le médecin imaginaire

Le médecin imaginaire ne sait pas soigner mais il sait vitupérer. il sait hurler, débattre, agiter le chiffon rouge de la mort imminente. Il ne sait pas pourquoi ni comment, il ne sait pas vraiment ce qui circule ni où ni quand, mais il assène, il tranche, il trouve un coupable et le coupable c'est le patient!

Coupable de vivre et de vivre en société, coupable d'être vieux, coupable d'emmerder son monde avec ses maladies chroniques. 

Les coupables, on les punit, on leur donne des tour de vis pour les faire rentrer dans les cases assignées par le capitalisme patriarcal, travailler plus pour vivre moins, travailler plus pour le profit de la nation et des industriels, et le week-end regagner sa cellule.

Quel bel idéal! quelle joie de vivre! Quelle vision d'avenir d'une société radieuse comme ces cités où pourrissent les rêves. 

Nous, les actifs, les sans-grade, allons trimer fleur au masque, fermons nos gueules et hibernons le week-end, bien sagement, le temps que le médecin imaginaire trouve un vaccin, un traitement, des lits, du personnel, un autre coupable ?

Aérons-nous virtuellement, aimons-nous virtuellement, rions virtuellement, 

révoltons-nous vraiment ?

 

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