge les régimes d’exception permettant au Premier ministre de « limiter la circulation » des personnes, donc de confiner, reconfiner, mettre des couvre-feux. Cette fois, ils ont décidé de ne plus revenir devant le parlement avant 8 mois. C’est la plus longue prolongation jamais faite pour un régime d’exception. Ainsi, alors qu’il a suscité de vifs débats, le gouvernement prolonge son passe sanitaire durant 8 mois, sans plus jamais n’avoir à consulter le parlement pourtant acquis à sa cause, avec une Assemblée nationale (très) majoritairement macroniste.

A l’épreuve des faits, on peine toujours à savoir ce qui peut justifier rationnellement la mise en place de ce « passe ».

Depuis juillet, malgré ce que peut en dire Olivier Véran, il n’existe pas de preuve sur l’efficacité sanitaire du passe. En revanche, malgré un silence médiatique assourdissant, il existe bien des dégâts causés par ce « passe sanitaire ». Ils sont démocratiques, sociaux et sanitaires.

Un passe sans effet sanitaire

Toute critique du passe sanitaire est subordonnée à la démonstration qu’il n’a aucune utilité sanitaire. Les trois objectifs qui lui ont été implicitement fixés n’ont pas et ne seront sans doute jamais atteints – bien qu’il ne faille jamais dire jamais.

Baisse des contaminations : ça se passe sans passe

Sans contradiction, il fut facile d’entendre députés macronistes et membres du gouvernement vanter les effets du passe sanitaire sur les contaminations et sur la quatrième vague. Pourtant, comme j’ai pu l’écrire dans le précédent billet de blog, cela n’a toujours rien d’évident.

Cette fois, ce n’est pas juste mon analyse, mais celle du conseil scientifique. Dans son avis du 5 octobre, le conseil détaille : « Le rôle du passe sanitaire en tant que mesure favorisant la protection des individus est plus difficile à mettre en évidence. »

Quiconque souhaiterait avec insistance adosser la décrue des contaminations au QR code, se voit factuellement contredit par le même conseil : « Le passe sanitaire a été mis en place début août alors que la décroissance de l’épidémie du variant Delta est plutôt survenue vers le 20 juillet. ». Pour compléter la lecture du conseil scientifique on peut aussi se référer à nos voisins qui n’appliquent pas la passe sanitaire. L’Espagne qui vit sans passe sanitaire pour les interactions du quotidien comme nous le faisons, a aussi connu une forte baisse des nombres de cas durant l’été. L’Espagne est passée d’environ 30.000 cas fin juillet à 10.000 fin aout.

Incitation à la vaccination : les plus fragiles ne sont toujours pas protégés

Autre effet recherché : obliger les gens à se faire vacciner. Il n’y a pas de doute, cela a poussé un très grand nombre de Français à franchir le pas.

La mauvaise nouvelle, c’est que ce pour ceux qui risquent le plus de fréquenter les services de réanimation, ça n’a pas changé grand-chose. Alors que chez nos voisins d’Europe de l’Ouest, les taux de vaccinations des plus de 80 ans avoisine les 100%, en France 15% ne sont toujours pas vaccinés. A trois reprises dans son dernier rapport, le Conseil scientifique s’en émeut : « Un nombre encore trop important de personnes à risque, en particulier les personnes âgées de plus de 75 ans, restent non vaccinées, plus que dans d’autres pays. » ou « le niveau de vaccination en France chez les populations les plus âgées (plus de 80 ans) et les plus fragiles doit être encore amélioré » ou encore « En France, concernant les personnes âgées, la vaccination n’a pas encore atteint cette couverture et c’est un de nos points de fragilité. »

L’annonce du 12 juillet – à savoir la mise en place du passe sanitaire – n’a eu que peu d’effets sur nos ainés. Le taux de vaccination chez eux n’a pris que cinq points, alors que toutes les autres classes d’âges, qui font moins de formes graves, ont considérablement augmenté. Si cela reste une bonne nouvelle, pour les un peu plus jeunes, il faut tout de même se rendre compte de la situation ubuesque : parmi les plus de 18 ans, les plus fragiles, les plus âgés sont devenus une des classes d’âge où il y a le moins de vaccinés. Chez les 18-24 ans, la couverture vaccinale est de 87%, contre 85% chez les plus de 80 ans.

