Noam Chomsky,pourfendeur d’une Amérique qui sape le rêve américain,par Isabelle Hanne

Pour les pères fondateurs des Etats-Unis, l’égalité des chances devait être la base d’une société où seul comptait le mérite. Selon l’intellectuel qui sort un nouvel essai en France, le pays qui vient d’élire Trump tourne le dos à cet idéal. Les inégalités se creusent et le citoyen avale des discours comme le consommateur des produits. Bientôt l’heure de la révolte ?

3

Déc

2017

Noam Chomsky, pourfendeur d’une Amérique qui sape le rêve américain, par Isabelle Hanne

par Les-crises.fr dans Économie

 

3

Déc

2017

Noam Chomsky, pourfendeur d’une Amérique qui sape le rêve américain, par Isabelle Hanne

 

 

Source : Libération, Isabelle Anne, 02-10-2017

Pour les pères fondateurs des Etats-Unis, l’égalité des chances devait être la base d’une société où seul comptait le mérite. Selon l’intellectuel qui sort un nouvel essai en France, le pays qui vient d’élire Trump tourne le dos à cet idéal. Les inégalités se creusent et le citoyen avale des discours comme le consommateur des produits. Bientôt l’heure de la révolte ?

William Chomsky, le père de Noam, est arrivé aux Etats-Unis en 1913 «d’un village très pauvre d’Europe de l’Est». Il a trouvé un emploi dans un atelier à Baltimore, qui lui a donné les moyens de faire des études supérieures et d’aller jusqu’au doctorat.

«Il a fini par partager le mode de vie de ce que l’on appelle la “classe moyenne”, écrit Noam Chomsky dans sa note introductive à Requiem pour le rêve américain qui vient de paraître en France (Flammarion). Et beaucoup pouvaient en faire autant. Mais aujourd’hui, nous savons que ce n’est plus vrai. La mobilité sociale est en fait moins grande ici qu’elle n’est en Europe. Mais le rêve persiste, entretenu par la propagande. On l’entend dans chaque discours politique : “Votez pour moi, et nous retrouverons le rêve”.» Donald Trump en tête, dont le slogan de campagne – «Make America Great Again», devenu cet acronyme marketing et nigaud «Maga» – fait quasi explicitement référence au prétendu «rêve américain». A cette Amérique en col bleu, à ses usines qui tournent à plein, à son ascenseur social.

A 88 ans, Noam Chomsky, prolifique intellectuel et activiste américain, l’un des pères de la linguistique moderne, livre ici son premier ouvrage sur les inégalités de richesse aux Etats-Unis. Et sur «l’effet corrosif et nuisible» qu’ont ces inégalités sur la société tout entière, dans un monde où les 1% les plus riches détiennent plus que les 99% restants. Requiem pour le rêve américain est une adaptation enrichie du documentaire du même nom sorti l’an dernier, bâtie sur des entretiens avec Chomsky – d’où une écriture assez orale, succincte et limpide, structurée autour de dix principes : «Réduire la démocratie», «façonner l’idéologie», «repenser l’économie», «briser la solidarité», «mettre le peuple au pas», etc.

C’est l’articulation de ces principes qui donne sa force à la démonstration du penseur : le rêve américain, qui se fonde sur une promesse de mobilité sociale et un certain volontarisme des élites politiques et économiques, est bel et bien mort. L’auteur démontre combien les dés sont pipés, au détriment de ce qu’il appelle le «précariat» – ce prolétariat précaire, qui ne se définit pas seulement par la faiblesse de ses ressources, mais par son incertitude. Et toujours au bénéfice d’une élite, les «propriétaires de la société».

«Egoïsme de classe»

Chomsky va chercher les racines de ces inégalités jusque chez les pères fondateurs des Etats-Unis, nourris à la pensée d’Adam Smith : «Tout pour nous et rien pour les autres, voilà la vile maxime qui paraît avoir été, dans tous les âges, celle des maîtres de l’espèce humaine.»L’intellectuel exhume les propos de James Madison, principal auteur de la Constitution américaine, piochés dans les minutes des débats de la Convention constitutionnelle de Philadelphie. Pour lui, la préoccupation majeure de la société devait être de «protéger la minorité des opulents contre la majorité».

L’histoire des Etats-Unis est faite d’une alternance d’ères de régression et de progrès. Les années 60, par exemple, sont décrites comme une «période civilisatrice» majeure – droits civiques, droits des femmes -, à la hauteur de la «puissance de la réaction» qui en a résulté, dès la décennie suivante. Et qui a mis en place l’architecture des inégalités telles qu’on la connaît aujourd’hui.

La lecture de ce dernier opus du penseur américain est, on s’en doute, particulièrement percutante dans l’Amérique de Donald Trump. Sous sa tignasse bouffonne, il personnifie […]

Suite à lire sur Libération, Isabelle Anne, 02-10-2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

47 réponses à Noam Chomsky, pourfendeur d’une Amérique qui sape le rêve américain, par Isabelle Hanne

Commentaires recommandés

Duracuir Le 03 décembre 2017 à 09h44

 

 

Parce que soyons clair, les USA, c’est quoi? On peut réduire ça à la Nouvelle Angleterre puritaine qui aurait préempté l’efficacité capitalistique des Hollandais de New-York, cette alliance irradiant ses valeurs et intérêts sur tout le nord est. Puis, alliée au Sud, elle extermine les Mexicains pour augmenter le lebensraum. Puis, gêné par le Sud, elle l’extermine en pretextant, à postériori, une abolition d’esclavage, esclave à qui elle se gardera bien de donner le moindre droit pendant encore un siècle. Le Sud soumis, elle extermine gaiment les millions de natifs “sauvage sans pitié ni merci” au nom de la civilisation pour augmenter le lebensraum. Puis, elle fait péter un de ses propres cuirassé pour pouvoir exterminer la présence Espagnol et installer des régimes bananiers partout à la place. En faisant quelque millions de morts au passage au nom de l’humanisme. Puis elle vient tirer les marrons du feu d’une guerre européenne où elle se gave et s’allie avec le plus fort du moment. Puis, elle se fache avec les Japonnais qui ont le toupet de leur marcher sur les pompes en Chine. Et, au nom des droits de l”homme, elle accule ce pays à une guerre qu’il ne peut pas gagner. Elle aide des fachisme et nazisme anti-communiste(sa terreur absolue), puis se gave encore plus de la nouvelle guerre et intervient en sauveur une fois que tout est fini, à peu de frais, et installe ainsi un impérium quasiment mondial. Puis, la paix venue, elle invente un ogre soviétique agressif inexistant pour justifier des millions, des dizaines de millions de morts au nom de la Liberté et remplacer les anciennes puissances coloniales. Puis, elle invente la guerre aux droits de l”homme à géométrie variable pour inventer le post colonialisme: la transformation en anarchie sanglante tout état qui résisterait à son impérium. Démocratie?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.