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Le Club de Mediapart mar. 26 juil. 2016 26/7/2016 Édition de la mi-journée

La filiation n’est pas naturelle !

Le seizième arrondissement de Paris a accueilli le Dimanche des Rameaux une nouvelle manifestation contre le mariage pour tous dans laquelle un certain nombre de pancartes exprimaient le caractère naturel des liens de filiation : «  mariage = 1 homme + une femme ». « Tous nés d’un homme et d’une femme ».  « 1 père + 1 mère, c’est élémentaire ». « Non à la filiation/fiction », « 1 papa 1 maman, on ne ment pas aux enfants »…

Le seizième arrondissement de Paris a accueilli le Dimanche des Rameaux une nouvelle manifestation contre le mariage pour tous dans laquelle un certain nombre de pancartes exprimaient le caractère naturel des liens de filiation : «  mariage = 1 homme + une femme ». « Tous nés d’un homme et d’une femme ».  « 1 père + 1 mère, c’est élémentaire ». « Non à la filiation/fiction », « 1 papa 1 maman, on ne ment pas aux enfants »

Relayés par la presse conservatrice et répétés ad nauseam par l’opposition dans le débat parlementaire, ces slogans risquent d’éclipser la complexité de la question et de faire émerger des solutions aussi simplistes que dangereuses. C’est pourquoi, à quelques jours du débat au Sénat, un certain nombre de précisions s’impose. Bien que le projet de loi se limite au mariage et à l’adoption, les opposants au mariage gay ne cessent d’avancer d’arguments relatifs à la filiation en la présentant comme un fait de nature. Or, cette confusion entre filiation et reproduction est particulièrement choquante pour une société démocratique. Le droit peut certes tenir compte de la nature mais, en tant que dispositif d’agencement parental, la filiation répond à des règles propres, affranchies de la biologie : l’adoption, la procréation artificielle avec donneur, ou l’accouchement sous X en témoignent. Comme le soulignait le doyen Cornu : « Le droit de la filiation n’est pas seulement un droit de la vérité (biologique) c’est aussi un droit de la vie, de l’intérêt de l’enfant, de la paix des familles, des affections, des sentiments moraux, de l’ordre établi du temps qui passe... ».

Le droit moderne rompt avec le naturalisme du droit canonique. Désormais, sur le plan juridique, ce ne sont pas tant les racines naturelles des institutions qui comptent mais la réalisation d’objectifs concrets comme la transmission du patrimoine, la solidarité intrafamiliale, la protection des plus faibles... C’est au cœur de ce modèle civiliste qui s’inscrit le projet de loi sur le mariage pour tous. C’est dans cet esprit qui devrait s’organiser également le débat sur la « loi famille » annoncé pour le mois d’octobre prochain.

L’ère contemporaine, avec l’avènement des techniques de procréation « artificielle », permet la dissociation entre sexualité et reproduction et la création d’une parenté exclusivement féminine ou exclusivement masculine, parfaitement en accord avec le droit (rappelons-nous que l’adoption plénière par un individu est autorisée en France depuis 1966). Mais, au-delà du mariage et l’adoption, il s’agit également de permettre l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) pour tous. Le problème c’est que l’AMP n’a pas été pensée politiquement ni construite juridiquement sur la base d’un droit ou d’une liberté (comme l’IVG ou la contraception), elle relève d’un acte médical qui sert à pallier une stérilité ou à éviter la transmission d’une maladie grave. En quelque sorte, l’AMP constitue une démission du politique en faveur de l’expertise clinique. A cette raison médicale s’ajoute la promotion d’un type d’agencement familial : le couple hétérosexuel en âge de procréer…. La législation sur l’AMP est ainsi légitimée par cette conception d’une parenté « naturelle », fondée sur l’idée que l’intérêt du futur enfant implique le droit d’avoir une mère et un père et des liens biologiques avec les personnes remplissant cette fonction sociale. Ces valeurs, décrites comme universelles, sont à l’origine de l’inclusion de l’AMP parmi les services fournis par la sécurité sociale. L’enjeu aujourd’hui ce n’est pas seulement d’ouvrir l’AMP aux couples de lesbiennes au nom du principe d’égalité (même si cela constituerait déjà une avancée capitale) mais aussi et surtout de penser cette forme d’engendrement en dehors d’une justification thérapeutique et de l’impératif hétéroparental. La future loi famille devrait d’abord déconstruire l’architecture médicale de l’AMP pour permettre, par la suite, la mise en place d’un véritable droit à la procréation pour tous. La filiation ne peut pas dépendre de la capacité biologique à engendrer mais du projet parental responsable. Non, la filiation n’est pas naturelle et ce n’est pas en le répétant dans les manifestations publiques qu’elle le deviendra !

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Tous les commentaires

Oui, mille fois oui, aux mêmes droits pour tous, « comme tout le monde », au nom de « l'égalité républicaine » !

Il est « naturellement » inadmissible de refuser à deux gays (qui méritent le respect et pas les moqueries habituelles) le droit de faire un enfant rien qu'à eux deux ou à deux lesbiennes (qui méritent le respect et pas les moqueries habituelles) d'engendrer un joli mouflet rien qu'à elles deux, après être passé(e)s devant monsieur le maire ... comme tout le ..., pardon, comme de moins en moins de monde.