Les plus de 80 ans occupent le plus des services de soins intensifs et représentent plus de 50% des décès. Poursuivre sur cette voie, dans laquelle ils ne se vaccinent pas plus qu’avant, relève de la bêtise et n’aura un impact que bien limité sur les services de réanimation.

Vaccination pour tous : l’impossible immunité collective

Au-delà des plus fragiles, le but du passe pourrait être de faire vacciner le plus de Français possible pour atteindre une « immunité collective ». C’est-à-dire un stade où suffisamment de concitoyens sont protégés et le virus n’aurait plus de corps où circuler.

Cet objectif a été conforté par les dires d’Olivier Véran en juillet qui, avec aplomb expliquait « Par définition, si tout le monde est vacciné, il n’y a plus de passe. Parce que si tout le monde est vacciné, il n'y a plus de virus. ».

Mais c’est… quasiment faux. Le virus circule parmi les vaccinés. Ces derniers peuvent même aller en réanimation comme l’explique un article du Parisien « 4 malades hospitalisés sur 10 avaient reçu au moins une dose (et, le plus souvent, étaient complètement vaccinés) ».

Ainsi, les pays avec de très forts taux de vaccination contre le Covid reconnaissent que l’immunité collective n’est qu’un doux rêve, comme c’est le cas de l’Islande. D’autres épidémiologistes à l’étranger sont bien plus nets. C’est le cas d’Andrew Polard (Oxford) « Avec le variant actuel, nous sommes dans une situation où l’immunité collective n’est pas une possibilité, car il infecte des gens vaccinés. » ou encore d’un conseiller du Gouvernement israëlien auprès du Monde « Le virus a continué de circuler, de plus en plus vite avec l’apparition des variants Alpha puis Delta. La leçon que nous en tirons, c’est que le vaccin fonctionne, mais qu’il ne suffit pas. ». En France également, celui qui est censé être le plus optimiste sur le sujet a un peu de mal à l’être. Alain Fischer, « Monsieur vaccin » du Gouvernement a qualifié l’immunité collective de « challenge très ambitieux ». 

En bref, dans la mesure où le virus circule – activement – parmi les vaccinés, atteindre l’immunité collective est devenue – quasi – impossible. Ainsi, il semble nécessaire de se demander quel référentiel prendre pour mesure l’épidémie et quel est notre objectif.

Maintenir le passe : un danger démocratique, social, sanitaire

En somme, comme vu plus haut, il n’existe pas de raison de maintenir la passe sanitaire pour lutte contre la Covid-19. En revanche, il y a urgence de sortir de ce flicage généralisé dans lequel semble se complaire le gouvernement. C’est une urgence démocratique, sociale et sanitaire.

Démocratie : légitimer une décision solitaire

Avant d’entamer une analyse des votes à l’Assemblée nationale le 19 octobre dernier, il faut réécrire ici une chose : le passe sanitaire est un choix de Macron, et seulement lui. Preuve en est de ses conseillers qui, le 12 juillet expliquait que « le Président peut nous surprendre ». Cela avait pris à rebours tous les ministres ayant quelques mois plus tôt presque jurés qu’il n’y aurait jamais de passe sanitaire.

Cette solitude s’est de nouveau traduite à l’Assemblée nationale. Aucun membre de l'opposition n’a voté en faveur du projet de loi gouvernemental. Jamais le gouvernement ne s’était retrouvé aussi seul.

Les députés macronistes ont rasé les murs. En proportion, ce sont ceux qui ont le moins voté. Sur les 269 députés du groupe La République En Marche, seuls 107 sont venus voter, 104 en faveur du projet de loi. A peine 40% du groupe a soutenu le projet gouvernemental. Personne ne veut assumer un tel texte. Chez les plus courageux, on trouve même des macronistes frondeurs. Comme c’est le cas de Pacome Rupin, député du 12ème arrondissement de Paris, qui qualifie le passe « d’outil dangereux » qui risque de « mettre sept millions de personnes de côté ».

En bref, ne pas s’opposer au passe sanitaire c’est également accepter la main de fer de Macron sur nos vies. Une main de fer appliquée depuis presque deux ans, et qui ne nous a jamais sauvé, mais qui a en revanche continuellement réduit nos libertés fondamentales.

