Le capitalisme : notre ennemi
Communistes et marxistes n’ont pas oublié la date du 9 novembre 1989.
Pour eux, ce jour est maudit. Le mur de Berlin était détruit et avec lui, le rêve d’une société plus juste, selon la vision communiste.
Les communistes auraient dû se rendre compte que leur société n’était sans doute pas le meilleur choix pour la population. Dès lors où vous devez construire un mur afin d’empêcher les gens de partir, votre projet ressemble plus à une prison qu’à un paradis.
Mais peu importe, les communistes ont la peau dure et l’espoir coriace. Il ont perdu une bataille, mais certainement pas la guerre.
Ainsi, ce capitalisme « vil et infâme » qui s’avéra imbattable de front devait dorénavant être combattu pièce par pièce, morceau par morceau.
Certes, la technique nécessite la patience mais elle est simple : une par une, les valeurs fondamentales de nos sociétés seraient combattues, dénoncées et mises à terre. À l’image d’une corrida où l’on connaît déjà la fin, le monde de la libre entreprise est mis à mort et ses défenseurs n’ont qu’à bien se tenir.
Selon cette logique, on fait feu de tout bois et l’on tire sur tout ce qui bouge.
À l’occasion, la cible est valide. Lorsqu’il s’agit de dénoncer la corruption de nos élites politiques, la répartition imparfaite de la richesse entre les citoyens, le système de santé à l’asphyxie, on se joint avec plaisir au combat.
Pourtant, le plus souvent les dénonciations sont puériles, illogiques et contradictoires. L’identité raciale est devenue une obsession, la cancel culture une plaie, les différences d’opinions sont combattues, un absolutisme moral est né, le révisionnisme historique a pour objectif de détruire la grande histoire qui a fait la France…
À l’heure où Fabien Roussel – secrétaire national du Parti communiste – défend toujours la sortie du capitalisme, on comprend que cet objectif reste présent dans l’imaginaire d’une partie importante des membres de l’extrême gauche, à défaut de s’y retrouver chez ceux de la gauche gouvernementale.
On aimerait un peu plus de franchise de la part des leaders de l’extrême gauche pour replacer cette lutte au centre des débats. Il est toujours préférable d’indiquer d’une façon claire aux citoyens la direction vers laquelle on se propose de les faire aller. À moins qu’on désire les prendre pour des imbéciles ou dit autrement : à moins qu’on estime la population pas assez intelligente pour comprendre la « beauté » de cet objectif.
La démocratie : notre ennemi
Vivre seul est souvent triste, tandis que la vie à deux est remplie d’imprévus. C’est sans doute pour cette raison que l’extrême gauche s’est trouvé un allié certes surprenant, mais qui représente un poids non négligeable. Ensembles, les deux compères vivent une lune de miel qui sera certainement de courte durée mais que chacun espère voir terminer à son avantage.
Pour les islamistes, les démocraties occidentales représentent le mal absolu, l’immoralité totale.
Mode vestimentaire, interaction entre hommes et femmes, sexualité libérée, loisirs et médias impurs, liberté d’expression, individualisme... La liste est longue des motifs qui – aux yeux des islamistes – rendent nos sociétés haram (interdites)
L’idéal islamiste est simple : une société dans laquelle les individus vivent selon les critères de la sharia (loi islamiste) et dans laquelle les dirigeants politiques sont soumis aux dirigeants religieux. L’image parfaite de cet idéal est l’Iran où l’importance du Président est nulle car dépendante de la volonté du guide spirituel suprême.
Selon cette logique, la démocratie n’a pas de sens si ce n’est lorsque les candidats aux élections sont tous sélectionnés par les autorités religieuses ; c’est exactement ce qui se passe en Iran.
Il existe également un aspect dont on parle peu dans les médias, mais qui pour les islamistes est primordial : selon l’islam, nous sommes tous musulmans, dès la naissance.
L’explication est simple : le mot « islam » signifie « soumission ». Selon cette religion, chaque être vivant est soumis à son créateur Allah (Dieu) dès son arrivée en ce monde.
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Il est certain que pour nous qui ne sommes pas musulmans, cette notion représente peu de choses. Pourtant, aux yeux d’un islamiste, il voit en chacun de nous un mécréant qui ne respecte pas les lois islamiques qui lui est ordonné de suivre. Cela a comme effet d’augmenter son envie de nous convaincre à suivre la loi islamique, y compris par la coercition s’il le faut.
Cet idéal de théocratie s’oppose de façon violente à nos démocraties. Pourtant, chaque islamiste sait qu’il ne peut changer la donne en claquant des doigts et qu’il ne doit pas compter sur l’aide des institutions publiques. C’est pour cette raison que les islamistes choisissent la démarche des petits pas.
En quelques années, la situation en France a pris une tournure étonnante pour la plupart des français, mais parfaitement compréhensible pour les islamistes.
- 52% des enseignants s’autocensurent dans leur enseignements (https://www.tf1info.fr/societe/laicite-a-l-ecole-des-enseignants-de-plus-en-plus-exposes-a-ces-questions-selon-un-sondage-ifop-2241209.html);
- Un véritable « séparatisme islamiste » s’est développé au cous des vingt dernières années (https://www.senat.fr/rap/r19-595-1/r19-595-12.html);
- La jeunesse musulmane se radicalise à une allure inquiétante (https://www.senat.fr/rap/r19-595-1/r19-595-12.html);
- L’immense majorité des actes terroristes en France sont le fait d’islamistes (https://www.dgsi.interieur.gouv.fr/decouvrir-la-dgsi/notre-histoire/la-france-face-au-defi-du-jihadisme);
Tout est fait pour que l’islam pénètre la société française d’une façon anodine et en faisant le moins de vague possible. À ce titre, les travaux de la chercheuse Florence Bergeaud-Blacker dressent un bilan effrayant de l’action des Frères musulmans et de leurs méthodes de recrutement et d’endoctrinement auprès de la jeunesse.
