Vive la France!

La tête du classement de la Ligue 1 n’a plus été chargée d’autant d’incertitude depuis fort longtemps avec Lyon, Marseille, Saint-Etienne et PSG séparés par 4 points. Mais les événements sportifs enthousiasmants du week-end (Toulon – Racing en rugby, slalom et géant d’Adelboden, 1000e victoire de Federer, Barça – Atletico Madrid) sont dérisoires s’ils sont comparés à l’historique week-end vécu dans l’hexagone. Sur le terrain, à Gaillac dans le Tarn et majoritairement à Paris, grâce à la télévision.

Mercredi, j’ai allumé ma bougie sur la place de la Libération parmi une foule anxieuse et choquée par l’attentat contre Charlie Hebdo. Dimanche, au pied du monument aux morts pour la France, parmi la foule dense, gorge serrée, submergé par l’émotion, j’ai tenté de chanter la Marseillaise. Sans grand succès pour moi. Mais avec conviction pour les nombreux présents. Les citoyens devenaient des bataillons pacifiques et l’hymne national un message de paix, d’espoir et de solidarité. Larmes de bonheur aux yeux, j’avais écouté le maire de la ville énumérer les principes vertueux de la République et applaudi à de nombreuses reprises la foi de l’Imam du lieu en tous les concepts de la nation. Liberté, Egalité et Fraternité cessaient d’être des mots, ils devenaient une réalité vécue, ressentie, mise en application.

De retour chez moi, scotché devant mon écran, des heures durant, sans jamais zapper, fasciné par le spectacle de centaines de milliers de gens calmes, déterminés et positifs, souvent immobiles, j’ai souvent laissé échapper des perles de mes yeux. Pour : « Aux armes citoyens. Pour la Police acclamée. Pour Hollande, chef d’Etat, Valls, Sarkozy et les autres. Pour Merkel, Nethanayu, Mahmoud Abbas et les autres. Pour les pancartes, les slogans et les crayons. Pour croire enfin à l’humanité. Pour admirer ces français individualistes, râleurs, arrogants, ingérables souvent, mais unis, solidaires, responsables devant le terrorisme. Comme un fleuve asséché qui se remplit lentement, mais inexorablement au point de déborder. Et de noyer l’intolérance, la violence et la barbarie. Au point d’éteindre aussi la moindre velléité des casseurs.

Je suis Charlie. Je suis français. Vive la France. Et merci pour cette leçon de citoyenneté qui va marquer le monde autant que la révolution et les droits de l’homme.

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