Jeannette Bougrab et la presse

Petite information qui n’a, semble-t-il, pas filtrée... Cette histoire se déroule l'après midi du jeudi 27 janvier au siège de la Délégation Interministérielle pour l’Hébergement et l’Accès au Logement des personnes sans-abri ou mal-logées (DIHAL) à Paris.

Petite information qui n’a, semble-t-il, pas filtrée... Cette histoire se déroule l'après midi du jeudi 27 janvier au siège de la Délégation Interministérielle pour l’Hébergement et l’Accès au Logement des personnes sans-abri ou mal-logées (DIHAL) à Paris. Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement, Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie associative, et Martin Hirsch, président de l'Agence du Service Civique, venaient assister à la formation de jeunes consacrant leur service civique à l’aide aux personnes sans-abri.

La presse avait, bien entendu, été invitée par les ministères à couvrir l'évènement, et photographes et cameramen s'étaient déplacés nombreux. Tout avait bien commencé (15h15), table de conférence avec les trois ténors, petits discours, et des jeunes présentant leurs différents projets. Arrivé au troisième (vers 16h), les jeunes signalent qu'ils ne veulent pas de prises de vues par crainte qu'on leur "pique" leur idée, et demandent donc à faire jouer leur droit à l'image.

Tout aurait pu se passer sans anicroche, les journalistes attendant le projet suivant pour continuer leur captation, et ainsi compléter leur reportage (qui n'en était peut-être pas au début mais loin d'être complet), mais au lieu de ça, Mme Bougrab a immédiatement sommé la presse de quitter les lieux.

Fait surprenant et même exceptionnel ! Inviter la presse et la congédier de cette manière avant la fin de l'évènement... Mme Bougrab a-t-elle cru qu'elle pouvait disposer à volonté du quatrième pouvoir ? À une autre époque, moins trouble et de plus grande solidarité entre les agences, les journalistes auraient boycotté le sujet et supprimé leur captation (ça s'est déjà produit), ou au moins parlé de cette intervention. Au lieu de ça seuls 4 ou 5 photographes, très surpris, ainsi qu'une équipe de Canal + ont cherché à savoir ce que signifiait cette invitation, et cette mise à la porte si rapide...

"On vient si on nous invite, et on ne vient pas si on ne nous invite pas !"

M Apparu s'est sans doute senti obligé d'intervenir, car il s'est empressé de se ranger du côté de Mme Bougrab en priant les journalistes de quitter les lieux...


Petit détail me direz-vous... mais je ne pense pas, je le trouve même plutôt révélateur... est-ce normal de ne pas en avoir entendu parlé ? est-ce normal qu'une secrétaire d'Etat se comporte ainsi ? Pour moi ça ne l'est pas, mais je crains, hélas, que ça le soit devenu.

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