Un argument souvent cité pour les machines de vote est qu’elles nécessitent moins de personnes pour s’occuper du bureau de vote. On cite la difficulté à trouver des bénévoles pour les élections à basse participation (départementales, européennes). Regardons de plus près.
Les machines de vote automatisent le dépouillement du vote, qui a lieu en soirée et effectivement nécessite des bénévoles en quantité suffisante. Avons-nous des difficultés à trouver ceux-ci ? L’argument du manque de bénévoles semble plutôt tourné vers ceux qui doivent gérer le bureau toute la journée. Or, les machines ne suppriment nullement ce besoin : il faut toujours des gens pour s’occuper de chaque bureau de vote. Tout au plus, me dit-on, peut-on avoir 2 personnes par bureau au lieu de 3, puisqu’on n’a plus besoin d’une personne pour s’occuper de l’urne. Toutefois, me dit-on à propos des élections en Belgique, la tenue du bureau de vote devient alors plus difficile et stressante car il faut gérer les pannes et les citoyen(ne)s (notamment personnes âgées) perdu(e)s devant la machine.
Le dépouillement à la machine aurait en revanche un intérêt clair si nous organisions beaucoup de scrutins le même jour (comme c’est le cas aux États-Unis) ou si nous avions des scrutins au dépouillement compliqué (par exemple certaines alternatives au scrutin majoritaire). Mais ce n’est pas le cas actuellement et on n’envisage pas de réforme à court ou moyen terme en ce sens.
L’impression que cela donne, mais j’aimerais susciter des réactions et témoignages, c’est qu’on a proposé une solution technique à un problème mal défini et peut-être à côté du problème (automatiser le dépouillement en soirée alors que la difficulté est de trouver des gens pour tenir le bureau toute la journée).