MERCI POUR CETTE BELLE VICTOIRE

Nous sommes jeudi soir, les urnes virtuelles de l’Éducation Nationale ont été fermées à 17h.

Il est 20h et nous sommes, nous les militants, les adhérents, les sympathisants à l'écoute de nos portables. Qu'importe le résultat, la campagne a été belle, engagée, dynamique. Nous avons suivi le même protocole que pour le TCE : nous avons pris nos collègues pour ce qu'ils étaient, des citoyens intelligents qui savent lire et comprendre. Nous avons ouvert la route de l'information, par mails, par tracts, par assemblées générales, en petits groupes, dans la salle des profs, à la cantine. On a lu tous ensemble les nouveaux statuts proposés par Peillon, publiés par Hammon et qui ne doivent s'appliquer qu'en 2015, histoire de ne pas gêner les syndicats qui ont voté pour : l'UNSA et la CFDT. Le syndicat majoritaire, la FSU, s'est quant à lui, abstenu comme sous Sarkozy au moment du vote sur la mastérisation, ce qui avait eu pour conséquence la suppression de la formation des futurs enseignants. Cette mesure avait en outre ajouté deux ans d’études avant les concours et donc entraîné une baisse des vocations surtout parmi les jeunes des classes populaires, dont les parents ne peuvent aider leurs enfants à faire 5 ans d'études.

Les résultats tombent : 16000 voix de plus au niveau national, des départements où nous devenons majoritaires, troisième syndicat de l’Éducation Nationale, deuxième syndicat sur l'académie de Paris. C'est incroyable, on est heureux, euphoriques, on apprend qu' à la confédé, Mailly sable le champagne, on est fiers, on s'est bien battu, on a gagné, en voix, en estime. Des collègues qui n'avaient jamais voté pour nous, des adhérents du SNES, cette fois ci ne se sont pas laissés bernés par les calomnies sur FO, syndicat qui refuserait le progrès, qui refuserait la réforme. C'est drôle parce que la CGT qui vote comme FO et qui dit pareil sur les statuts n'est jamais aussi directement attaquée.

Haro sur FO!  Hé bien mes camarades va falloir changer de discours quand on recule de 5 points, on regarde son nombril et on se demande pourquoi.

Hé pourtant non. Même  après votre recul vous continuez. Le lendemain dans la presse, nous, on a pas la parole mais vous vous dites que c’est le repli identitaire qui a fait voté les collègues, que nous sommes des conservateurs  réactionnaires, pire le réseau Racine fondé par le Front National qui voudrait fédérer des profs et qui doit compter 5 adhérents a appelé à voter pour nous, donc nous sommes des fascistes.

Mais vous n'en n'avez pas assez mes camarades de trouver des boucs émissaires à vos défaites? Jamais vous vous remettez en question, à la FSU ? Pourquoi vos sympathisants, vos adhérents se sont abstenus, font-ils comme vous ! Ou pire, ils auraient voté pour nous ?

Mais nous en plus de la campagne, voilà trois ans qu'on défend les collègues aux commissions paritaires. Et quand on suit un dossier, on ne le lâche pas. Dans les bahuts, ils ont vu l'engagement des délégués syndiqués FO.  Nous, à la base comme au sommet, ce sont les mêmes discours, les mêmes  actes.

Alors YA BASTA. On ne va plus se laisser insulter. Travailler plus pour gagner moins, c'est ça que permettent nos nouveaux statuts. Et si c'est être réactionnaire que de demander l'abrogation de ce décret, alors je suis réactionnaire, nous sommes des dizaines de milliers à être réactionnaires et les centaines de commissaires paritaires FO qui ont été élus, sont mandatés pour être réactionnaires.

YA BASTA. Parce que si c'est être réactionnaire de dire que la réforme territoriale peut entraîner  des bouleversements sur les mutations, puisqu'à terme il n'y aura plus que 13 académies alors nous sommes réactionnaires. D'autant que cette réforme permettra la régionnalisation de l’Éducation Nationale que beaucoup souhaitent. C'est ce qu'a dit, et j'y étais, le président de la région Aquitaine Monsieur Rousselle du PS aux agoras de Bordeaux à la Toussaint 2013. Il a dit qu'il souhaitait à terme que nous devenions personnels territoriaux.

Après cela il sera facile de régionaliser les programmes et de ne plus avoir de diplômes nationaux, vous savez ceux qui servent de base aux conventions collectives. Tout se tient : plus de droit du travail, le contrat individuel, les compétences plutôt que les connaissances... Sauf pour les plus riches qui, dans les écoles privées, financées par l'argent public, continueront comme par devant à bénéficier d'une instruction de qualité pour maintenir leurs privilèges. Alors bien sûr ce n'est pas encore pour demain, mais cela viendra vite et nous on pense, donc on pense loin.

Pour finir merci, merci à tous et à toutes de votre confiance, cela nous oblige et nous allons prendre nos responsabilités. D'abord en lançant une grande campagne de pétition contre ce décret mais pas par internet, en gagnant des signatures une par une, ce qui permet le contact et la discussion. Ensuite en proposant à nos partenaires syndicaux de lancer une grève pour l'abrogation de ce décret.

Je termine par deux choses, le SMS d'un collègue encarté au SNES dans l'académie de Versailles et qui a voté pour FO : "merci à vous et bravo pour ce beau résultat qui récompense la combativité et la clarté des prises de positions".

Enfin je vous donne à tous et à toutes rendez vous pour le rassemblement à 12h30 place Vauban du 16 décembre contre le pacte de responsabilité: DES MILLIARDS POUR L’ÉDUCATION PAS POUR LES PATRONS.

 

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