maltraitance aux urgences de l'hopital Robert Ballanger à Aulnay sous Bois

Suite à l'article précédent, j'ai reçu la réponse de la "Direction de la clientèle du CHI d'Aulnay sous Bois" que je ne peux pas mettre au blog car elle est en PDF par contre, je joins la réponse que j'ai adressée à cette Direction de la clientèle.

Madame GHERISSI                                                                                       Le 13/02/2019

Soeur de Mr THIEBLEMONT  

                                                                                                                          

A Madame PORTIER                                                                                                                                                                     

 Directrice des Affaires  Juridiques et de la clientèle    

 

Référence :23/2019/YDN/MAP/AN

N° dossier : 12/2019 suivi par Ahmed NAAMAN

 

Madame,

Je prends connaissance de votre courrier du 31 janvier transmis par mail le 05/02/2019 par Monsieur Ahmed NAAMAN.

Tout d’abord, je constate qu’une « Direction de la Clientèle » existe au sein de plusieurs hopitaux dont celui d’Aulnay, ici en cause.

Il me semblait  que la première mission de  l’hôpital est de prendre en charge des PATIENTS, MALADES mais pas des « clients ». Ce n’est pas une question sémantique mais cela met en lumière la façon dont mon frère a été traité et dont je l’ai été moi-même. L’hôpital serait donc amené à traiter des « clients » destinés comme tout commerce à satisfaire des besoins économiques et des plus values dont il faut tirer.

« Les missions de l’hopital

Au-delà de sa mission de soins, l'hôpital public est aussi un acteur majeur de la prévention :

 Prendre en compte toutes les dimensions de la pathologie, c'est introduire davantage de transversalité entre les services d'un même établissement, mais aussi accompagner le patient dans sa vie privée, familiale et sociale. »

 

Concernant la sortie de mon frère jugée « médicalement sortant », « écartant tout critère de gravité aigu «  , vous dites que j’ai été reçue par un médecin, un cadre et une assistante sociale afin de m’expliquer les démarches à suivre pour demander un renforcement des aides à domicile de mon frère et de nous soutenir dans cette démarche.

Je rappelle que mon frère est seul. Et en attendant que ce renforcement se mette en place, que se passe t il ?  Parce que j’ai vécu des difficultés similaires et ai du faire face à la mise en place d’un dispositif de prise en charge à domicile pour ma sœur, je sais ce que çà représente et je sais les jours et les semaines qu’il faut pour que ce soit mis en place en lien avec le Conseil général et les services de la CCAS de Sevran. Et d’ailleurs, vous le précisez ;  la réévaluation de ses besoins se fera dès son retour à domicile. Je repose ma question : que se passe t il pendant ce temps où il est seul chez lui ?

Qui lui donne ses repas, qui lui change ses protections et cela tous les jours, 3 fois par jour  puisqu’il ne peut plus se déplacer ?      

Le service des urgences a trouvé la/les  solution(s) ; le 24 janvier, le lendemain de l’arrivée aux urgences, l’agent de liaison  entouré du cadre de santé, de  l’assistante sociale me dit que je pourrai très bien m’en occuper en attendant la mise en place du dispositif renforcé.

Or, je vais avoir 70 ans et ne suis pas en mesure physiquement de m’occuper de mon frère qui je le rappelle est impotent, çà n’a pas gêné aucunement votre équipe aux urgences à me demander de m’en occuper le temps que le dispositif soit en place et ce, devant lui!!

 

J’apprendrai le surlendemain que le voisin de mon frère a été appelé pour lui demander s’il pouvait s’en occuper !! sans compter les menaces proférées à partir du portable de mon frère d’une personne de l’hopital que si je n’amène pas la clé de la maison, on fera sauter la serrure.

 

Tout cela s’est fait,  s’est dit en présence de mon frère, les pressions énormes  qu’il a subies et moi-même font que notre confiance dans le personnel de santé a été trahie!!

Jamais je n’aurais cru que l’on puisse un jour vivre des choses pareilles.

Vous dites que mon frère » a bien accepté cette décision de sortie » mais dans quelles conditions ??

Vous avez profité de son état de faiblesse, de vulnérabilité pour lui arracher son accord ; il est complètement démuni face à un corps médical qui n’a pas cessé de le harceler pour qu’il sorte : 2 médecins, un cadre de santé, un agent de liaison et une assistante sociale tout ce monde pour lui faire accepter le retour chez lui. Jusqu’à appeler son voisin et demander à sa sœur de 69 ans de s’occuper de lui !! ce n’est pas du harcèlement ?

Si médicalement vous estimez que rien ne justifie une hospitalisation, peu importe si le retour à la maison le met dans des conditions telles que son état ne peut que se détériorer.  Est là la mission de prévention de l’hopital ? 

La pression psychologiqyue que vous avez exercée sur lui était telle que vous  l’avez  amené à se résoudre à rentrer. Quitte à me mettre dans une situation très difficile.

Car, contrairement à vous qui avez perdu le sens de l’humanité, c’est mon frère et que bien que je l’aime, je suis dans l’incapacité de pouvoir faire face à ses soins; vous avez tentez de me culpabiliser comme étant  sans cœur, incapable de s’occuper de lui.

Je n’ai jamais vu cela !! et pourtant, je connais l’hôpital de Villepinte depuis fort longtemps. Votre inhumanité d’aujourd’hui me sidère.

 

Enfin, quant aux injures que j’aurai proférées à l’encontre du médecin et de l’assistante sociale ; je les réfute totalement ; ce n’est pas ma façon de m’expliquer, même si j’ai en face de moi une situation qui me parait ubuesque comme celle que j’ai vécue aux urgences de l’hôpital Robert Ballanger que j’ai connu lorsque j’étais gamine et qui doit se retourner dans sa tombe en voyant les dérives libérales de l’hôpital publique.

J’ai haussé le ton tant j’étais sidérée de ce que j’entendais et face à la pression insoutenable qui était exercée tant sur mon frère que sur moi. Mais les injures, non

Telles sont les observations et la réponse que je fais à votre lettre.

La confiance est rompue dans un tel climat et il faudra d’autres interlocuteurs remplissant leur fonction de soignants dans l’esprit de l’hôpital publique pour que celle-ci revienne. Mais je ne doute pas un seul instant qu’il y a du personnel attaché aux valeurs de l’hôpital publique et qui traitent des patients, malades mais pas de clients. 

Veuillez agréer Madame, l’expression de ma considération distinguée.

 

Madame D.GHERISSI

Soeur de Mr THIEBLEMONT

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