Hong Kong : les États-Unis derrière le mouvement des parapluies ?

Hong Kong : les États-Unis derrière le mouvement des parapluies ?

05OCT

Celui qui croît encore qu’à Hong Kong, de gentils étudiants défendent la démocratie est soit un naïf, soit se trompe volontairement pour mieux nous conduire tous au désastre… Il serait temps de considérer le caractère répétitif de la stratégie US, qui en général se combine très vite peu après au soutien des assassins (note de danielle Bleitrach)

© Chine Informations – La Rédaction, le 01/10/2014 15:03, modifié le 05/10/2014 08:52

Hong Kong : les États-Unis derrière le mouvement des parapluies ?

A première vue, les manifestations à Hong Kong semblent légitimes. En effet quoi de plus normal que des Hongkongais demandant le droit de voter pour leur prochain leader, le chef de l’exécutif en 2017 ? Mais en y réfléchissant un peu plus, on se dit que forcément, il y a quelque-chose qui cloche.

Une manifestation exclusivement étudiante

Tout d’abord cette manifestation est presque exclusivement étudiante. Les manifestants ne sont que de jeunes adolescents qui n’ont rien à perdre et qui ne désirent qu’une chose : la démocratie. Alors forcément pour ces étudiants, c’est l’occasion d’entrer dans l’Histoire, de raconter plus tard à leurs propres enfants que si le droit de vote existe, c’est parce qu’ils auront manifesté dans les rues lorsqu’ils étaient jeunes. Dans cette optique, aucun d’entre eux ne pense qu’il peut être manipulé par un quelconque groupe obscur.

Et que font les personnes plus âgées ? Que pense Jacky Chan de cette « révolution » ? Les Hongkongais sont pour la plupart issus de classes aisées réalisant des affaires juteuses avec le Continent. Il serait indéniablement mauvais pour leurs affaires ou leur carrière de s’opposer ouvertement au gouvernement central.

Une communication efficace

Un point marquant de ce mouvement, c’est qu’il est parfaitement organisé. On est en droit de se demander comment autant d’adolescents réunis ont pu s’organiser d’une telle façon.

Tout d’abord, il n’y a eu aucun débordement, aucune violence, aucune voiture brûlée, aucune vitrine cassée et les déchets sont même ramassés et recyclés. Certes, on le sait, les Hongkongais sont particulièrement bien éduqués mais à ce point, c’en est troublant.

Que dire des photos en HD avec des milliers d’étudiants, à qui on a demandé de mettre leur Smartphone en mode torche pour prendre de belles photos de Hong Kong de nuit. Il faut dire que c’est le genre de média qui devient aisément viral sur les réseaux sociaux comme Facebook.

Il y a aussi cette histoire d’application française pour Smartphone que tous les étudiants de la manifestation utiliseraient pour rester en contact et que les média français, pleins de fierté, rapportent fièrement. Certainement encore un coup de communication bien imaginé. Et oui il fallait y penser : les Français sont fiers de ce qu’ils réalisent et surtout question révolution et manifestation, ils s’y connaissent. Un bon moyen de se mettre les Français dans la poche ?

Enfin (et surtout), Le journal South China Morning Post (SCMP) est devenu le média de référence pour suivre en temps réel ce qui se passe dans les rangs des manifestants. Il offre une couverture et une publicité sans faille au mouvement contestataire. Étrangement, le célèbre journal rapporte de nombreuses exclusivités invérifiables ailleurs et semble avoir des liens très privilégiés avec certains manifestants. Les articles traitant des manifestations sont d’ailleurs les seuls signés « Staff Reporters » (ou « équipe de journalistes » en français) alors que les articles abordant d’autres sujets sont signés des nom et prénom de leur véritable auteur.
Sur son site, les informations liées aux manifestations sont particulièrement mises en avant et sont les seules à être accessibles gratuitement, là ou il est normalement nécessaire de souscrire à un abonnement pour consulter les articles.
Le SCMP a même donné un nom et proposé des logos pour cette manifestation qui s’appellerait désormais la « Révolution des parapluies », apparemment -mais pas que- en hommage à quelques manifestants qui, dès le début, se protégeaient des bombes lacrymogènes par de simples parapluies.

Hong Kong : les États-Unis derrière le mouvement des parapluies ?

Un « Tian’anmen » bis ?

Lorsque la police jette légitimement quelques fumigènes pour disperser la foule, les étudiants rapportent aux médias et sur les réseaux sociaux des propos de cet acabit : « Si la police continue d’utiliser la force contre des civils innocents, on pourrait faire face à un autre massacre comme celui de Tian’anmen en 1989. »

Une réaction étonnante qui donnerait presque l’impression que c’est exactement ce qu’ils attendent : un faux-pas de la police ou du gouvernement pour plus tard être soutenus internationalement. Car on le sait, les occidentaux sont outragés par les événements de 1989 et un autre « massacre » du genre mettrait le monde entier à dos de la Chine. Mais qui aurait cet intérêt ?

