Comment la Mairie de Paris fabrique des SDF

Comment la Mairie de Paris fabrique des SDF dans les rues de Paris pas seulement par grand froid ?

Chaque jour, le DEMIE (Dispositif d’Èvaluation des Mineurs Isolés Etrangers) met à la rue des jeunes étrangers mineurs sans autorité parentale sur le territoire français. Ce dispositif agit sous la responsabilité de Mme Versini et de la Direction de l’Action sociale, de l’enfance et de la santé de Paris (DASES)

80% d’entre eux sont ainsi arbitrairement rejetés en tant que mineurs

  • soit directement par le DEMIE sans entretien et sans notification
  • soit par la DASES à la suite d’un entretien selon des motifs incongrus, à partir de l’interprétation du récit du jeune, ne reposant sur aucune base sérieuse et légale, et ce malgré des documents d’état civil que la plupart détiennent.

Ces jeunes sont privés de leurs droits à une protection particulière définie par la Convention Internationale Des Droits de l’enfant (CIDE) ratifiée par la France 

Le Défenseur Des Droits rappelle les départements à leur obligation dans son rapport du 20/11/2017 « …  D’une manière générale, chaque jeune en demande de prise en charge, se disant mineur et isolé  doit automatiquement faire l’objet d’une mise à l’abri par les services mandatés à cet effet... »   

Faisant fi de ses recommandations et du droit, la Mairie de Paris  se dérobe  à ses obligations de protection envers ces jeunes (hébergement, scolarité, suivi social et sanitaire). Se faisant, elle laisse ainsi libre cours à des initiatives individuelles et/ou associatives pour tenter de trouver un pis aller à ces jeunes.

Ces initiatives si louables et solidaires soient-elles venant de citoyens dépités de tant d’indifférence, ne peuvent remplacer les institutions publiques qui régissent notre État. Nous en constatons chaque jour les limites, s’agissant d’hébergement, scolarisation, santé, et les mises en danger qu’elles suscitent

Comment est- il possible que Paris ville ô combien riche  délaisse les populations les plus pauvres et leurs droits à une dignité, à un avenir ?

Pire, comment peut –elle continuer à nier les mineurs  et leur nombre à la rue  alors même qu’ils sont rejetés par le dispositif qu’elle  contrôle : le DEMIE ? 

Ce n’est pas faute d’alerter depuis de nombreuses années le Cabinet de Madame Versini, les élus de la capitale,  sur la situation de  tout jeune mineur en situation de vie d’errance à la rue, donc sans hébergement, sans suivi éducatif, sans aide alimentaire et sanitaire, comme le font  le collectif associatif de l’ADJIE (Accompagnement et Défense des Jeunes Isolés Étrangers),  l’ASMIE (Association de Solidarité avec les Mineurs Isolés Etrangers) et tant d’autres

Votre opération (la nuit de la solidarité)  n’est pas, vous le dites vous-même, destinée à  remédier à  cette situation scandaleuse, non :            «  Cette opération ne correspond pas à une véritable intervention sociale mais à une "photographie", à un instant donné, du nombre de personnes en situation de grande précarité dans Paris intramuros. »

Pour ces jeunes, comme pour tous les SDF de tout âge, pas besoin de Nuit de la solidarité pour que la Mairie de Paris connaisse leur nombre, leur profil et donc leurs attentes et leurs droits.

 

ASSEZ DE MOTS VIDES DE SENS ET DE REALITE

DES FAITS POUR LES MINEURS ISOLES ET TOUTE PERSONNE SDF

Des  Permanencières ADJIE, ASMIE

 

Complément d'informations

Ce samedi 17 février  l'ADJIE tenait sa permanence habituelle en vue d'aider  des mineurs isolés à faire valoir leurs droits à minoité

Il se trouve que 6 nouveaux jeunes  n'avaient où dormir et se retrouvaient donc en danger dans les rues de Paris

signalement fait par téléphone afin qu'une maraude passe les mettre à l'abri en vertu du "plan grand froid" mis en place par la Mairie de Paris

réponse: suspension du plan grand froid et donc pas de mise à l'abri

Sacré thermomètre, en accusant quelques degrés de moins, il se rend  coupable de contraindre des  mineurs à dormir dehors 

 

 

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