Dandachi
Abonné·e de Mediapart

9 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 avr. 2022

Dandachi
Abonné·e de Mediapart

Macron et le vote générationnel

Je partage avec vous ce commentaire lu sous une vidéo. Il m'a paru illustrer le conflit générationnel sur le vote macroniste.

Dandachi
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Antoine B

Ci-dessous un commentaire lu sur YouTube:

Je me rappelle douloureusement chaque semaine une discussion avec mon père en 2017, où il me rétorquait que j'étais trop jeune pour le saisir, mais que pour sa génération "quand l'extrême-droite entre dans l'équation, il n'y a pas d'alternative". Je lui avais alors répondu que selon moi, le fascisme pouvait prendre des formes très diverses, nouvelles, et surtout assez méconnues à cette échelle jusqu'à présent, que cette probabilité était bien plus grande que la résurgence du fameux "bruit des bottes" traditionnel, et que pour moi ce type incarnait totalement cette possibilité. Évidemment, même si je pensais être dans le vrai, je ne m'imaginais pas une telle brutalité et une réalité dépassant mes craintes.

Qu'on ne me rétorque pas "Oh ça va, c'est bon, c'est pas l'Allemagne des années 30/40/Staline/la Corée du Nord/La Russie (choisir votre mention préférée)". C'est autre chose, mais c'est vicieux, sournois, malsain, sans vergogne, manipulateur, et calculé pour s'imposer sur le long terme dans la douleur du plus grand nombre, tout en lui faisant croire qu'il est un héros, un sauveur, un bon citoyen, quand bien même son choix va lui coûter des années de vie décente. Et ça c'est inacceptable, et impardonnable.

Dans ma vie, j'ai souvent été en désaccord avec le pouvoir en place, portant en mon cœur des idées sociales, "de gauche" (pour ce que ça veut encore dire), mais jamais je n'ai autant haï une personne, jamais. Et j'imagine ne pas être le seul. Parce que c'est ça ce type. Soit tu fais partie de l'infime, microscopique minorité qui bénéficiera de sa politique, et clairement, tu l'élis pour ta gueule, soit tu fais partie de l'écrasante, immense, majorité qui se fera chier dessus et qui paiera les pots cassés et avec le sourire s'il vous plaît et alors là, je ne comprends pas comment on peut glisser un bulletin à son nom.

Autant en 2017, je veux bien accorder le bénéfice du doute, tout le monde ne voyant pas le mal autant que moi partout, mais cette année, il n'y a plus d'excuse, aucune, tout est sous les yeux des électeurs. Et ce qui me désespère, qui m'enrage, c'est que ce père, qui vota "contre la haine en 2017", qui eut une vie politique engagée au niveau local, à gauche, social et solidaire comme peu, tant dans cet engagement que par ses choix professionnels, cette fois, je pense, votera "pour" Macron, alors qu'il ne bénéficiera pas de sa politique, bien évidemment. Parce que finalement cet homme c'est ça, un serpent qui susurre à tout le monde ce qu'il veut entendre, qui s'arrange pour que les échos universels (les médias, je parle de vous) ne clament que son nom, acclament sa personne, comme s'il était inéluctable, à sa place naturelle, sans alternative possible. Il organise tout, structure tout, boucle tout, pour qu'il n'y ait que lui, partout, tout le temps, et arrive à recâbler des gens que tout devrait éloigner de lui jusqu'à voter pour sa personne. Un peu comme un escroc qui te ferait boire, et boire, en se faisant passer pour ton ami, puis te laisse à poil au milieu de nulle part, en t'ayant fait signer un contrat d'engagement de cinq ans à en chier, et en plus, tu lui as payé le Uber pour repartir. Et au lieu d'avoir la gueule de bois, et de jurer "Plus jamais ça !", tu te convaincs d'avoir fait le bon choix, que de toute façon il n'y avait que ça à faire, qu'autre chose ça aurait été pire. C'est sidérant, désolant, et, il est vrai, un peu effrayant.

