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Billet de blog 5 juin 2013

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Michel VAUTIER, peintre et poète à Forcalquier

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Michel, c’était mon copain au collège Pierre Puget  à la fin des années cinquante, à Marseille, puis mon complice de promo à Sup de Co, rue Sainte Victoire, militant avec moi au sein de la cellule des Etudiants communistes que nous avions implantée, à la hussarde, dans ce nid de la bourgeoisie marseillaise.

Sa peinture témoignait de sa nature tourmentée. Un regard malicieux agrémenté d’un sourire permanent éclairait pourtant son visage. J’ignorais, à cette époque, qu’il écrivait aussi des poèmes.

Le hasard de la vie nous a rapidement séparés. Perdus de vue durant plus de cinquante ans, le même hasard nous a réunis à nouveau il y a peu, chez lui, à Forcalquier. Chacun de nous a pu redessiner, au soleil d’une belle journée provençale, les méandres de sa vie.

Michel a soigneusement rangé ses tableaux au fond d’un garage et ne peint plus. Il mène une vie paisible et méditative sous le ciel de Haute Provence Il m’a confié avant que l’on se quitte, les coordonnées de son premier recueil de poésies (Wal-Khavenji).

J’ai acheté ce recueil sur internet et vous en livre aujourd’hui quelques échantillons.

A bientôt, Michel !

POETE

L’aube filtre son cristallin

dans le format du ciel

propriétaire de son labyrinthe

sa vision surcharge les issues murées

contient l’hymne centrifuge

 qui projette son ombre dans le clos

Ses yeux se ferment contre la roseraie

au vent capital

une goutte de sang épineux

rehausse la fleur d’agonie

qui le fascina dans son broc

Il nettoie ses larmes polluées

s’enténèbre dans une ardoise propre

jamais un cri ne dépasse la haie

la mer ne l’informe pas du supplice

l’extase soulevée

de son confort en fosse carrelée

lui offre une piéride

son camée du divorce

Michel VAUTIER

« WAL – KHAVENJI »  Prix Pont de l’Epée, Saint Germain 1971

Guy Chambelland, éditeur, 1972

JOURS

Tandis qu’en l’alcôve poncée

geignent les tuberculeux tropismes

que mon existence enceinte de trous paludéens

sent monter un solvant

qui la dissout

jour après jour

la mer s’agenouille au rivage

sans cesse la mer

sans cesse

dans la rumeur de ses menhirs

revient sur sa promesse

de ne pas revenir

là où je hisse mon front au soleil carnassier

parmi ces buveurs d’eau salée

qui n’abjurèrent l’Etude

que pour venir de loin.

Michel VAUTIER

« WAL – KHAVENJI »  Prix Pont de l’Epée, Saint Germain 1971

Guy Chambelland, éditeur, 1972

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