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Billet de blog 27 avr. 2020

Etudiants et Covid-19: répondre à l'urgence financière

Gel des loyers en cités universitaires, prolongation des versements des bourses durant l’été, généralisation du RSA pour les moins de 25 ans, augmentation significative des APL. Il existe des solutions urgentes pour diminuer les effets de la crise sur les étudiantes et étudiants.

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La crise du Covid-19 met en exergue toutes les inégalités qui traversent notre société et qui sont le fruit du modèle néo-libéral. Alors que certain.es avaient réussi et d’autres n’étaient rien, il semble que celles et ceux qui ne sont rien fassent aujourd’hui tenir le pays, tout en étant les plus impacté.es par la crise. Les médias et autres responsables politiques, du centre gauche jusqu’à la droite-extrême, semblent découvrir des catégories de population qui sont plus rapidement en difficulté et baignées dans la plus grande précarité. C’est le cas de la population étudiante.

Elle réunit près de trois millions de personnes en France, dont environ 30% perçoivent une bourse sur critères sociaux d’un Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (CROUS). Ces bourses n’ont rien de flamboyant et permettent à peine de (sur)vivre. Elles sont étalées sur sept échelons allant de 120€ à 561€ par mois, une somme presque deux fois inférieure au seuil de pauvreté de 1040€, défini par l’INSEE. Sauf très rares exceptions, ces bourses ne sont perçues que 10 mois de l’année sur 12. Les bénéficiaires doivent ensuite se lancer dans une course effrénée et vitale pour trouver un job d’été afin de payer les loyers de juillet et août, pour celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de retourner chez leurs parents, ou qui doivent garder leur logement pour la rentrée suivante. Aussi, afin de pallier la faiblesse de cette bourse, près de la moitié des étudiantes et étudiants ont une activité professionnelle en parallèle de leurs études - ce qui nuit gravement à leur bon suivi.

Ainsi, souvent précaires et devant faire face à des organisations d’examens très aléatoires, la crise sociale du Covid-19 a de forts impacts sur les conditions de vie et d’études. Les étudiantes et étudiants en santé, et celles et ceux qui occupent un emploi alimentaire, se retrouvent en première ligne pour soigner et “faire tourner le pays”. Dans le même temps, les hashtags se multiplient pour dénoncer le manque de réponses de la Ministre Frédérique Vidal face aux incertitudes pédagogiques que pose cette crise. Enfin, une vaste partie sont en grande difficulté financière et les possibilités d’emplois saisonniers qui permettent de pallier l’absence de bourses en cette période vont être drastiquement réduites puisque les bars, restaurants et autres commerces qui proposent massivement ce type d’emplois, vont fonctionner à une cadence réduite voire être fermés, une partie de l’été. 

Au coeur de la tempête, nous souhaitons proposer ici plusieurs alternatives à court et long terme pour sortir de la précarité des millions d’étudiantes et étudiants. Dans un deuxième temps, nous vous proposons un point sur la situation des étudiant.es en France durant la crise du Covid-19.

Répondre à l’urgence sociale liée à la crise du Covid-19 :

  • Allonger de deux mois la durée d’attribution des bourses pour les étudiantes et étudiants boursier.es ;
  • Suspendre le paiement des loyers en cité universitaire et dans les logements sociaux, pour toute la durée de l'état d’urgence sanitaire, même pour les étudiants n’ayant pas quitté leur logement ;
  • Augmenter drastiquement les aides au logement pour les étudiantes et étudiants qui vivent dans les autres logements privés ;
  • Étendre le RSA pour qu’il puisse être perçu par les étudiantes et étudiants, y compris étranger.es, et sans conditions d’âge, sur simple demande et présentation d’un justificatif de scolarité ;
  • Distribuer des repas aux étudiantes et étudiants et/ou distribuer des bons alimentaires pour celles et ceux en difficulté durant l’état d’urgence sanitaire

Pour voir au-delà de la crise, aller vers une bourse calculée sur les revenus des bénéficiaires :

  • Calculer les bourses à partir des revenus des étudiantes et étudiants plutôt que sur les revenus des parents, et en faire un complément de ces revenus pour qu’aucun ne vive sous le seuil de pauvreté
    • Les étudiantes et étudiants pourraient donc faire leur propre déclaration fiscal (comme pour l’aide au logement, les menants davantage vers l’autonomie vis à vis de leurs parents). Les étudiants devraient obligatoirement compléter un dossier social étudiant en même temps que leur inscription sur Parcoursup, afin que les moins familiarisé avec l’ESR fassent tout de même leur demande d’aide.
    • Les aides financières des parents seraient à inscrire sur leur déclaration d'imposition.

