Les semaines du handball

Je me suis déplacé à quelques reprises au Palais des Sports de Toulouse pour voir évoluer le Phoenix et ses renommés Jérôme Fernandez et Valentin Porte. J’en suis revenu déçu et frustré. Pas par l’expression de leur talent. Mais par le peu d’engouement qu’ils suscitent au quotidien.

À l’approche d’un événement majeur, comme ce championnat du Monde au Quatar, les handballeurs retrouvent leurs lettres de noblesse. Et revigorent le discours sportif de leurs interviews percutants, de leurs belles biographies familiales et des phrases chargées d’enseignements de leur coach Claude Onesta. Comme la parole ne leur est accordée qu’en cas de succès, profitons-en sans modération.

Pour admirer la continuité des résultats pendant des décennies. Et la montée en puissance de l’équipe au fil du tournoi. La rencontre contre l’Égypte ressemblait déjà à un affrontement de poids lourds contre des « pharaons » enragés, à la limite de la violence. Sans énervement ni lamentation, la France, avec concentration, engagement et puissance a fait plier l’adversaire. Comme dans les grandes aventures humaines, la complicité du groupe se lisait en signes avant-coureurs le visage et dans les yeux d’Onesta. D’un calme olympien.

Le quart de finale contre la Slovénie découlait de la même logique implacable. Laissant au bout du compte croire que les contradicteurs n’étaient pas de même niveau. Le suspense s’est évanoui au fil des minutes. Sans surprise, inéluctablement. Sans surjouer. Avec une défense dense, serrée, de taille et lourde au centre, agressive dans le duel, sans jamais se lasser.

En demi-finale contre l’Espagne, l’identique impression s’est installée rapidement. Le rapport de force s’est coloré de bleu. Avec le meilleur joueur du Monde et bientôt de l’histoire, Nikola Karabatic et un gardien vétéran, incapable d’un arrêt sur la première douzaine de tirs et qui finit par 21 sauvetages. Comme un champion.

Un bloc et des individualités vont terrasser les mercenaires qatariens en Finale. Pour le titre suprême. En puisant dans leur patriotisme, leur même culture, leur ambition, leur talent et leur abnégation. Grâce à leur complicité, ils seront sacrés. En espérant une forte opposition. Pour ne pas voir leur mérité dévalorisé.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.