Grange en or

D’avoir chaussé mes premiers skis à l’âge de 4-5 ans dans mon Jura suisse natal. D’avoir pratiqué la joie du schuss avec régularité jusqu’à 20 ans. D’avoir skié la semaine passée à un âge avancé (aïe les courbatures!).

D’avoir chaussé mes premiers skis à l’âge de 4-5 ans dans mon Jura suisse natal. D’avoir pratiqué la joie du schuss avec régularité jusqu’à 20 ans. D’avoir skié la semaine passée à un âge avancé (aïe les courbatures!). D’avoir regardé presque toutes les courses de ski du championnat du monde de Beaver Creek ne font pas de moi un spécialiste. Je comprends qu’il faut s’appuyer sur la « planche » extérieur. Qu’il faut insister pour faire tourner le nouveau matériel (carving). Mais je n’entends presque rien aux constats techniques des consultants qui explique le positionnement des épaules et des hanches.

Cela ne m’empêche pas de croire à la force du destin. Marcel Hischer, le Messi des neiges, avec sa fluidité extrême, son équilibre de funambule et sa vitesse de pied a survolé la compétition jusqu’à sa sortie de piste dans la deuxième manche de slalom qui devait consacrer sa suprématie.

Grâce à son courage et son talent, il a remporté le super combiné. Il s’est qualifié pour le slalom, grâce à la chute effrayante de Blank (31e il n’aurait pas pu concourir) qu’il a survolé sur une piste vierge de toute trace alors que Pinturault son plus dangereux concurrent était freiné par les ornières. Une fois de plus, la chance a souri au plus audacieux et au plus fort, s’est on dit.

Pour l’autrichien, le dicton semblait valable avant la deuxième manche du slalom spécial. Avant que Jean-Sébastien Grange s’élance pour un parcours de folie, alliant technique et agressivité, précision de la ligne et engagement. Avec un temps supersonique. Sous un ciel clément.

Quand une dizaine minutes plus tard, Marcel s’est élancé avec plus d’une seconde d’avance, il a dû affronter le super chronomètre du français. Et une tempête de neige. Au point d’échouer près du but.

Une fois de plus, la chance a souri au plus audacieux et au plus fort. Et avec l’or, JB a clôt un chemin de croix de 4 ans de la plus belle des manières.

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