Précarité sanitaire, pédagogique et financière durant la crise du Covid-19

Les étudiants sont aussi en première ligne

Un part non négligeable des étudiantes et étudiants ne sont pas en mesure de se concentrer sur leurs études en ce moment. En effet, pour tenter de pallier leurs difficultés financières, certain.es sont venu renforcer les rangs de la grande distribution. Qu’il s’agisse de nouveaux contrats, ou d’avenants les faisant travailler à plein temps, ils et elles sont pleinement mobilisé.es depuis le début de la crise, pour permettre aux supermarchés assiégés de répondre à la demande des consommateurs. Problème: les conditions de travail, qui ne laissent pas rêveur en temps normal, se sont aggravées depuis le mois de mars. Les renforts étudiants, tout comme leurs collègues permanents de la grande distribution, en première ligne, n’ont pas toujours la chance d’être sous les ordres d’une direction assurant leur sécurité face au virus, et n’obtiennent pas les rétributions qu’ils mériteraient pour travailler dans ces conditions, en devant mettre leurs études de côté, car rappelons que l’octroie de prime ne dépend que de la bonne volonté de l’employeur.

La grande distribution n’est pas le seul secteur à peu reconnaître sa main d’oeuvre étudiante : les conditions de travail des étudiantes et étudiants au front dans les hôpitaux ont de quoi choquer. La réquisition larvée des stagiaires en soins infirmiers, matérialisée par l’adaptation des périodes de stage pour qu’ils aient lieu actuellement, les oblige à aller en première ligne auprès des patients, pour une rémunération dérisoire. Les stagiaires, réquisitionné.es ou volontaires, travaillent dans les hôpitaux au même rythme que le personnel professionnel, mais payés comme des stagiaires, ce qui peut ne représenter qu’un salaire de 1,17€ de l’heure. La situation est dénoncée par les syndicats, et alors que c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités en rémunérant ces étudiantes et étudiants comme des professionnels, ce sont les régions qui tentent de mieux les rétribuer par des primes, très variables sur le territoire. 

Le mirage de la possible continuité pédagogique

Le mot d’ordre a été clair depuis le début: priorité à la continuité pédagogique ! Alors que les équipes pédagogiques se mobilisaient pour tenter d’adapter leurs enseignements et leurs modalités de contrôle des connaissances, malgré parfois des contraintes familiales inhérentes à la situation, les étudiantes et étudiants entamaient des semaines de flou, pleines d’informations contradictoires, et de nouvelles habitudes à prendre. Pourtant, suivre des cours et travailler pour des examens s’est très vite avéré bien plus difficile que prévu, tant les situations empêchant de se consacrer aux études se sont multipliées. 

La fracture numérique, encore très importante dans le pays, est la cause d’échec de la continuité pédagogique à laquelle on s’attendait peut-être le plus, sans réellement en estimer l’importance réelle. Une bonne partie des étudiantes et étudiants qui avaient la possibilité de retourner chez leurs parents le temps du confinement, l’on fait, se retrouvant alors parfois dans des zones avec une connexion internet insuffisante, voir sans connexion du tout, ou à devoir partager l’ordinateur familial avec des frères et soeurs qui, eux aussi, doivent se plier aux règles de la continuité pédagogique. Ces conditions rendant la continuité du travail universitaire difficile, voire impossible, ont fait beaucoup réagir nombre d’étudiantes et étudiants, qui ont fait savoir à leurs établissements qu’il s’agissait là d’une rupture d’égalité manifeste. Les tensions ont monté d’un cran à l’annonce des premiers plans de continuité pour les examens: les hashtags #HonteUnivFrance, #HonteUnivLorraine, ou encore #HonteUnivP1 ont récemment fleuri sur les réseaux sociaux pour dénoncer le maintien des examens. En effet, de nombreux témoignages montrent qu’une partie non négligeable des usagers ne peuvent pas avoir accès aux contenus des cours, et n’ont pas la possibilité de travailler correctement. Malgré les tentatives des universités d’adapter au mieux les modalités d’examens, on se retrouve toujours avec des étudiantes et étudiants laissé.es sur le carreau, et à des aberrations, comme l’obligation pour des étudiants ultramarins de l’IEP de Rennes de passer des examens en pleine nuit.

Mais les difficultés pédagogiques ne sont qu’une facette des problèmes que rencontrent les étudiantes et étudiants en confinement. L’isolement, qui est déjà un problème important, fait encore plus de ravages, notamment pour celles et ceux qui se retrouvent confiné.es dans les cités universitaires. Enfermé.es dans 9m² pour les moins bien loti.es, il est elles souffrent de l’isolement, qui parfois se couple aux difficultés financières, alors même qu’aucune suspension de loyer ne leur a été proposée, contrairement à celles et ceux qui ont pu quitter leur logement étudiant pendant le confinement. Cet isolement touche particulièrement les étudiantes et étudiants étranger.es, qui n’ont pas eu d’autres choix que de rester en France. Ces problèmes d’isolement s’ajoutent aux problèmes d’anxiété ou de dépression dont souffrent déjà un certain nombre d’étudiantes et d’étudiants, pour qui les changements d’habitudes, notamment ne plus sortir que quelques heures par semaines ou ne plus pouvoir organiser sa vie selon les cours, peut aggraver la situation. Bien que des dispositifs d’aide existent (comme les lignes d’écoutes telles que celle proposée par filsantejeunes.com), ils peuvent vite s’avérer insuffisant, surtout en ces temps où les consultations médicales et psychologiques ne peuvent se dérouler dans des conditions normales.

