La gravité et l'espérance

Au lendemain du second tour de cette présidentielle hors norme, je ressens un sentiment mêlé de gravité et d’espérance.

Le péril frontiste a certes été contenu en dessous des 35%, plus de 20 millions de Français faisant obstacle à la vague populiste qui avait déferlé au cours des derniers mois sur le Royaume Unis, les États-Unis, la Hongrie ou encore la Pologne. Ce rejet des politiques racistes, du repli identitaire et la destruction de l’Union européenne est particulièrement net à Paris et dans notre arrondissement, où le FN n’aura obtenu que 10% des suffrages, signe de notre attachement aux valeurs de tolérance, d’ouverture et de diversité.

Jamais les mots « Liberté égalité fraternité » n’auront résonné avec autant de force dans nos quartiers. Mais abstention, votes blancs et score de l’extrême droit records montrent que les digues républicaines et démocratiques contre le Front national sont beaucoup plus faibles qu’elles ne l’étaient il y a 15 ans. Que le choix de 11 millions d’électeurs se soit porté sur le Front national, un parti ouvertement xénophobe et nationaliste, est un avertissement que nous devons impérativement garder à l’esprit, et le reflet d’une désespérance sociale à la profondeur inédite. Si les causes qui provoquent cette flambée populiste ne sont pas prises en compte dans les politiques qui seront mises en œuvre dans les mois et années à venir, soyons surs que l’attrait du vote extrême se répètera en s’amplifiant.
Relancer l’espoir d’une société inclusive, avec des solutions pour que chacun puisse trouver sa place dans la mondialisation, constitue ainsi l’obligeant défi du nouveau Président ; et j’adresse à Emmanuel Macron mes vœux constructifs de succès. Mais si son élection a incontestablement bousculé les clivages politiques traditionnels c’est bien en poursuivant cette refondation de notre démocratie fatiguée, en particulier par le renouvellement des visages, de la composition et des pratiques du Parlement que nous y parviendrons au mieux.

L’enjeu des élections législatives des 11 et 18 juin sera ainsi d’apporter des solutions à l’urgence sociale et écologique, et d’éviter de retomber dans les blocages paralysants pour notre démocratie.

Au premier rang des enjeux majeurs pour la France, je pense bien sûr au défi climatique. C’est la mère des batailles que nous devons mener au niveau européen, c’est la question essentielle qui a été largement absente de cette campagne et singulièrement ignorée lors du dernier débat. Sur ce front, il n’y a pas de temps à perdre, le temps est à la construction de majorités de projets capables de faire les compromis nécessaires pour sortir des crises environnementales et réduire les inégalités. En s’appuyant sur un socle de valeurs partagées, la construction européenne, les droits humains, la démocratie, la reconnaissance de la diversité comme une richesse et non comme un problème, nous pouvons y arriver.

Ni député godillot, ni opposant stérile et inutile, je me battrai au quotidien pour que les enjeux écologiques ne soient pas relégués au second plan et je soutiendrai toutes les réformes en faveur de la justice environnementale et sociale. Je défendrai le rôle et l’importance du parlement dont notre démocratie a besoin. Je plaiderai pour une réelle négociation avec les syndicats pour la réforme du code du travail et m’opposerai à la volonté de légiférer par ordonnance sur ce point.

M. le Président de la République, aucune démocratie moderne ne respire normalement en donnant les pleins pouvoirs à un seul camp politique. Le précédent quinquennat, a bien montré que la majorité absolue n’est pas le gage d’un rassemblement des français et d’un fonctionnement sain des institutions. Pour être en marche, la République doit être plurielle et renouvelée en choisissant des députés libres, européens, écologistes et exigeants, en mettant un terme aux mandats des députés élus pour certains depuis les années 1980. Le Parlement est un acteur essentiel du nouveau souffle démocratique que nous voulons pour notre pays, il doit être réellement représentatif de la société, c’est le sens de ma candidature dans le 19ème arrondissement de Paris.

 

Dan Lert

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