Pour clôturer ce long pavé, souvenez-vous également que ces cinq dernières années, c'était de l'échauffement, le gars était tout en retenue et en mesure (à son échelle), faut quand même se faire réélire. S'il en reprend pour cinq ans de plus, on joue pour de vrai, fini la blague. C'est pour ça, que […], je me prépare très sereinement pour le deuxième tour, je n'aurai pas de cas de conscience, je sais exactement ce que j'ai à faire, quel que soit le choix. Et s'il vous plaît, ne vous laissez pas berner par cet escroc, "Faites ce que vous voulez, mais ne votez pas Macron !"

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Qatar : le Mondial de la honte
Journal — À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique
Journal — À Saint-Étienne, le maire, la sextape et le chantage politique

À la Une de Mediapart

Journal — Europe
Le jour où le post-fascisme a pris le pouvoir en Italie
Le parti de Giorgia Meloni a largement dominé les élections italiennes du 25 septembre. La coalition de droite devrait obtenir une majorité absolue au Parlement. Le résultat de décennies de confusionnisme et de banalisation du fascisme dans lesquels se sont fourvoyés tous les mouvements politiques de la péninsule.
par Ellen Salvi
Journal — Europe
« La droite fasciste n’a jamais disparu de la société italienne »
L’historienne Stéfanie Prezioso explique ce qui a rendu probable l’accès d’une post-fasciste à la tête du gouvernement italien. De Berlusconi en « docteur Frankenstein » au confusionnisme propagé par le Mouvement Cinq Étoiles, en passant par le drame des gauches, elle revient sur plusieurs décennies qui ont préparé le pire.
par Fabien Escalona
Journal — Santé
En Mayenne : « J’ai arrêté de chercher un médecin traitant »
En Mayenne, des centaines de personnes font la queue pour un médecin traitant. Dans ce désert médical, le nombre de médecins n’est pas suffisant face à une énorme demande. Inciter les médecins à s’installer dans des zones sous-dotées ne suffit peut-être plus. Certaines voix prônent une autre solution : la contrainte. 
par Célia Mebroukine
Journal — Politique
La justice dit avoir les preuves d’un « complot » politique à Toulouse
L’ancienne députée LR Laurence Arribagé et un représentant du fisc seront jugés pour avoir tenté de faire tomber une concurrente LREM à Toulouse. Au terme de son enquête, le juge saisi de cette affaire a réuni toutes les pièces d’un « complot » politique, selon les informations de Mediapart.
par Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
Parc éolien offshore en mer d’Oléron : le gouvernement persiste
Après un débat public très critique, une décision ministérielle publiée le 29 juillet 2022 au Journal officiel confirme la réalisation d’un parc éolien posé en Sud-Atlantique, au large de l’île d’Oléron. Malgré son éloignement des côtes, sa localisation dans le périmètre d’une zone « Natura 2000 » de protection des oiseaux ne permet pas de dissiper les inquiétudes.
par Laurent BORDEREAUX
Billet de blog
L’éolien en mer menacerait la biodiversité ?
La revue Reporterre (par ailleurs fort recommandable) publiait en novembre 2021 un article auquel j’emprunte ici le titre, mais transposé sous forme interrogative … car quelques unes de ses affirmations font problème.
par jeanpaulcoste
Billet de blog
Le gigantisme des installations éoliennes offshore en Loire Atlantique et en Morbihan
Un petit tour sur les chemins côtiers en Loire Atlantique et en Morbihan pour décrire et témoigner du gigantisme de ces installations offshores, de la réalité de l'impact visuel, et de quelques réactions locales.
par sylvainpaulB
Billet de blog
Les sulfureuses éoliennes de la baie de Saint-Brieuc en débat
[Rediffusion] A l’initiative d’Ensemble ! deux débats ont été organisés les 24 et 25 septembre autour du projet de parc éolien dans la baie de Saint-Brieuc. En voici le compte rendu vidéo, avec mon intervention, présentant mes enquêtes sur Mediapart, et les prises de parole de Katherine Poujol (responsable de l’association « Gardez les caps !) ou encore de Lamya Essemlali (présidente de Sea Shepherd France).
par Laurent Mauduit