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Billet de blog 14 avril 2022

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Présidentielle : pour celles et ceux qui hésitent

Vous avez voté pour Jean-Luc Mélenchon et vous respecterez la consigne "pas un seul vote pour Marine Le Pen ! " mais vous hésitez sur la conduite à tenir pour ce deuxième tour de l'élection, n'ayez pas peur...

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... car le moment de vérité sera moins le 24 avril prochain, quel qu'en soit le résultat, que le mois de juin, celui des élections législatives.

La Cinquième République fait que la majorité de l'Assemblée Nationale voit en son sein désigner celle ou celui qui dirigera l'exécutif. Par ailleurs ce gouvernement à venir, selon l'article 20 de la Constitution, sera responsable devant le Parlement. Même si le Président garde de grands pouvoirs, il ne peut tous les revendiquer ou les exercer quoique le néolibéralisme autoritaire, tel que l'a exercé l'actuel président, ait dévoyé progressivement cette vérité constitutionnelle.

C'est donc la façon dont nos votes détermineront ce que sera la composition de l'Assemblée en juin 2022 qui sera le moment important. Le moment de vérité. Il faut espérer à cet égard que les stratégies des forces de gauche se rejoindront pour nous permettre de porter l'élan de leurs candidats afin, qu'élus, ces derniers puissent constituer une majorité, avoir un premier ministre et ainsi contrer les dérives de celle ou celui qui présidera le pays au soir du 24 avril.

Faut-il pour autant passer par dessus ce deuxième tour de la présidentielle ? Certes non. Il reste que, compte tenu de ce que les urnes ont défini le 10 avril, le résultat sera catastrophique pour celles et ceux qui sont sincèrement et viscéralement de gauche et pour une grande part de la population. Donc... Peste ou choléra, Disneyland ou le Puy du fou... Macron ou Le Pen... Impossible de choisir, sinon s'abstenir ou voter blanc.

- "Ah ! L'abstention ! Le vote blanc ! Vous serez responsable de l'arrivée de l'extrême droite et du fascisme au pouvoir ! " L'argument massue... Facile à réfuter : 1) Nous avons tout fait, nous, en votant pour Mélenchon au premier tour pour empêcher l'actuel scénario mortifère ; 2) Les sondeurs, malgré leurs lacunes, avaient bien pointé ce scénario, Macron, Le Pen et... Mélenchon tout près. Sans doute celles est ceux qui, à gauche, ont maintenu leur candidatures ou celles et ceux qui ont fait d'autres choix de vote à gauche se sentent-ils encore un peu plus tristes et mal que nous.

Par ailleurs, nous sommes presque tous d'accord pour reconnaître  à Emmanuel Macron une bonne part de la responsabilité de la prévalence actuelle de l'extrême droite. Nous reprochons à l'actuel président d'avoir trop joué cette opposition et de s'être contenté de ce scénario de deuxième tour en remake de celui de 2017. Voter pour lui et le voir présider cinq ans de plus risque donc, selon ce raisonnement, de nous ramener au même scénario avec une extrême droite encore un peu plus haut en 2022. Il ne faut donc pas voter Macron, cela ne permet pas d'affaiblir l'extrême droite au contraire !

- "Ah ! Vous permettrez donc, en irresponsable, l'élection Le Pen !" Allons jusqu'au bout de ce scénario du pire et du chaos. Le Pen présidente. Donc Macron battu. Vous êtes vous demandé, vous qui nous pensez irresponsables de ne pas voter pour lui, ce que ferait Macron défait le 24 avril ? Quelle serait sa stratégie alors ? Comment se positionnerait-il pour les législatives ? Avec qui tenterait-il d'associer ses troupes pour contrer le choix délétère des Français ? Ces questions méritent d'être approfondies car les réponses que nous pourrions leur apporter, en notre âme et conscience, nous en diraient beaucoup les valeurs premières qui animent Emmanuel Macron et ses équipes.

Pas d'autre choix que celui de l'abstention ou du vote blanc.

Donc en définitive, et quoiqu'il en soit le 24 avril, il nous restera deux leviers pour éviter, à tout le moins contrer, le pire. Le premier est celui  du vote aux législatives : à Gauche toute pour une majorité de combat ! Le second est celui de la lutte qu'il faudra mener et poursuivre par d'autres moyens que le vote pour aller vers une France véritablement libre, égalitaire, et fraternelle, telle que la Gauche l'appelle depuis trop longtemps déjà. 

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