La planète brûle, mais la presse regarde le doigt du prince.

Aujourd'hui, le carnet de bal de la presse est bousculé par Notre Dame. La presse ne sait pas gérer 2 "unes" simultanées qui ne sont pas liées entre elles, elle ne sait pas faire, c'est le principe de la "une".

Pas la place, ni dans les maquettes, ni dans l'audimat. Mettez-vous à la place d'un éditorialiste, comment parler des deux ? On n'apprend pas ça à l'école des journalistes. Tout le monde n'a pas le talent de Riss.

C'est pas de chance, c'est mauvais pour le tiroir-caisse. Alors, les gilets jaunes sont mis de côté, ils peuvent attendre. Des deux unes on choisit la plus rentable, la plus chaude, et on développe sur son importance. Hiérarchie du prince. La planète brûle, mais la presse regarde le doigt du prince.

Car imaginez que la presse se fasse l'écho aujourd'hui des informations qu'elle détient sur les annonces d'Emmanuel Macron, alors que ce dernier en a déprogrammé la diffusion. Tient, c'est Emmanuel Macron qui programme ?

Et pourquoi a-t'il déprogrammé ? La réponse est simple : pas de place médiatique à cause de Notre Dame. Le dragon se mord la queue. Heureusement, Charlie veille.

Voilà à quoi sert d'acheter les médias... et de fabriquer un prince. La presse corvéable a rangé la "une" alléchante qu'elle "teasait" depuis trois jours pour une autre "une" encore plus alléchante car tellement soudaine. Pour la "une" travaillée depuis 2 mois prévue par le prince, la presse est seule à avoir visionné le discours et seule à connaitre les "décisions" du prince. Mais la presse n'a pas eu sa conférence réservée en tête à tête avec le prince, et le prince a demandé à la presse... le tirage et l'audimat auraient été tellement déplorables. Notre Dame lui aurait fait de l'ombre.

Alors le peuple n'a pas le droit de savoir. Ou plutôt, on décide que le peuple n'a pas le droit de savoir. Le sujet n'aurait intéressé que les gilets jaunes, et ce n'est pas la volonté du prince.

Voilà qui confirme ce que Juan Branco nous explique sur la fabrication du prince et sa cour politique et médiatique. Son livre "Crépuscule" est préfacé par Denis Robert ( https://www.facebook.com/deniroro57 ), le journaliste qui s'est fait dézingué par les politiques et les multinationales pour avoir révélé le lessivage d'argent sale dans les banques luxembourgeoises.

À lire pour devenir moins bête : https://www.youtube.com/watch?v=mwlmlWutxyc

Faites comme Quasimodo, trouvez-vous une gargouille pour vous isoler de ce monde qui marchande tout, même l'effondrement de Notre Dame. Le temps de lire, un peu, pour s'ouvrir les oreilles et se taper le front.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.