Hier justement circulait une rumeur comme quoi l’armée chinoise était en route pour déloger la foule. Celle-ci fut vite démentie par Cy Leung, l’actuel Chef de l’exécutif.

Les responsables du mouvement

Si quelques médias occidentaux ont fait de Joshua Won, 17 ans, le leader de mouvement, ce dernier n’a pas été lancé par lui. Joshua, connu pour sa forte implication politique, est seulement et intelligemment utilisé comme emblème des manifestations.

D’après le très sérieux South China Morning Post qui scrute et rapporte au jour le jour le moindre détail des manifestations, l’homme derrière le mouvement « Occupy Central » s’appelle Benny Tai, un professeur de droit à l’Université de Hong Kong.

Le journal cite également comme coorganisatrice, Audrey Eu Yuet-mee, présidente du Parti civique, et unique représentante à ce jour du camp pro-démocratie pour les élections en 2017.

Les vrais responsables du mouvement ?

Notre analyse pourrait s’arrêter là si le South China Morning Post (qui offre un support idéal et visible internationalement aux manifestations), Benny Tai (qui a lancé le mouvement) et Audrey Eu (celle qui pourrait devenir Chef de l’exécutif en 2017 si les étudiants arrivent à faire plier Pékin), n’avaient pas de point commun… Cependant, ils ont tous un lien étroit avec le National Democratic Institute (NDI), un think tank américain lié au Parti démocrate qui, dans le cadre du National Endowment for Democracy (NED), tente de promouvoir ladémocratie dans le monde (cf. Wikipédia).

Benny Tai et Audrey Eu interviennent régulièrement aux forums organisés et financés par le NED et sa filiale NDI.

Ce mois-ci, Benny Tai a parlé de sa conception de la démocratie à Hong Kong lors d’une conférence sur la réforme politiquefinancée par le NDI. Il est également actif à la faculté de droit de l’université de Hong Kong elle aussi entretenue financièrement par le NDI.

En 2009, Audrey Eu était conférencière invitée à un forum sur les politiques publiques, financé par le NDI. En 2012, elle a participé à un autre événement sponsorisé par le NDI, à l’occasion de la "Journée internationale de la femme". Le Hong Kong Council of Women dans lequel elle est impliquée, est soutenu financièrement par le NDI.

Les liens entre le South China Morning Post et le NDI sont moins clairs mais pour tout rapport publié concernant la démocratie à Hong Kong, le NDI ne cite presque qu’exclusivement le SCMP, ce qui est étrange pour un organisme qui prône la démocratie et donc la diversité.

Depuis 2012, Joshua Wong est quant à lui suivi de près par le NDI qui, dans un article intitulé « A Hong Kong, le changement commence-t-il avec un simple pas ? », voit déjà dans le jeune garçon de 15 ans, « une icône du mouvement », ajoutant « et ses interactions habiles avec les médias ont été immortalisées et diffusées sur Youtube. Grâce à cette page, les jeunes de Hong Kong ont adhéré grâce à  des expressions comme "lavage de cerveau" ou des thèmes faisant écho au mouvement pro-démocratie de la place Tiananmen en 1989. »

Martin Lee, Jimmy Lai à la tête du groupe de médias Next Medias dont le quotidien Apple Daily est le fer de lance, et Monseigneur Joseph Zen, également cités par le SCMP comme coorganisateurs des manifestations, ont tous également participé en tant qu’intervenants à des conférences sur la démocratie à Hong Kong, financés et organisés par le NED. Et la liste des leaders du « mouvement des parapluies » attachés au NED et au NDI est encore longue.

De ces observations, force est de constater que l’organisation américaine pourrait bien avoir orchestré le mouvement étudiant.

Que veut le NED ?

Le National Endowment for Democracy et ses diverses filiales, y compris le National Democratic Institute, sont soutenus par des entreprises américaines ayant d’immenses intérêts financiers. Parmi elles, on trouve Boeing, VISA, McDonald’s, Hilton Hotels & Resorts ou encore Citigroup (dont le logo est un parapluie).

Hong Kong : les États-Unis derrière le mouvement des parapluies ?

La démocratie comme la rêve le NDI permettrait d’ouvrir les portes à des candidats au poste de Chef de l’exécutif au service des intérêts américains plutôt que chinois.

Il y a quelques heures, la Maison Blanche a officiellement annoncé son soutien à la « révolution hongkongaise ». Dans un article de Reuters, on peut lire : «  Les États-Unis soutiennent le suffrage universel à Hong Kong en conformité avec la Loi fondamentale, et nous appuyons les aspirations de la population de Hong Kong. »

La Rédaction

 

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Publié par histoireetsociete le octobre 5, 2014 dans Uncategorized

 

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