Dans tous les cas, il s’agit de miner la démocratie, de combattre les valeurs qui représentent le socle de la société française : la laïcité, la liberté d’expression, le droit des femmes…
Et la pastèque vit le jour
Voici nos deux comparses qui partagent le même objectif : changer d’une façon fondamentale la société française. L’extrême gauche est rouge, tandis que les islamistes sont verts ; ensemble, on les affuble souvent du nom de « pastèque ».
Ce couple contre-nature est une insulte pour le droit des femmes, des homosexuels, de la liberté d’expression et pour une longue liste d’autres droits qui ont été acquis dans la majorité des cas après de longues luttes ; pourtant, c’est ensemble qu’on les voit de plus en plus souvent comme l’a démontré et expliqué le média « Livre noir ».
Cette union devrait nous inquiéter pour plusieurs raisons, mais le calcul politique l’emporte même si c’est au prix de la dignité.
De quelle façon peut-on expliquer les réticences à nommer le groupe du Hamas comme un groupe terroriste?
De quelle façon les écologistes peuvent-ils expliquer le refus de la part de la France insoumise à interdire l’abattage rituel musulman ?
De quelle lutte pour la laïcité parle-t-on lorsqu’on désire annuler l’interdiction de l’abbaye à l’école ?
Pour quelle raison les guerres entre pays arabes qui ont tué – et tuent encore – plusieurs centaines de milliers de personnes ne mobilisent pas les gens de l’extrême gauche, sauf si les morts sont tués par des juifs comme cela est le cas à Gaza ?
L’acoquinage entre l’islamisme et l’extrême-gauche est malsain et dangereux. L’exemple de la ville américaine d’Hamtramck dans le Michigan est instructif.
Dans cette ville, la communauté homosexuelle représente depuis longtemps un pourcentage important de la population. En 2021, le conseil municipal vota en faveur de l’affichage du drapeau arc-en-ciel devant l’hôtel de ville.
En même temps, les autorités municipales s’étaient toujours enorgueillies d’accueillir d’autres communautés menacées, y compris celles dont les membres vivaient de l’extérieur des États-Unis.
Ainsi, au fils des ans, les immigrants du Bangladesh et du Yémen arrivèrent à Hamtramck pour y vivre ; la quasi-totalité de ces immigrants étaient musulmans. En 2015, Hamtramck devint la première ville américaine à élire un conseil municipal dont la majorité était musulmane et tous ses membres des hommes. En 2020, la majorité des habitants de la ville étaient musulmans.
Au mois de juin de l’année dernière, ce conseil municipal vota en faveur de l’interdiction du drapeau symbole de la communauté homosexuelle. Selon l’ancienne maire d’Hamtramck, « il y a un sentiment de trahison (car) nous vous avions soutenu lorsque nous aviez été menacés et maintenant, en menaçant nos droits, c’est vous qui menacez ».
Les deux comparses avaient mené plusieurs luttes ensemble, mais à la première occasion, les islamistes ont montré la porte de sortie à ceux qui leur avaient tendu la main.
Croire dans le peuple
Si le peuple a quitté la gauche, c’est que la gauche l’a quitté. François Mitterrand (à compter de 1983), François Hollande, Dominique Strauss-Khan ou encore Manuel Valls ont tous mené des politiques de centre droit, au mieux.
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L’extrême gauche aurait dû en profiter afin de reprendre le flambeau et mener les luttes qui auraient bénéficié à la majorité du peuple ; c’est plutôt la recherche de spécificités qui devint son quotidien. Passer autant d’années à ignorer le besoin de l’immense majorité des gens à revenus moyens ou faibles à attiré ces personnes aux Rassemblement national ; j’en fait partie.
L’antisémitisme de plus en plus flagrant d’un certain nombre de ses dirigeants s’accorde avec la vision islamiste du monde. C’est dans cette voie honteuse que se fourvoie les leaders d’une extrême gauche qui a perdu ses principaux idéaux.
Récemment, le chroniqueur humoriste Gaspard Proust a dit : « En 1981, les communistes était considérés comme la partie la plus énervée de la gauche française ; aujourd'hui ils sont considérés comme la part la plus modérée, la plus républicaine parce que la plus clairement antiwok et celle qui n'a pas honte de défendre les forces de l'ordre. Ainsi, en 81 ce qui faisait peur aux français, c'était la présence de ministres communistes dans le gouvernement de François Mitterrand. En 2024, c'est leur absence qui inquiète. Qu’en 2024 les communistes puissent être l'élément rassurant d'une alliance à gauche, comme le RN le parti le plus rassurant pour les juifs de France en dit long sur les bouleversements radicaux du monde politique français depuis 40 ans. »
La gauche qui défendait le peuple a disparu ; elle espère revenir sur le devant de l’affiche grâce au vote des banlieues. À ce titre, elle sait que la Palestine est un sujet qui intéresse la population arabe et elle en profite pour importer le conflit israélo-palestinien en France.
S’unir au combat – en défendant le droit à l’avortement, le droit des homosexuels, l’égalité homme-femme et le transgendre – avec des islamistes est une hérésie car ceux-ci s’opposent à toutes ces valeurs.
Vendre son âme, perdre son honneur ; on peut choisir ses termes.
En tout cas, je ne suis pas le seul à avoir fuit cette gauche et à voter Rassemblement national.