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Billet de blog 15 janvier 2016

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Et pourquoi pas une primaire programmatique tout court ?

L'appel lancé lundi dans Libé à une primaire de la gauche et des écologistes a toutes les chances de tourner court. Malgré le vide politique qu'elle se propose, non sans bonne raison, de remplir. Malgré ce grand besoin, salué partout, de débattre et de discuter des choses importantes avant que n'entrent en jeu les grandes manœuvres de la présidentielle. Et c’est bien dommage.

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Pourquoi donc avoir lié la bonne idée, indispensable, nécessaire, d’un débat national, d’états généraux – que tout électeur de gauche et/ou écologiste ne peut qu’appeler de ses vœux – à la question du « qui » sera amené à en porter les conclusions ? N’était-ce pas condamner l’initiative à n’être regardée que par le petit bout de la lorgnette des candidats acceptant ou non de jouer le jeu ? Résultat, une semaine à peine s’est écoulée que le débat tourne autour de savoir s’il s’agit d’une opération pour re-légitimer Hollande, éviter une candidature écolo sans que ceux-ci perdent trop la face, ou poser les bases d’une primaire de la gauche de la gauche, mais sans Mélenchon… Plus rien ou presque sur le fond de l’affaire, qui est de redonner du sens politique à cette présidentielle qui s’annonce comme un festival de stratégies toutes plus retorses les unes que les autres.
Proposer l’organisation d’une primaire programmatique, déconnectée des personnalités susceptibles d’en porter les conclusions, aurait sans doute eu davantage d’avenir. Personne n’aurait pu en contester la légitimité, sauf à s’avouer publiquement indifférent à un travail de discussion, d’élaboration et de proposition possiblement porté par une mobilisation citoyenne significative.
Imaginons un peu une primaire sans prétendant, organisant habilement la discussion sur une série de grandes thématiques, appelant les citoyens à se prononcer sur quelques grands points forts, et accouchant finalement d’un proto-programme par rapport auquel les candidats, quels qu’ils soient, soient bien obligés de se prononcer. Si l’enjeu est bien celui des idées et pas seulement celui de la qualification à tous prix d’un candidat moins à droite que les autres au second tour des présidentielles, un tel scénario ne serait-il pas préférable ?
Imaginons un moment démocratique fort, exigeant, débouchant sur une quinzaine de grandes questions sur lesquelles s’expriment, disons, entre 3 et 5 millions de citoyens (pour faire jeu en légitimité avec la primaire socialiste de 2011). Avec l’organisation de débats favorables à la discussion de toutes et tous, membres ou non d’un parti. Avec une mise en scène médiatique maline – prises de parole populaire, interventions de personnalités, contributions du monde associatif et d’ONG… – des différents temps forts d’un tel processus…
Là, oui, une telle primaire pourrait avoir le rôle politique que ses concepteurs appellent de leurs vœux.

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