MACRONAVIRUS - Saison 2 - Chapitre 8

Si y’a carabistouille, tape dans les c…

MACRONAVIRUS 

Saison 2 - Chapitre 8

 

Le samedi 29 février est une date importante dans le déroulement de cette saga macronavirusienne ; c’est en effet ce jour-là que se tient un Conseil de Défense suivi d’un Conseil des Ministres exceptionnels dans le cadre de l’épidémie du coronavirus. D’importantes décisions et mesures seront annoncées publiquement le soir-même à la télé par Poivre et Sel, à … 49 heures et 3 minutes … (vous allez comprendre, si ce n’est déjà fait)

Autour de Manu 1er qui veut "mobiliser tous les moyens de protéger les Français", alors que, me permettrai-je de le rappeler, la majorité des Français veut être protégée de lui, ils sont venus, ils sont tous là … enfin presque … bien serrés les uns contre les autres, tel qu’on le voit sur la photo du service communication de l’Élysée ; presque car Casta est en retard.

Notre roi laisse tout d’abord la parole à Véran qui, suivant une décadence désormais bien établie depuis que l’exception et la richesse culturelles françaises ont été jetées en pâture aux américanophiles, utilise un terme anglais, "cluster", pour désigner les foyers d’infection :

- Le premier cluster se trouve dans l’Oise, le second cluster se trouve en Haute-Savoie.

Et voilà la mode "cluster" lancée, à la télé, à la radio et sur les zérosociaux.

Quelques jours plus tard, notre ministre, voulant probablement faire preuve de patriotisme linguistique parce que chez ces gens-là, monsieur, on ne compte pas les coups de langue quand il s’agit de lécher le cul des médias, déclarera bien à BFM-TV (Bobards Foutaise Manipulation – Totalement Vomitif) qu’il ne faudra plus utiliser cet anglicisme que les Français ne comprennent pas ; mais quelques jours plus tard, justement, les clusters, définis comme des nids bien localisés, n’en feront bientôt plus qu’un, en forme d’hexagone ; et, de fait, on n’utilisera plus cet anglicisme, ducon !

Véran s’apprête à me reprocher d’avoir ponctué de ce terme bien français, "ducon", ma diatribe ci-dessus énoncée lorsque Casta fait alors irruption dans le royal bureau, LBD en bandoulière, une main, pas la sienne et visiblement arrachée depuis peu, à la ceinture, et un œil énucléé dont des filaments nerveux pendent de la poche gauche de son treillis.

- Pourquoi la poche gauche, Casta ? lui demande Manu 1er. J’avais bien dit ni gauche ni droite !

Casta :

- Ben, à Forcalquier, j’étais au PS ; y’a des valeurs qui s’oublient pas.

Manu 1er :

- Admettons. Mais t’es quand même en retard et t’as raté le cours d’anglais d’Olivier.

Casta :

- Désolé, j’étais à l’entraînement avec Didier.

Manu 1er :

- Ah bon ? Je croyais que les entraînements n’avaient lieu qu’en semaine et que le samedi était consacré à la mise en pratique avec des gilets jaunes, des infirmières, des retraités, des chômeurs, des enseignants, des avocats, des cheminots, des chercheurs, des étudiants, des éboueurs, des intermittents, des employés, des pompiers,… enfin, avec les Français. Somme toute, tu passes beaucoup de temps avec ton Didier Leboche.

Casta :

- Heu … c’est Lallement. Didier Lallement.

Manu 1er :

- Ah oui, c’est vrai. Ce sont ses méthodes de nazi qui m’induisent parfois en erreur. Mais en même temps, il fait du bon boulot à Paris et, dans notre démocratie, on ne peut pas parler de violences policières, ce n’est là que carabistouille.

Casta :

- C’est ce que je dis toujours à Didier : si y’a carabistouille, tape dans les c…

Manu 1er :

- Bien, venons-en à l’ordre du jour : le coronavirus. Nous devons prendre des décisions fermes afin de rassurer Jojo le gilet jaune. Qu’en penses-tu, Doudou ?

Poivre et sel :

- Certes, il faut être ferme, mais il faut l’être urgemment.

Manu 1er :

- En effet, je crois que nous sommes tous d’accord pour ne plus tergiverser. Cessons parlotes et calembredaines. Que proposes-tu ?

Poivre et sel :

- 49.3

Manu 1er :

- Excellent. La séance est levée.

 

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