Il paraît que, comme dit « Challenges » en analysant la fin du "French bashing" que « les Américains s'intéressent de plus près à la France dans tout un tas de domaines ». Et que les affaires doivent se développer entre la France et les USA. Peut-être, mais cette « décrispation franco-américaine » n'a pas encore beaucoup d'effets à Détroit, au siège de GM...
Le constructeur américain qui possède 10 usines d'assemblage dans sept pays européens différents n'avait qu'un site en France, à Strasbourg. Il veut s'en débarrasser. En vendant usine et terrain. Avec cadres, employés, ouvriers ... si possible. 1260 emplois se sentent menacés. Toute la Ville et la Région sont secouées. Pourquoi ? Parce que c'est unité qui marche ... bien, donc peut apporter les liquidités qui font défaut au géant de l'automobile... Une délocalisation d'un nouveau type, en somme.
Cette « annonce « fait suite à une série de mesures prises par le géant américain de l’automobile
>>>GM avait déjà annoncé début 2008 son intention de procéder à une évaluation globale de ses actifs avec pour objectif la vente éventuelle de certains d'entre eux. Or ces cessions d'actifs à Strasbourg pourraient générer de 2 à 4 milliards de dollars de liquidités.
>>>En restructuration depuis fin 2005, GM a multiplié les initiatives depuis juin, entre fermetures de sites dédiés à la production de 4x4, changements à marche forcée dans la production pour gonfler les volumes de modèles compacts et économes en carburant, vente de certaines marques comme Hummer (véhicules lourds). « Vendre une usine »,pourquoi pas dans cette optique là
Les effets des toutes ces restructurations sont en partie limés par la chute des ses ventes (notamment aux USA) La multinationale a enregistré au deuxième trimestre 2008 une perte record de 15,5 milliards de dollars après 3,25 milliards de dollars au premier trimestre
>>>Sur le site strasbourgeois, GM avait déjà lancé en début d'année et finalisé en juin un « plan social » qui s'est traduit par le départ de 168 salariés et une hausse de la productivité dans la même unité. Celle-ci dispose d'un bureau d'études et produit 1.500 transmissions par jour pour des clients comme BMW et Cadillac. Elle a produit plus de 336.000 boîtes de vitesses automatiques en 2007.Et elle pense atteindre un résultat opérationnel de 20 millions d'euros en fin d'année.
>>> En dépit de la crise géorgienne et des risques d'une détérioration des relations commerciales et économiques entre « l'Oust » et la Russie (que l'on veut minimiser au siège de GM Europe), Général Motors mise toujours sur le développement de ses ventes et activités en Europe orientale et en Russie pour compenser ses pertes sur ses marchés traditionnels. Le président de GM Europe, Carl-Peter Forster, a affirmé que la croissance actuelle des ventes dans cette région - près de 30 pour cent - pourrait modérer, mais que GM pouvait néanmoins s'attendre à des augmentations annuelles d'au moins 10 à 15 pour cent. L'année dernière, GM a vendu 523 000 véhicules en Russie, dans l'ancienne Union soviétique et en Europe « de l'Est ». Au cours du premier trimestre GM a augmenté ses parts de marché de près de 3 % pour GM en Russie, ainsi ses ventes en volume de 78 % par rapport à l'année précédente sur la même période. Les ventes de Chevrolet, Opel et Saab en Russie ont enregistré respectivement une hausse de 60 %, 150 % et 75 %.
Actuellement, la demande totale pour cette région est d'environ quatre millions de véhicules, et elle pourrait augmenter à entre cinq et six millions au cours des trois à cinq prochaines années, croit le président de GM Europe. GM doit ouvrir cette année une troisième usine d'assemblage à Saint-Pétersbourg, en Russie.
Ce développement à l'Est exige des « sacrifices » à l'Ouest... A Strasbourg, se prépare un « sacrifice » qui rapporte...
Autant d'éléments qui n'incitent guère à l'optimisme. Ni chez les 1260 salariés et leurs familles, ni pour l'économie locale et régionale. Qui disait que le local et le global étaient de plus en plus liés ? Que ce « coup de massue » n’ assomme pas, mais réveille l'Alsace !
Ce que Valéry Giscard d‘Estaing appelait la « vitrine de la France sur le Rhin » a une réputation de « région nantie » de moins en moins justifiée. Et sa prospérité relative est de plus en plus soumise aux aléas de la conjoncture internationale (proche en raison du nombre des travailleurs frontaliers) et lointaine. Son développement est rendu plus difficile en raison d'une double concurrence territoriale : En France, le dynamisme encouragé du littoral et du Sud. En Europe, le développement de l'Est
Ce « coup de massue » de GM, à quelques jours de la « rentrée » (traditionnellement marquée par l'ouverture de la Foire dite « européenne » de Strasbourg) devrait logiquement avoir l'effet d'un « coup de semonce ». D'un électrochoc salutaire...
C'est le drame industriel de trop qui devrait favoriser (enfin) une prise de conscience et le lancement d'actions concrètes chez les politiques et chez les acteurs socio-économique alsaciens en général et strasbourgeois en particulier dans une région « Belle trop endormie », prise de vitesse dans son entrée » dans le XXI è siècle
Daniel RIOT