Concert : Steroid Maximus

Auteur d'une œuvre protéiforme, Jim G Thirlwell aka Foetus mais aussi Clint Ruin, Manorexia, Wiseblood, ou encore DJ Otesfu n’en a pas moins gardé une bonne cohérence devant la salle habitellement comble du Centre Pompidou.

Steroid Maximus © DR Steroid Maximus © DR
Il s'est aussi révélé sous les traits d'un compositeur hors-pair en conduisant une adaptation scénique de Ectopia, le troisième album de son projet instrumental Stéroïd Maximus sorti en 2002 chiez Ipecac -label californien de l’éminent Mike Patton. 

À Paris, le new-yorkais pilotait un ensemble de 18 musiciens européens réunis ad hoc pour une tournée continentale. Ceux qui connaissaient les titres ont surmonté les doutes liés aux premiers temps d'un concert très conforme à l’album. La performance live de Steroid Maximus a progressivement pris le dessus, tant elle relevait du grand spectacle. Le son directement inspiré de bande originales seventies -polars jazz, films d'espionnage et Blaxploitation- était manipulé, trituré, parfois mâtiné d’exotica pour gagner en texture et composer, morceau après morceau, un voyage cinématique du plus bel effet.

Insaisissable, allant toujours vers où on ne l'attendait pas, JG Thrilwell a dirigé son big band avec une incroyable maestria, parvenant à insuffler à la salle toute l'énergie de belles plages telles que Seventy Cops ou Chain Reaction, déridant ses sobres saluts au fur et à mesure qu'il gagnait l'adhésion d'un public pourtant déjà acquis. Celui qui se définit lui-même comme un control freak, n'a pas hésité à reprendre un faux départ à quatre reprises. Lorsqu’on a vu pointer l'ombre d’un Lalo Schiffrin -ou d’un Barry Adamson, on n’a pu que tirer son chapeau pour le gratifier d'un « Bonne chance, Jim. »

Mai 2003

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Steroid Maximus: Aclectasis © JG Thirlwell

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foetus.org

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