Personnellement je défends totalement et sans réserve leur droit ... d'essayer. Et je veux bien même être un parrain généreux et prodigue pour le premier enfant ….. prodige Rigolant

NB. Pour celles et ceux qui lisent trop vite : rien qu'à elles deux, rien qu'à eux d'eux, sans autre intervention

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Le blog

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Demagogia política quer transformar caso Pulse em luta contra muçulmanos (ZH Caderno ProA 17/06/2016)

À propos du blog
Muitas feministas muçulmanas e associações LGBT árabes lutam por igualdade no seio de sua própria tradição muçulmana, como têm feito e continuam fazendo milhões de gays no mundo ocidental: O atentado cometido na Pulse, a discoteca gay da Flórida, traz à luz, brutalmente, um tipo de homofobia que acreditávamos pertencer a outros tempos. Certamente, sempre houve no Ocidente uma homofobia permanente que passou de norma religiosa a norma jurídica e, mais tarde, a norma clínica. O homossexual foi, assim, perseguido pela religião, pelo direito e pela medicina durante séculos. O pano de fundo teológico que permite ler o massacre de Orlando toma hoje a forma do terrorismo islâmico, mas tem raízes comuns com a tradição judaico-cristã. O Antigo testamento sentencia: "Quando também um homem se deitar com outro homem, como com mulher, ambos fizeram abominação; certamente morrerão; o seu sangue será sobre eles" (Levítico, 20:13); São Paulo, no Novo testamento, diz: "Não sabeis que os injustos não hão de herdar o reino de Deus? Não erreis: nem os devassos, nem os idólatras, nem os adúlteros, nem os efeminados, nem os sodomitas (...) herdarão o reino de Deus" (1 Coríntios, 6:9-10). A história de Sodoma e Gomorra é comum à tradição monoteísta, inclusive à do Islã. O Alcorão também afirma: "Se dois dos vossos a cometerem, castiga a ambos severamente", ou "matai àqueles que cometerem o ato do povo de Lot".Contrariamente ao mundo greco-romano, as civilizações monoteístas são caracterizadas pela condenação da homossexualidade, mas têm sido atravessadas por períodos de tolerância. Na literatura e na poesia clássica árabe, é celebrado com frequência o amor entre homens, e em As mil e uma noites lê-se: "Então eu vi sair do barco, no meio dos escravos, um venerável ancião, tão magro e encurvado pelos anos e pelas vicissitudes que apenas assemelhava-se a a um ser humano. O xeique segurava pela mão um jovem muito bonito, realmente modelado no molde da perfeição, ramo terno e flexível, cuja aparência cativou meu coração e agitou a polpa de minha carne". O principal inimigo do fundamentalismo islâmico é uma cultura muçulmana que coincide com o velho mundo ocidental naquilo que Foucault veio a chamar de Ars erotica. A Pulse representa um estilo de vida que os fundamentalistas odeiam: era ao mesmo tempo um lugar de diversão e um espaço militante frequentado por gays, lésbicas, transsexuais, drag queens, travestis, latinos, gays muçulmanos... A Pulse se chama assim em homenagem a John Poma, que morreu em decorrência da aids, em 1991. Sua irmã Bárbara, cofundadora e coproprietária, queria com essa palavra, pulse ("pulso"), imaginar que o coração de seu irmão seguia batendo.Os homossexuais são, com os judeus, os principais inimigos do Estado Islâmico, que aplica as sentenças de morte de formas terríveis. Muitos dos Estados que dizem lutar contra o EI, como Arábia Saudita, punem com morte a homossexualidade, partilhando a violência homofóbica. Ironia da história: muitas das regras que criminalizam os gays no mundo árabe são resultado do colonialismo britânico e não da tradição muçulmana. A homofobia social e de Estado se espalha como um câncer, e jovens muçulmanos que desprezam, perseguem e agridem gays e lésbicas não sabem que, assim, estão destruindo uma tradição secular que permitiu acolher muitos homossexuais ocidentais em países como Tunísia ou Marrocos quando a perseguição era implacável na Europa. A demagogia de políticos do Ocidente, homens e mulheres, tem instrumentalizado a luta contra a homofobia, que se converte em um combate à minoria muçulmana. Curiosamente, os mesmos políticos de extrema direita que lutaram contra a igualdade de direitos para os LGBT declaram hoje querer proteger essa minoria da barbárie muçulmana. Esta é a armadilha na qual não devemos cair: crer que o Islã é contrário à homossexualidade. Certamente é, mas não mais nem menos do que o judaísmo ou o cristianismo (em todas as suas formas: católicos, protestantes, ortodoxos). Assim como essas religiões têm sido atravessadas por movimentos críticos internos e externos, muitos intelectuais, muitas feministas muçulmanas e associações LGBT árabes lutam por igualdade no seio de sua própria tradição muçulmana, como têm feito e continuam fazendo milhões de gays, lésbicas, bissexuais, transexuais, travestis, intersexuais do mundo ocidental para atacar ou fazer evoluir as interpretações católica, protestante, evangélica, ortodoxa e judaica da homossexualidade.As principais vítimas do Estado Islâmico e das teocracias islâmicas são os muçulmanos que aspiram à liberdade e, em particular, a minoria LGBT. A implementação de uma estratégia internacional de combate à homofobia nos países árabes deve primeiro ouvir as vítimas para saber como intervir de modo eficaz. É necessário que o direito de asilo com base na orientação sexual seja de fato respeitado, para que os pedidos de proteção política sejam tratados com seriedade pelos juízes das nossas democracias e possam, assim, salvaguardar a vida de centenas de milhares de pessoas provenientes de países árabes que batem à porta dos nossos Estados supostamente gay friendly.