Une télévision de sourds et d'aveugles

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

Lorsque l’on entend défendre une juste cause il faut respecter le maximum de rigueur et d’honnêteté . Ce n’est pas ce que nous offre depuis deux jours en particulier la presque totalité des médias . Pour commencer ils devraient ne pas entretenir hypocritement la confusion entre les mots antisémitisme et antisionisme . Cet amalgame est bien pratique pour masquer l’antisémitisme qui chez nous depuis Louis XI , dit saint louis , en passant par l’inquisition , l’affaire Dreyfus et la collaboration entre autres , n’a cessé de s’en prendre aux adeptes de la religion juive , ou à ceux qui étaient censés la pratiquer . L’antisionisme n’est que l’expression de l’opposition à la politique d’expropriation et de colonisation des territoires , occupés depuis des siècles par les Palestiniens , par les gouvernements israéliens de façon de plus en plus sauvages . Si l’antisémitisme est interdit par la loi il n’en est rien de l’antisionisme qui est une affirmation d’une morale politique .
Depuis deux jours nous sommes accablés de reportages , plateaux et débats pour dénoncer précisément l’antisémitisme qui se serait exprimé principalement au cours de l’agression verbale envers Finkielkraut . Comme l’a très bien noté Aude Ancelin les reportages diffusés ne permettent jamais d’entendre des propos antisémites , mais antisionistes ; et ce n’est pas de la même gravité . Ce que l’on peut regretter c’est la vulgarité de ces attaques verbales , mais sans en déformer le sens . Et si la bêtise était un crime il y aurait beaucoup de monde en prison , dont de nombreux éditorialistes menteurs .
Ceux qui chez nous condamnent cette position risquent de se trouver aussi ridicules que les Israéliens qui reprochaient à l’historien français Pierre Vial-Naquet , fils de parents morts à Auschwitz , d’être un antisémite et en raison de sa défense du peuple palestinien . Le même sort est aujourd’hui infligé à l’historien israélien Shlomo Sand qui a dit-il décidé de cesser d’être juif .
Contrairement à ce que voudraient les défenseurs de la politique israélienne , Finkielkraut n’a pas jugé bon de porter plainte contre ses agresseurs . C’est sans doute parce qu’il se sait tout de même conscient qu’il avait tout de même recherché cette altercation , comme il l’avait fait en se rendant au site de « nuit debout » où il devait deviner l’accueil qui lui serait réservé .
C’est le même genre de manipulation de l’information qui est employé dans les commentaires sur les aventures mouvementées d’Ingrid Le vavasseur . C’est à croire que ceux qui s’attendrissent sur le sort que lui ont réservé ces anciens amis n’ont jamais mis les pieds dans une assemblée générale . Si ils s’en étaient donné la peine ils sauraient que les attaques verbales les plus rudes sont monnaie courante . Qu’ils demandent donc à un Krivine ou à un Besancenot les insultes et les menaces qu’ils ont régulièrement reçues de la part de militants ou sympathisants communistes avec lesquels ils ne cessent de discuter .

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