Nous avons un besoin urgent d’utopies

Notre monde actuel est le fruit d’utopies mises en mouvement. Un marché mondial libre et dérégulé ou une vaste ZAD autogérée, sont des utopies devenues concrètes. Qu’on le veuille ou non, les rêves, les imaginaires de quelques-uns dessinent des horizons et esquissent des réalités pour de nombreux autres.

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N’en déplaise aux défenseurs du statu-quo, aux empêcheurs de rêves et aux tenants du “ça ne marchera jamais”, il est plus qu’urgent de construire le monde d’après dès maintenant. Nous avons un besoin plus que jamais d’utopies concrètes et palpables. Exactement ce que nous souhaitons documenter avec cette série documentaire. Alors montez à bord !

Les crises multiples que nous traversons - sanitaire, économique, écologique, politique - nous poussent à repenser le réel et à le réinventer. Celles et ceux qui convoquent le pragmatisme pour chasser rêves et idéaux, ne font que renforcer l'ordre établi. Celui-là même qui nous a mené jusqu'ici. Si l'on ne rêve pas, comment imaginer d'autres possibles ? Voilà pourquoi il nous semble crucial de partir à l'abordage de nos utopies, de s'y confronter dans le réel, et de le faire dès maintenant.

Notre projet est aussi simple que paradoxal : documenter les utopies autour du monde en réalisant une série documentaire de 4 ou 5 épisodes d'une heure chacun. Aller à la rencontre de celles et ceux qui pensent et habitent ces utopies, pour voir ce qu’elles racontent, comprendre ce qui les a fait naître, appréhender leurs limites.

"Utopiste", depuis le XIXe siècle, est jeté comme une insulte et brandit comme chef d'accusation pour poursuivre celles et ceux qui entendent user de leur pouvoir d'agir, leur vraie liberté, au nom de l'égalité. Exploratrice des archives et du réel des groupes utopiques, l'historienne Michèle Riot-Sarcey, 6e invitée de nos entretiens "En attendant Utopie(s)" nous propose un voyage historique depuis les racines des utopies jusqu'aux ronds-points des gilets jaunes. "Profondément utopiste", telle q © Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)

Reste une question centrale : quelles Utopies ? Nous souhaitons documenter des utopies en mouvement, déjà actives localement. Certaines s'élaborent aujourd'hui même, d'autres sont nées il y a plusieurs décennies et sont encore bien vivantes. Toutes s’expérimentent dans des lieux précis et engagent des collectifs plus ou moins nombreux.

Nous irons à la rencontre d'utopies aux fondamentaux idéologiques divers et parfois opposés : écolo, libertaires, libertarien, égalitaires, élitiste, collectivistes... L'enjeu n'est pas de porter un jugement, ni de distribuer des bons points. Avec ce projet, nous espérons réveiller le désir d'utopie en chacune et chacun de nous. Comme nous l'avons fait avec Démocratie(s) ?. Savoir quelles utopies naîtront de ce voyage n'est pas de notre ressort. Nous sommes simplement là pour affréter le bateau.

Parce que nous croyons dans les marges qui agissent, échouent, réussissent et essaient encore. Parce que nous pensons qu'il existe mille expériences dont nous avons besoin pour interroger les insuffisances de nos systèmes et, peut-être, trouver des façons de nous en extraire.

Les utopies font peur car elles sont des brèches. Elles entrent par effraction dans notre réel. Et déchirent l'ordre existant. Celui-là même tenu par les défenseurs du statu-quo, celles et ceux qui prétendent que “ça n’est pas possible”. Il est plus qu’urgent d’aller documenter ces utopies réelles sur le terrain, pour démontrer que, oui, différents chemins sont possibles. Montez à bord, nous avons d’autres monde à construire.

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Au vu de l’état actuel de notre planète, le recours aux utopies semble désormais être une urgence vitale. Dans le cadre de cette série d’entretiens “En attendant Utopie(s)“, nous en discutons avec le philosophe Dominique Bourg. Un échange passionnant où il est question des imaginaires façonnant nos sociétés, du changement de paradigme historique que nous vivons et du rôle que peuvent jouer les utopies concrètes dans cette bascule. Comme le dit Dominique Bourg : notre réalité à court terme se lim © Licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée)

Qui sommes-nous ?

#DATAGUEULE, c'est avant tout un collectif qui regroupe un grand nombre de métiers de l'audiovisuel. Chaque vidéo produite est le résultat de cette somme d'individualités créatives. Mais puisqu'il faut bien céder aux sirènes de la personnification à minima, voici quelques infos sur ceux qui, au coeur du réacteur, font vivre ce programme presque au quotidien depuis bientôt six ans.

Henri Poulain

Concepteur et réalisateur de programmes audiovisuels singuliers, de documentaires et de fictions. Mon travail consiste à tracer l'improbable parcours de l'idée qui surgit à l'objet partagé. La structure, le récit, les dynamiques de prises de vue, le cadre, le graphisme, le montage image et son, l'interaction image & musiques, l'étalonnage, le mixage sont autant d'obsessions que je serais heureux de partager le temps du trajet de ce film en commun.

Julien Goetz

Acteur et auteur, j'ai également suivi une formation et travaillé plusieurs années comme journaliste. Co-créateur de Datagueule aux côtés d'Henri il y a six ans, je creuse les sujets et fouille la matière éditoriale avec Sylvain et Henri puis je me charge généralement d'écrire les scripts quand une voix-off est nécessaire. Une fois ce texte rediscuté, corrigé et ajusté avec mes deux camarades, j'enregistre la voix : "Bonjour !" :)

Sylvain Lapoix

Journaliste indépendant sur le web et le papier et coopérateur militant des données ouvertes au sein de la Scop Datactivist, j'ai rencontré Julien lors de l'aventure OWNI.fr. Monté en marche avec programmes et bibliographies, je rassemble depuis les sources, traite les données et rassemble le gros de l'enquête que nous affinons collectivement avec Julien et Henri quand je ne jette pas une plume aux scripts de la série.

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