Reagan , Thatcher , Macron même combat

Le monde de la politique et de la presse est secoué par la violence des affrontements entre « casseurs » et forces de l’ordre sur les Champs Elysées . La grande question est : comment cela a-t-il été rendu possible ? La première réponse est toute simple . Macron n’est pas le premier président à utiliser les casseurs pour jeter le discrédit sur une manifestation . Giscard en 1979 puis Sarkozy et surtout Hollande à l’occasion des manifestations contre la loi Elkhomri se sont servi de ce stratagème . En effet on peut difficilement imaginer que la lenteur des forces de police à intervenir aux premiers signes de débordement ne soit pas volontaire , c’est-à-dire décidée par le gouvernement . Dans le cas de la semaine dernière le cas était encore plus flagrant .
Dès le jeudi et pendant toute la journée du vendredi touts les organes d’information faisaient état des prévisions du ministère de l’intérieur qui s’attendait à 1000 à 1500 casseurs pour le lendemain . On pouvait alors
raisonnablement penser que fort de ces renseignements les responsables de l’ordre public mettraient en place les moyens pour empêcher de nuire des éléments que visiblement ils avaient identifiés avec précision . On peut se rappeler que de nombreux journalistes et témoins des échauffourées des semaines précédentes affirmaient qu’ils reconnaissaient à chaque fois les mêmes personnages . Ce que pouvait un journaliste , un policier devait pouvoir le faire .Que le même scénario se soit répété à chaque fois , en dépit des moyens de renseignement de l’Intérieur est bien la preuve d’une volonté délibérée .
La raison de ce choix ne se limite sans doute pas à discréditer les manifestants mais remonte à une vieille tactique du néo-libéralisme très bien décrite par Naomi Klein dans « La stratégie du choc » . Mise en place sous la dictature de Pinochet puis par Reagan et Thatcher et bien d’autres elle consiste à utiliser les périodes de crise pour imposer les politiques les plus antidémocratiques et les plus autoritaires pour le peuple .
A défaut de grave crise dans une Europe pourtant en mauvais état Macron a choisi de nous plonger dans le chaos pour faire adopter les réformes favorables à la finance mondialisée et d’abord à ses amis les riches .
La violence qu’il laisse s’installer dans Paris est pour ce pouvoir une bénédiction qui réussit à détourner une partie de la population favorable aux principales revendications des gilets jaunes . Elle dissuade également beaucoup de gens de participer aux manifestations .
Depuis qu’il est au pouvoir tout lui est bon pour détruire l’édifice social déjà fragilisé par la course au profit . Il n’a cessé de nous diviser à travers les réformes imposées à un parlement croupion ; jeunes contre retraités , pauvres contre moins pauvres , public contre privé . Il a entrepris la chasse aux privilèges ,même les plus modestes souvent attachés à de pénibles conditions de travail . Macron c’est un bulldozer qui continue à nous plonger dans l’insécurité et la précarité par des annonces angoissantes confiées à la presse par des ministres sensés seulement réfléchir tout haut . Ce fut le cas pour un allongement de la durée du travail donnant droit à la retraite , le soir pressenti et démenti le lendemain matin . Il cherche à nous faire peur pour nous faire tout accepter . On règne plus aisément sur un peuple angoissé et fragilisé .
Le recours à l’armée pour suppléer aux forces de police spécialisées nous fait craindre un glissement fatal vers des régimes autoritaires et sanglants . Attention à ce que le prétendu intellectuel néolibéral ne devienne un vrai dictateur .

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