Vers une mort choisie

La proposition 21 du candidat François Hollande sera-t-elle mise en œuvre. Une grande amertume habite maintenant ceux qui espéraient une évolution vers une aide active à mourir pour arrêter les souffrances des personnes en fin de vie. Lors du Jeudi de la Santé de Libération, le 2 octobre dernier, un fort consensus s’est dégagé entre les intervenants (Pr Didier Sicard, Laurence Brunet et Philippe Bataille) et la salle, sur l’inadaptation de la loi Leonetti, 10 ans après son adoption.

La proposition 21 du candidat François Hollande sera-t-elle mise en œuvre. Une grande amertume habite maintenant ceux qui espéraient une évolution vers une aide active à mourir pour arrêter les souffrances des personnes en fin de vie. Lors du Jeudi de la Santé de Libération, le 2 octobre dernier, un fort consensus s’est dégagé entre les intervenants (Pr Didier Sicard, Laurence Brunet et Philippe Bataille) et la salle, sur l’inadaptation de la loi Leonetti, 10 ans après son adoption.

Trop de cas de souffrances ignorées émergent de manière permanente, comme l’illustrent la fin en Suisse de Nicole Boucheton et les conditions de la mort de Michel Debernardi. Trop de tragédies humaines surgissent chez beaucoup d’acteurs de situations complexes, affaire Vincent Imbert ou affaire Nicolas Bonnemaison. Toutes situations que j’ai analysées dans des billets de mon blog.

 La loi doit changer pour entraîner la transformation en profondeur de la prise en charge de patients pour qui aucun traitement ne peut rétablir leur bonne santé. La médecine curative se décharge des fins de vie sur les soins palliatifs quand il y a des lits disponibles, une césure traumatisante pour le mourant et sa famille. Le système de santé abandonne trop souvent à leur sort les incurables, que ce soit le grand vieillard atteint de polypathologies placé en EHPAD qui le transfère aux urgences pour mourir lorsque l’agonie survient, le cancéreux qui refuse des chimiothérapies douloureuses qui n’enraye pas la progression de la maladie et que l’oncologue ne veut plus prendre en charge, la victime de la maladie de Charcot auquel la vérité est dissimulée par les soignants qu’il consulte. Tels sont trois témoignages poignants entendus au jeudi de la santé du 2 octobre

Je propose en pièce jointe un mémorandum qui argumente mes propositions. Celles-ci s’articulent autour des principes suivants:

 

  • La primauté de la volonté du patient, qui l’exprime ou qui a rédigé des directives anticipées opposables et contraignantes et désigné un mandataire pour les faire appliquer.
  • L’encadrement strict par la loi de la dépénalisation des actes d’un médecin devant tout cas d’obstination déraisonnable.
  • L’aide active à mourir à la demande du patient en situation de fin de vie ou d’impasse thérapeutique entrainant une obstination déraisonnable de soins.

Une loi encadrant la mort choisie[1] est nécessaire. Son application se fera autour d’un accord profond entre le médecin et son patient, telle est ma profonde conviction. Espérons que les parlementaires la partage…


[1] Terminologie empruntée avec son autorisation au Pr François Damas auteur du très beau livre La mort Choisie Éditions Mardaga 2013

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