Pour une information libre

Pour protéger les journalistes et l'information il faut que celle-ci soit libre

Les agressions et les menaces dont ont été victimes des journalistes et des membres d’équipes de reportage sont bien entendues condamnables au même titre que toutes violences sur n’importe quel individu . Pour de nombreuses raisons je pense qu’il est difficile aujourd’hui de prétendre sacraliser la personne d’un ou d’une journaliste . Ce n’était déjà pas évident avec l’apparition des informations radiodiffusées , puis télévisées mais c’est pratiquement impossible avec la généralisation des chaînes d’information continue , sur lesquelles on ne sait plus à qui on a affaire .
Les raisons invoquées par les personnes qui s’en prennent à des représentants de la presse tiennent essentiellement à la présentation d’un évènement et à la sélection des sons et des images qui nous en sont présentés . Ce n’est pas un secret que l’information de la radio et de la télévision publique sont depuis toujours plus ou moins directement dépendantes du pouvoir en place . La presque totalité de l’information privée appartenant à de grands groupes représente naturellement les intérêts de son maître . Dans cet environnement les journalistes et présentateurs ont bien du mal à se conformer à ce qui pourrait ressembler à un code de déontologie . Pour qu’un minimum de respect du pluralisme des opinions soit préservé je distinguerais deux
catégories de journalistes : le présentateur ou le journaliste intervenant et l’éditorialiste .Le journaliste qui vient présenter un fait devrait le faire sans intention personnelle . Je prends un exemple . Pour évoquer des heurts entre manifestants et policiers un journaliste devrait évoquer des affrontements et certainement pas comme je l’ai entendu de regrettables affrontements . Un journaliste respectueux ne doit pas qualifier un pareil évènement.
Un éditorialiste dont nous sommes censés connaître l’opinion peut utiliser tous les adjectifs qu’il voudra . Malheureusement l’actualité devient de plus en plus opaque et les réseaux sociaux y contribuent grandement . Bien entendu la presse d’opinion est totalement libre dans le respect de la réalité et de celui de la personne .
Il est dommage qu’une majorité des médias se soit crue obligée ces dernières semaines de nous accabler de scènes de violences qui ne reflétaient pas du tout la réalité du déroulé de la journée . La répétition continue sur les fonds d’image est un vrai bourrage de crâne et devrait être interdit au même titre que les images subliminales .

 

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