Des allemands à Majorque

«Nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et certains avoir beaucoup de vacances et d'autres très peu, à la longue cela ne va pas.» (Frau Merkel, 2011).

Je me fous des clichés.

Oui, Merkel et les allemands aiment "le club Med", Grèce, Espagne, Portugal. Oui, ils aiment ces pays quand ils vont s'y faire griller la peau et boire de la bière à pas cher. Dans les grands complexes hoteliers, ils sont souvent entre eux. Parfois non.

Voici un petit extrait de « Mit Fussfesseln bin ich nicht so flott ». de Florian Ludwig.


« Je me fous des clichés. Je veux aller à Majorque », dit Rita après coup.

« Ca pourrait être intéressant. Et ce n’est pas si cher »répondit Bernd.

Une semaine plus tard, ils étaient assis dans l’avion en direction de l’Allemagne ensoleillée . Pour se distinguer des autres passagers, Bernd s’était acheté un numéro du Tageszeitung (journal de gauche, ndlr), et Rita, « Psychologie heute ».

L’hôtel était correct. Ils n’attendaient d’ailleurs rien de particulier. Les enfants avaient leur propre chambre, leurs rapports sexuels pourraient à nouveau marcher. La plage nudiste directe sous le balcon devrait pouvoir enflammer l’affaire.

Au petit déjeuner, ils se promenaient dans la salle de restauration.Rita en tête. Elle était toujours la meneuse, même en vacance.

Elle freina à la porte battante, sans que cela provoque un carambolage familial. Les quatre jetèrent un œil dans la salle.

Il y avait là une centaine de table, quatre cent chaises, et presque autant d’anglais. Des gamins roux et  des ados aux tâches rousseurs les matèrent. Divers types, portant des maillots d’équipe de foot, chuchotèrent entre eux. Tous les clichés étaient réunis.

Malgré tout le mal possible que s’étaient donnés Rita et Bernd pour ne pas être démasqués en tant que allemands typiques,  la colonie anglaise du petit dej’ a tout de suite reconnu en eux les bouffeurs de choux.

Les anglais commencèrent doucement, puis manifestèrent de plus en plus fort leur « BOUHHHHHHH » !

Rita se souvint alors de son passé radical, et fit trois pas dans la salle.

D’une voix forte et distincte, elle donna à la supériorité anglaise son explication :

« Thank you for bombing Dresden ! »

Le calme se fit durant une seconde. Avant que l’enthousiasme anglais ne le casse.

« Yeahhhhh ! »


 « Avec les pieds attachés, je suis moins rapide »

Florian Ludwig est berlinois, supporters et bénévole du club de foot Tennis Borussia de Berlin. Les supporters du Tebe Berlin sont marqués politiquement : Antifascistes, anti-homophobes, et anti-allemands.

Florian nous raconte son parcours dans ce livre (pas encore traduit) : son engagement pour les squats, son supporterisme, son arrestation disproportionnée pour terrorisme, et bien d’autres anecdotes.

Un livre plein d’humour, d’ironie, et d’autodérision.

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