Avesnois: La cabale continue – les Gilets jaunes sous haute surveillance ?

Fichés, suivis, escortés, verbalisés ! Les Gilets Jaunes de l’Avesnois sont victimes d’une véritable cabale Préfectorale et d’un harcèlement judiciaire intensif, jusqu’en dehors de leur département.

Avesnois: La cabale continue – les Gilets jaunes de l’Avesnois sous haute surveillance ?

Il y a quelques semaines, nous dénoncions une véritable cabale lancée par le Préfet du Nord et la police de Maubeuge contre Emmanuel Evrard, Gilet Jaune Maubeugeois (59).

Ce samedi 7 mars dernier, certains faits tentants à confirmer notre ressentiment, sont encore venus s’ajouter à la déjà trop longue liste.

Fichés, suivis, escortés, verbalisés !

Le contexte.

Samedi 7 mars 2020, une manifestation, acte 69 « appel national », est organisé à Amiens, par le collectif « Les réfractaires du 80 ».

Les gilets jaunes de l’Avesnois dont ceux de Maubeuge, s’organisent depuis plusieurs jours pour y participer, comme ils le font depuis maintenant plus d’un an, lors d’appels nationaux dans d’autres villes comme entre autre, Lille et Paris.

A leur arrivée à Amiens, première surprise, le dispositif de maintien de l’ordre mis en place est sans commune mesure, hélicoptère de surveillance, brigade fluviale en zodiac, deux canons à eau.
Un dispositif impressionnant de CRS, Gendarmes et B.A.C est également déployé dans la « Ville à Macron ».

Comme le précise « Le courrier Picard » dès « 8 heures – police locale, CRS et gendarmes mobiles se déployaient pour bloquer les accès au centre-ville aux manifestants. Le tout alors que la préfecture de la Somme n’a autorisé qu’un rassemblement statique au point de rendez-vous : le campus Citadelle.

En réalité, ce n’est que la veille dans l’après-midi que le Préfet aurait finalement interdit la manifestation à la base déclarée et à laquelle toute la "Ville à Macron" s’était préparée, limitant l'événement en une manifestation statique, sur l’esplanade bordant le boulevard des fusillés.


Amiens, rue des Trois Cailloux (Caisse d’Épargne). 07 mars 2020.

Fait malheureusement ignoré par nombre de manifestants et en l’occurrence par les Gilets Jaunes de Maubeuge qui selon eux, ne se seraient pas déplacés si loin si ils en avaient dès le départ eu connaissance.

Une fois sur place, ils décident finalement vu la distance, de rester et de toute manière dès 11 heures, les forces de l’ordre bloquent tous les accès du centre ville aux manifestants et le parc de la Hotoie se retrouve quadrillé par un escadron de gendarmes mobiles et de la police nationale locale.

Selon nos contacts, vers 14 heures, commence alors le début de ce qu’on appelle en language courant, la nasse, d’où impossibilité de quitter la zone.

Les faits !

Dès lors nos « Gj » de l’Avesnois remarquent que parmi la foule se promènent des policiers, lesquels auraient une « Farde » contenant des photos d’individus, le tout classé par région. L’une des Gilets Jaunes de l’Avesnois nous précisent qu’à son arrivée, alors qu’elle était fouillée, avoir entendu une communication par TW, je cite ; « Evrard arrivé sur la zone, il faut le surveiller, vêtu de… » précisant dans la communication la description vestimentaire de celui-ci.
Haïcha Balligand nous confirmera, elle aussi, la présence d’un « Commissaire » tenant un « dossier » contenant un fichier d’individus, classés par villes.

(NDLR) Dans les faits vérifiés auprès d’une membre du « collectif des réfractaires du 80 » il ne nous est pas confirmé la présence de cette « Farde » mais on nous confirme que les policiers prennent les identités de manifestants au hasard et qu’ils vérifient ensuite sur une « tablette ».
ladite « Tablette » contiendrait effectivement un fichier reprenant les noms et photos de certaines personnes, néanmoins la possibilité de la présence de cette « farde » ou « dossier » n’est pas écartée par ledit collectif .