Démocratie : 2022, les pleins pouvoirs pour le prochain président ?

« On ne sait pas qui va gagner la présidentielle. Je ne me sens pas en mesure de permettre à un extrémiste, [une fois élu], d'avoir entre les mains des mesures d'urgence sanitaire. » a expliqué le député centriste de Belfort, Michel Zumkeller, en commission des lois.

Mieux vaut ne pas être dans le déni. Il y a un an, qui aurait pu dire qu’un passe sanitaire serait appliqué sur tout le territoire y compris pour boire un expresso et que Zemmour serait en passe d’accéder au second tour de l’élection présidentielle ? Personne. Alors, il vaut mieux se méfier de l’avenir. Ce projet de loi, au contraire, a une totale confiance en l’avenir. Avec le texte « vigilance sanitaire », entre avril et juillet 2022, le prochain président pourra appliquer un passe sanitaire à sa guise, mais au-delà, il pourra également « Interdire aux personnes de sortir de leur domicile, sous réserve des déplacements strictement indispensables aux besoins familiaux ou de santé », « Restreindre ou interdire la circulation des personnes et des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par décret » ou encore « Limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature. » Ici, tombe à l’eau le fantasme de grandes manifestations en cas de victoire d’un facho. Légalement, ce dernier pourra interdire les rassemblements, mettre tout le monde sous couvert.

Il est aujourd’hui insupportable de laisser Macron diriger seul. Avec ce texte, il pourra demain continuer, mais ce pourrait très bien être Eric Zemmour, ou Marine Le Pen. Le principe de précaution devrait être de ne pas signer un chèque en blanc à l’avenir.

Sociale : en marche vers une fracture

Comme on pouvait s’y attendre, le QR code sanitaire crée de l’exclusion sociale. Depuis la mise en paiement des tests, c’est l’exclusion sociale d’environ 10% de la population : 7 millions de personnes. C’est colossal. C’est comme si d’un coup, on excluait socialement l’ensemble des habitants de la Nouvelle-Aquitaine et la moitié du Centre Val de Loire.

Lanceuse d’alerte en juillet, la Défenseure des droits émettaient dix points d’alerte sur l’extension du Passe sanitaire aux actes de la vie quotidienne en expliquant que « Le caractère discriminatoire de ces mesures ne peut être écarté. » Elle mettait également en garde quant aux impacts sur le déremboursement des tests. Déremboursements devenus effectifs, les craintes de la défenseure des droits sont confirmées « les chiffres récents de l’Assurance maladie montrent que, pour toutes les tranches d’âge, le taux de vaccination dans les communes les plus défavorisées reste significativement inférieur à celui qu’on observe dans les communes les plus favorisées. » Ainsi, les plus défavorisés sont encore les plus discriminés : ils auront des difficultés à accéder aux hôpitaux pour des soins non-urgents, pour accompagner leurs enfants à la piscine, pour entrer dans une médiathèque (lieu souvent important pour faire des démarches en ligne).

Rappelons-le, tout ça dans quel but ? On ne sait pas vraiment.

Sanitaire : privation d’activité sportive, l’inquiétant exemple des adolescents

Nos enfants vont-ils attraper des comorbidités à défaut de choper la covid ?

La question peut paraitre provocatrice. La question est légitime.

Au moment où est rédigé cet article, 30% des 12-17 ans ne sont pas vaccinés et n’ont donc pas accès à un passe sanitaire. C’est autant d’enfant privés d’accès à tous les lieux de socialisation, mis à part l’école. L’exemple le plus frappant chez les adolescents semble être dans le sport. D’après la présidente de la Fédération nationale du sport en milieu rural (FNSMR), le nombre de licenciés est en baisse de 20% par rapport à la normal. Dans un article du journal Le Monde[4], nombre d’éducateurs semblent également expliquer que les enfants manquent à l’appel ou vont manquer à l’appel suite à la mise en paiement des tests.

