Paris: MSF gère avec l'ASE la pénurie de centres maternels

Faute de places dans les centres maternels à Paris, la jeune F. doit choisir entre être séparée de son bébé ou partir à Tours séparée du papa

bonsoir

 

 

Nous vous saisissons d’une situation révélatrice d’une politique de la Ville de Paris qui se traduit par une  maltraitance des MNA  par l’ASE.

C’est une jeune fille mineure F.  ivoirienne , sa minorité n’est pas retenue suite à l’évaluation ; elle sera hébergée dans un CHU à la Chapelle ; elle est enceinte et ses conditions au CHU sont très vite  mises en évidence comme inadaptées à sa situation (literie très fine, pas de quoi laver les vêtements, pas de chauffage…)

Le médecin, qui la suit à l’hopital Tenon  dans un certificat médical du 6/11 précise que son état (enceinte et l’arrivée d’un nourisson ) n’est pas compatible avec son hébergement actuel ; il la trouve faible.

Le Défenseur Des Droits est saisi et l’ASMIE saisit l’ASE d’une demande d’admission au titre de l’article L222-5 du code de l'action sociale et des familles :

MSF se charge du dossier social,  juridique dont le cabinet d’avocats est situé à Tours (une double saisine aurait été déposée ASMIE et MSF et pour éviter tout doublon, nous laissons MSF gérer le dossier juridique. )

Le 12/11, Mesdames Bastide et Hamon (DASES) sont saisies et étudient 

Madame la juge prend une ordonnance de placement sur Paris en date du 02/12 pour 4 mois avec une demande de légalisation des documents. 

Dès le 04/12 nous sommes prévenus par la jeune fille en pleurs que le SEMNA voulait l’envoyer à Tours alors que la décision de justice concerne un placement à Paris ; intervention auprès de la DASES pour stopper ce transfert non conforme à l’ordonnance du Juge.

F.veut rester sur Paris : Cette jeune fille est seule ; elle a constitué depuis les quelques mois qu’elle est sur Paris, un petit réseau de connaissances, d’associations dont l’ASMIE avec laquelle nous échangeons et assurons un soutien, suivi ; le papa de l’enfant est sur Paris.

 F.accouche le 15/12 et très vite, des pressions de toutes part y compris de MSF qui gère la situation avec l’ASE ; si elle n’accepte pas de partir, elle devra être séparée de son bébé car, on lui dit qu’il n’y a pas de structures pour elle et son bébé à Paris. Le chantage à la séparation et c’est l’ultimatum. .

Aucune solution ne lui sera proposée autre que : la province avec son bébé sinon Paris et séparation de l’enfant ; pas même une solution transitoire : un placement dans une ville de la région Ile de France proche de Paris facile d’accès par les transports. RIEN 

Sous la pression de différents acteurs, dont MSF avec l’ASE et l’assistante sociale de l’hopital  elle signera le contrat par lequel elle devra partir le 22/12 au Mans ?? après avoir dit TOURS ? sans lui préciser : famille accueil, foyer ?? 

Comment peut-on ne  pas respecter la décision du juge des Enfants ? n’y a-t-il pas lieu à lui rendre des comptes ? 

Tels sont les faits; l’intervention d’une élue alertée,  Danielle Simonnet  n’y changera rien à cette décision déterminée depuis plusieurs mois.   

Personne n’ignore que tous ces jeunes et en particulier les filles ont un vécu lourd, que ce soit dans  leur famille au pays ou lors de leur traversée pour arriver en France ; ce sont souvent des traumatismes importants.

 Prendre une décision d’éloigner la jeune fille des contacts qu’elle a pu prendre, du papa de l’enfant,  dans la situation de grossesse et d’accouchement qui est la sienne ajoute encore un autre traumatisme. Comme elle dit, elle est « triste » et le papa également.

Comment peut-on prendre une telle décision sans prendre en compte ces éléments ? sans compter le chantage à la séparation de la mère et de l’enfant  si elle n’accepte pas de quitter Paris. A quoi obéissent ces décisions ? de MSF à l’ASE en passant par l’assistante sociale, personne n’est sensible à cette tristesse ajoutée à tout le reste. A t on perdu notre humanité à ce point ? 

Pourquoi n’a-t-on pas cherché une place en Ile de France, accessible plus rapidement et facilement  par RER ?

On peut s’étonner qu’aucune place n’ait  été trouvée sur Paris sur presque 2 mois que l’on cherche, en vain,  mais par contre,  une place est possible  dans des petites villes en comparaison avec Paris, comme TOURS ou LE MANS ! Malgré toute la « solidarité et l’ouverture » dont fait preuve la ville de Paris !!

Alors, si telle est la raison , Paris est très largement sous dimensionné et des décisions politiques ont été prises par le Conseil volontairement  pour limiter les centres maternels destinés à ces mères/enfants et ainsi les refuser sur Paris. 

Ce fait s’ajoute à la situation des mineurs isolés arrivés en France, et à Paris en particulier, la précarité est la norme pour ces jeunes et  les mises à la rue sont fréquentes après une « évaluation/ questionnaire » les considérant majeurs. çà ne choque manifestement pas la ville qui, bien que le juge des enfants n’ait  pas encore statué, continue à refuser d’appliquer une notion de droit : le doute tant qu’il n’y a pas jugement et la conséquence qui en découle : une mise à l’abri.  

OUVREZ DES PLACES pour les mères/enfant, OUVREZ DES PLACES pour tous les mineurs déclarés et non jugés 

Nous demandons que la situation soit revue pour la jeune F. et qu’une place dans un centre approprié à sa situation mère/enfant lui soit proposée à Paris.   

P/ASMIE

D.GHERISSI

0686689791

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