Plus tard dans la journée, Haïcha Balligand s’étant directement écartée avec quelques autres « Gj », voyant que la nasse se mettait en place, remarquera que ledit commissaire la montre du doigt, elle en prévient les autres et leur demandera alors de quitter les lieux car elle ne se sent pas à l’aise.
Ce faisant, une vingtaine de policiers se sont alors mis à leur courir après, ils ne leurs échapperont qu’en se réfugiant dans un « café » où ils resteront près d’ une heure avant de se décider de retourner à leurs véhicules.

Sur la place, vers 15h30, les forces de l’ordre décident enfin de laisser partir quelques manifestants, les faisant contourner le dispositif de sécurité et leur indiquant le chemin à suivre, Emmanuel Evrard est de ceux-là.

« Manu » emprunte le chemin indiqué par les FDO afin de se rendre à son véhicule, mais à peine a-t-il parcouru 500 mètres que déjà il subit une fouille en règle avec confiscation de matériel et quel matériel ! Une trentaine de Stickers des Gj de l’Avesnois et un pin’s Gj, s’en suit un contrôle d’identité, le tout se soldera par un pv de 135 € pour se trouver sur un « périmètre interdit » motif « suspicion de participer à un attroupement » !

Pour le reste du groupe des Gilets Jaunes de l’Avesnois, le retour aux véhicules se passera bien, Haïcha Balligand, nous explique que c’est alors qu’elle arrivait au parking avec les cinq autres personnes, que soudainement, plusieurs véhicules de police surgirent gyrophares allumés et toutes sirènes hurlantes, ils les bloqueront alors sur le parking et verbaliseront tout le monde pour le même motif, « regroupement illégal sur un périmètre interdit » !

(NDLR)
Là encore questionnée sur le sujet, notre contact du « collectif des réfractaires du 80 » nous confirme que depuis le début des mobilisations contre le projet de réforme des retraites, la brigade anti-criminalité (BAC) d’Amiens a pris cette nouvelle habitude de suivre les manifestants et de les verbaliser lorsqu’ils s’en retournent à leurs véhicules.

A ce même moment, Emmanuel Evrard, qui arrive par l’autre entrée du parking, se trouve bloqué lui aussi, par un véhicule où les usagés s’adresse à lui en ces termes « n’allez pas plus loin monsieur Evrard », « Manu » leur répond poliment qu’il se rend simplement au véhicule près duquel il doit attendre le chauffeur, l’agent lui répond alors « rassurez-vous, Monsieur Evrard, il doit être derrière avec l’équipe de Maubeuge » .


A la question de « Manu » de savoir quelle est leur raison d’être là, il lui sera simplement répondu, « Nous sommes chargés de vérifier le départ de Maubeuge ».

Le groupe de Gilets Jaunes, prend enfin le chemin du retour lorsqu’il remarque qu’ils sont suivis par ce même véhicule, ils décident alors de s’arrêter afin de savoir les raisons de cette « escorte ».

La réponse donnée par les agents à bord, n’en est pas moins surprenante, « Nous avons ordre de suivre Maubeuge, jusqu’à la sortie d’Amiens, Madame Balligand il est temps de rentrer chez vous « Maubeuge » « .

Le véhicule les a en réalité suivit jusqu’au péage de Cambrai, s’arrêtant et les attendant lors de leurs différents arrêts, pour manger et ensuite pour prendre un café dans une station d’essence.

C’est au final, exténués par cette véritable cabale qui les poursuit maintenant depuis des mois et à présent jusqu’au dehors de leur propre région, que les Gilets Jaunes de l’Avesnois sont rentrés chez eux, pour la plupart délestés de 135€ d’amende alors qu’ils se trouvaient sur une manifestation déclarée !

La question qui se pose à présent est, tout cela est-il bien légal ou à tout le moins nécessaire ?

Fichés, poursuivis jusqu’au retour à leurs véhicules, dans le seul but de les verbaliser sous un prétexte fallacieux !


Les Gilets Jaunes de l’Avesnois sont-ils de dangereux extrémistes nécessitant de telles mesures et méritant une cabale d’une telle ampleur ?

Le Préfet du Nord, n’outrepasse-t-il pas la commune mesure dans son obsession envers les "Gj de l’Avesnois " ?

Autant de questions que l’on est en droit de se poser et auxquelles les Gilets Jaunes de l’Avesnois sont décidés à obtenir réponse.

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©Darius Fawkes (ISSN 2684-2718)  pour WPA – TVPC – VOXIVITAS 
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