Remise en cause de l'Aide Médicale pour les migrants : l'indignité comme politique

Le maintien de l’AME, son intégration au régime général de l’Assurance Maladie et une révision drastique de la politique migratoire sont seuls à même de mettre nos principes fondamentaux à hauteur de l’exigence d’égalité et de fraternité.

Une fois de plus dans l’attaque frontale contre les droits fondamentaux des migrants vivant en France, Emmanuel Macron et Edouard Philippe s’attaquent à l’AME. Restriction des conditions d’accès, multiplication des documents à produire, réduction du panier de soins, antienne de l’immigration médicale, accusations de fraude, la droite et LREM rivalisent de projets pour priver d’accès aux soins des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont besoin de soins curatifs et préventifs.

Loin du principe d’universalité du droit à la santé et aux soins qui sous-tend la mise en place de l’AME au tournant du 21ème siècle (1er janvier 2000), ce n’est qu’au titre de l’urgence, qu’ils et elles recevraient des soins gratuits consacrant une régression sans précédent dans notre pays en matière de santé.

Regarder en face l’immigration, comme y appelle le Président, devrait pourtant commencer par regarder ce qu’on sait des migrants et de leur santé. Les données scientifiques ont montré que les personnes qui quittent leur pays pour émigrer sont en général, plus jeunes, plus éduquées et en meilleure santé que leurs compatriotes et pour beaucoup d’indicateurs en meilleure santé que les autochtones (les Français), donc la notion d’immigration abusive ne tient pas. Les organisations humanitaires nous rapportent chaque jour ce que les barrières de plus en plus hautes que la France et l’Europe mettent à l’entrée sur le territoires en s’en remettant à des pays non démocratiques et franchement violents coutent en multiples violences physiques et sexuelles, en conditions de vie indignes, causant des maladies et des traumatismes très graves et parfois irréversibles. La recherche a montré que les conditions d’extrême précarité matérielle, alimentaire, psychologique auxquelles sont astreints les migrants sans droit sur notre sol, dans nos quartiers même, augmentent les troubles mentaux sévères, leur gravité, l’incidence du VIH, les problèmes de périnatalité, entre autres.

Comme tout individu, adulte ou enfant, les personnes sans papiers ont des besoins de soins pour ne pas souffrir, ne pas voir leur état s’aggraver, pour ne pas arriver dans le soin en urgence quand leur santé est déjà compromise .

Pour toutes ces raisons le maintien de l’AME, son intégration au régime général de l’Assurance Maladie et une révision drastique de la politique migratoire sont seuls à même de mettre nos principes fondamentaux à hauteur de l’exigence d’égalité et de fraternité.

 

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