Une précarité qui va s’accroître

Tristement coutumiers de la précarité financière, cette période de confinement et d'état d’urgence sanitaire semble accentuer, chez les étudiantes et étudiants, les manques de ressources pour vivre. 

Presque la moitié des étudiantes et étudiants sont salarié.es. Cette situation devrait déjà alerter le Ministère de l’enseignement supérieur puisque c’est un biais considérable pour suivre les cours, ainsi qu’un marqueur social fort. Les étudiantes et étudiants qui en ont les moyens - souvent grâce à leurs parents, ou à des crédits qui ne peuvent être accordés sans de nombreuses garanties -  peuvent se permettre de ne pas travailler et suivre les cours, pendant que d’autres vont se lancer dans la grande galère pour tenter de ne pas décrocher, et de réviser entre deux services ou deux livraisons. Mais les difficultés pour les plus précaires risquent de s’accumuler avec le confinement. 

Comme nous l’avons rappelé, une partie des salariés est toujours sur le front, tandis qu’une autre a accès au dispositif d’activité partielle sans condition d’ancienneté dans l’entreprise, mis en place par une ordonnance du Ministère du travail. Mais il reste une zone d’ombre. Il y a celles et ceux qui ont quitté leur emploi juste avant le confinement pour en trouver un autre, ou qui ont démissionné pour commencer un stage en lien avec leurs études, qui n’a donc jamais débuté. C’est par exemple le cas de Bally, qui explique à France 3 Haut de France : "J’ai démissionné peu avant le confinement car je devais partir en stage de fin d’études rémunéré pendant six mois. Mais le stage a été reporté donc je me retrouve sans revenus". On pourrait aussi lister les étudiantes et étudiants qui enchaînent les CDD pour garder des enfants, pour qui le confinement est tombé entre deux contrats et qui n’ont donc pas accès à l’activité partiel. Des milliers se retrouvent sans revenus. 

Dans les mesures prises par les décideurs, il y a celle de ne pas faire payer le loyer du mois d’avril en cité universitaire… pour les personnes qui ont pu quitter leur logement durant le confinement ! Cela est bien évidemment un non-sens, puisque ce sont les plus précaires qui doivent rester dans leur chambre et studio, en l’absence des moyens nécessaires de rentrer chez leurs parents, quand ils ont encore des contacts avec ces derniers. De plus, avoir un logement en cité U n’est pas monnaie courante au vu de la faiblesse de l’offre. Ainsi, il existe des centaines de milliers d’étudiantes et étudiants qui louent dans le privé sans pour autant vivre confortablement. Enfin, le Ministère a annoncé le déblocage de 10 millions d’euros pour venir en aide aux étudiantes et étudiants, ce qui est une bonne nouvelle, mais cela apparaît comme très peu. Aussi  faudra-t-il voir dans quelle mesure cela va-t-il être mis en place. Nous avons trop souvent le souvenir de la galère administrative pour demander les aides d’urgences du CROUS. De plus, la décision d’orienter la CVEC vers le “social” résonne comme un effet d’annonce, puisque c’est déjà bien souvent le cas.

Enfin, une dernière zone de flou à laquelle ne répond absolument pas le gouvernement, c’est celle qui couvre les deux mois d’été. On ne sait pas très bien si les bars, les commerces, les lieux touristiques pourront ouvrir cet été, s’ils pourront fonctionner “normalement”, alors même que de nombreux festivals sont déjà reportés à 2021. Cela représente donc autant d’emplois qui ne pourront être pourvus, et autant de revenus que vont perdre les étudiantes et étudiants. Comme nous l’avons expliqué plus haut, en l’absence de bourses durant l’été, les étudiants sont contraints de travailler autant que possible s’ils veulent garder leur logement - ce qui n’est pas vraiment un choix, puisque avoir un logement est bien souvent un parcours du combattant, et le lâcher pour l’été est kamikaze. Tous les ans, les étudiants boursiers sont amputés de 120 à 561€ mensuels durant deux mois, comme si la vie était sur pause… Ces situations sont scandaleuses d’ordinaires, mais la crise du Covid-19, réduit drastiquement les marges de manoeuvres des étudiantes et étudiants. Nous pouvons également évoquer celles et ceux qui sont contraint.es de travailler l’été pour financer l’année à venir, pour ne pas risquer de décrocher dans leurs études, ou tout simplement car leur emploi du temps ne le permet pas.


C’est pour toutes ces raisons que nous pensons nécessaire de revoir notre système d’aides pour les études à court et long termes. Bien que la crise rendent encore plus flagrantes les difficultés que l’on peut rencontrer dans nos études, il ne faut pas oublier que celles-ci sont mises en avant depuis des années, et qu’une large mobilisation étudiante contre la précarité a secoué les universités il y a quelques semaines. Alors même que la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) proposée avant le confinement confirme la volonté du gouvernement de poursuivre le processus de libéralisation, et donc de dégradation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, il faut, plus que jamais, se poser la question des retour aux fondamentaux: comment garantir l’accès de toutes et tous à l’enseignement supérieur ?

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