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Billet de blog 4 juin 2015

"Réforme" du collège, l'égalité comme argutie...l'inégalité comme résultat

daniel cassiaux
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 Journée d'information et de mobilisation contre la "réforme" du collège aujourd'hui... Les arguties assénées par le ministère ne résistent pas à l'examen du décret et de l'arrêté décidés autoritairement. Réformer c'est changer pour améliorer or depuis une vingtaine d'années le mot est systématiquement utilisé pour des régressions par la droite comme par le P.S. alternant au pouvoir pour des politiques très similaires.

C'est une mesure d'économie qui permet de supprimer des postes de professeurs qui est baptisée "réforme". Au nom de l'égalité est instituée une "autonomie" qui permettrait les pires dérives en termes d'horaires, de contenus au plus grand profit d'établissements privés qui offriront eux latin, grec, classes bilangues et au profit de filières très sélectives du public comme les classes internationales  (ou les lycées internationaux) qui elles ne seront pas remises en cause car financées en partie par des pays étrangers...  Les parents bien informés, de Neuilly, de Saint-Germain ou des beaux quartiers de centre-ville y  inscriront leurs enfants quand les collèges REP feront enseigner la physique par des professeurs de SVT (comme vient de le suggérer la médiatrice du ministère de l'éducation de moins en moins nationale).

 Des "réformateurs", usés par des années de pouvoir, tellement liés au pouvoir et à l'Etat, autant dire des bureaucrates, s'exprimant dans un jargon trissotinesque pour éviter d'être compris, car leur discours ne sert que de dissimulation, servent une entreprise dictée par des objectifs politiques de dérégulation, de réduction des dépenses publiques. Des inspecteurs révèlent maintenant cette vérité, bientôt nue,  se dévêtant peu à peu de son déguisement  d'égalité de carnaval.   

           Ici:      http://www.franceinter.fr/depeche-reforme-du-college-les-inspecteurs-discrets-mais-tout-aussi-remontes

 L'égalité c'est pemettre à tous d'accéder à des savoirs qu'exige notre époque: scientifiques,  géographiques, historiques... Il faudra y consacrer plus que 5,8% du PIB si l'on veut s'en donner les moyens. Les enfants peuvent beaucoup apprendre quand on crée les conditions.  Cela exige des classes à 20 élèves dès le primaire, des horaires de cours construits sur des programmes clairs et assurés par des professionnels compétents -et pas  cette prolifération "d' éducation à "  -  de supprimer le "travail à la maison" et donc d'instituer des études encadrées en effectifs restreints. Les bricolages proposés par les "EPI" sont dérisoires à côté de tellles exigences.

Jean Grosset, ex-trotskiste, ex- permanent syndical de l'UNSA, ex- conseiller de l'Elysée officieux (selon Médiapart), demande un rapprochement entre pouvoir, PS et syndicats ? vus les choix de l'UNSA et de la CFDT (dont le SGEN-CFDT) ces dernières années, les liens et les porosités entre PS, Terra Nova, pouvoir, haute administration et ces organisations "réformatrices" on devrait au contraire souhaiter une clarification et un éloignement entre gouvernement et  professionnels du syndicalisme dit "réformiste".  Le syndicalisme doit servir à défendre les salariés et la justice sociale, pas les impératifs de gestion du capital et les hommes de pouvoir qui le servent.

Un professeur a le droit au  bonheur d'enseigner, de revendiquer son droit à le faire dans des conditions qui aient un sens. C'est aussi le sens d'un engagement syndical.

La "réforme" du collège, pour  les professeurs de l'enseignement public,  n'a reçu le soutien que du SGEN-CFDT et de l'UNSA, très minoritaires, pour des raisons qui sont bien éloignées des exigences de progrès social et d'égalité et qui semblent bien plus liées à des stratégies de carrière et des engagements politiciens.

 Il est grand temps maintenant pour la ministre d'écouter les personnels et leurs organisations syndicales représentatives et présentes, elles,  sur le terrain.

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