Plus qu’ailleurs, le passe sanitaire chez les adolescents constitue une aberration sanitaire. La probabilité pour eux de faire des formes graves de covid sont proches de zéro. En revanche, les chances de voir leur santé se dégrader à cause de leur sédentarité sont très fortes. C’était d’ailleurs « le » sujet à la sortie du premier confinement. L’inquiétude était grandissante sur leur état de santé. Dans une étude de l’Anses de novembre 2020 auprès d’enfants de 11 à 17, 66% d’entre eux présentaient « un risque sanitaire préoccupant » à cause de leur trop grande inactivité sportive. Des spécialistes comme le Pr Carré, cardiologue, vont jusqu’à affirmer que « La sédentarité des jeunes, c'est le même problème que le tabac il y a 60 ans ». Cela sans rappeler que le sport diminue très fortement les risques de développer des maladies chroniques. Les mêmes maladies qui font développer chez leurs hôtes des comorbidités.

Sanitaire : l’impossible débat sur l’hôpital

« Notre première responsabilité est de protéger par nos décisions chacun de nos concitoyens, parce que chaque personne qui part en réanimation, c’est une personne de trop, c’est une souffrance de trop […] si nous avions 50 000 places de réanimation, il ne faudrait pas accepter d’envoyer 50 000 de nos concitoyens en réanimation ! ».

Ce 29 octobre 2020, Stanislas Guérini, député LREM, use d’un raisonnement par l’absurde pour masquer une vérité : l’hôpital s’effondre petit à petit et de plus en plus vite depuis 2020. N’importe quelle nouvelle épidémie pourrait le faire tomber. Le vaccin covid est une réponse conjoncturelle face à un problème structurel. Le passe sanitaire, une réponse technologique face à un problème humain.

Très vite, ce qu’a révélé cette crise, c’est un problème humain. Si au départ il a fallu quelques temps de rodage pour les soignants sur comment appréhender un cas covid, ce qui a manqué c’est de main d’œuvre. Nos hôpitaux étaient déjà surchargés avant mars 2020. Ils ont simplement explosé. Et, depuis mars 2020, c’est après le désengorgement des hôpitaux que l’on court. Des hôpitaux qui résistent de moins en moins bien alors que nous avons moins de cas et des vaccins. Cela parce qu’ils sont de plus en plus faibles et que le nombre de soignants n’a de cesse de diminuer depuis mars 2020.

La passe sanitaire et la « vaccination panacée » pose ce problème sanitaire qu’ils empêchent tout débat sur la situation des hôpitaux, unique outil précieux qui soigne presque n’importe quelle maladie. Mais, le gouvernement préfère répandre une idée presque mystique qui serait que la technologie serait plus forte que l’homme pour résoudre nos maux. Dans le même temps, il met la faute d’une calamiteuse gestion sanitaire sur les 10% de non-vaccinés. Pourquoi ? Parce qu’il sera toujours moins cher d’acheter des vaccins que d’investir de manière pérenne dans nos hôpitaux. D’autre part, car ça montrerait que depuis mars 2020, le gouvernement n’a pas fait sa part du boulot, n’a pas relevé la digue de nos hôpitaux.

Et, c’est ce que traduit l’enquête du conseil scientifique qui prouve que 20% des lits sont actuellement fermés dans les hôpitaux du pays. Chiffre qui n’est étonnant que pour Olivier Véran.

Pour une autre gestion sanitaire

Contre le passe sanitaire, tout l’été, des milliers de manifestants se sont mobilisés chaque semaine. Du jamais vu. Malgré tout ce qu’on a pu en voir ou en dire, sur le fond, ces manifestants « anti-passe » ont raison.

Le passe sanitaire n’a rien d’anodin. Sa mise en place a été l’occasion d’une véritable démonstration de force de la part de Macron. Ce dernier a pu montrer que, sans aucune raison scientifiquement viable, il pouvait empêcher une partie de la population de boire un expresso, accompagner un proche à l’hôpital, suspendre des salariés, sans craindre quelconque révolte d’ampleur. Cette acceptation est l’acceptation d’un libéralisme autoritaire.

Les scientifiques sont unanimes sur l'augmentation des crises dans un futur proche, notamment à cause du changement climatique. Ces futurs défis nous condamnent-ils à vivre sous des régimes autoritaires ou allons-nous reprendre la main sur nos vies ?

Plus que jamais, la lutte contre le passe sanitaire continue d’être politique et sociale. Elle n’est rien d’autre.

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