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Billet de blog 8 juin 2021

Psychiatrie, 2051

Comment, en 2021, les soignants en psychiatrie, pris dans le réalisme néolibéral et ses impasses sécuritaires, auraient-ils pu s'arracher à une violence qui infiltrait jusqu'à leur pratique et reconstruire une psychiatrie du sujet en voie de liquidation - parce que non ajustée aux exigences d'un logiciel techno-libéral ? Extrait d’une conférence basée sur le livre "À la folie" de Joy Sorman.

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Chers internes de psychiatrie,

Nous fêtons cette année les trente ans de la parution du livre À la folie – il sortait un 2 février 2021. Pourquoi À la folie est-il, et reste-t-il, un ouvrage important au point qu’il va vous falloir l’étudier de toute urgence ? C’est ce à quoi je vais essayer de répondre.

Le livre, le voici, je vous le montre, il s’agit de l’édition originale avec sa couverture crème - vous avez dû, j’imagine, vous procurer la version poche. Les pages que je citerai tout à l’heure, vous m’en excuserez, sont toutes issues de l’édition originale mais vous devriez retrouver les passages auxquels je vais faire référence sans trop de problèmes. On peut d’ores et déjà avancer une chose : lorsque vous refermerez À la folie vous ne serez plus la même personne, quelque chose du soignant que vous êtes aura changé, sa lecture vous aura modifié – c’est tout le mal que je vous souhaite.

À sa sortie il y a trente ans, j’imaginais pour ce livre un destin politique. Nous avions lu À la folie avec des collègues qui partageaient mes préoccupations. Nous nous étions surpris à espérer que sa diffusion réoriente le cours des choses et contrecarre l’acculturation d’un enseignement universitaire réductionniste. Nous nous étions imaginé qu’un travail d’immersion aussi pointu, exigeant et exhaustif, ferait barrage à nombre de pratiques que nous dénoncions depuis des années. Rien de tout cela ne s’est produit : le réalisme néolibéral et les impératifs sécuritaires se sont emparés avec toujours plus de vigueur des leviers de commande, le temps a passé, nous avons fini par ranger le livre et nous rendre à l’évidence : À la folie ne changerait rien, la psychiatrie promise à couler allait bel et bien sombrer, et quand elle serait parvenue au fond de l’eau on comprendrait - un peu tard, il est vrai. Votre tâche est immense, chers internes. Le chantier qui vous attend commence avec ce livre, il m’accompagne depuis longtemps, lisez-le au plus vite parce que tout y est, l’auteure s’appelait Joy Sorman, c’était en 2021, vous n’étiez pas nés, le livre n’a pas pris une ride, ceux de ma génération présents dans cette salle ne pourront pas prétexter qu’ils ne savaient pas : à l’impéritie, nous n’ajouterons pas la lâcheté.

Il aura fallu trente ans et une défaite collective de la psychiatrie pour qu’enfin on rouvre À la folie. Au-delà de ses qualités littéraires – une langue d’acier dans une bouche de velours - vous constaterez par vous-même que le portrait de cette psychiatrie du symptôme était on ne peut mieux brossé, une psychiatrie qui non seulement avait renoncé à être une psychiatrie du sujet mais, pire, s’était faite psychiatrie contre le sujet. Une question vous arrêtera, et cette question vous fera un mal de chien : combien de Franck, Maria, Robert, Jordan et autres suicidés de la société À la folie aurait pu épargner si notre génération avait donné à ce livre le destin immédiat et politique qu’il méritait ? Cette question est bien évidemment celle de la responsabilité de ceux de mon âge dans la pire catastrophe que la psychiatrie ait connu depuis les quarante-cinq mille morts dans les asiles français lors de la seconde guerre mondiale, ce que les historiens ont appelé l’extermination douce.

Rassurez-vous, je ne suis pas venu devant vous refaire l’histoire mais transmettre à ceux qui vont la faire. Ma génération aura bientôt disparu, et avec elle ceux qui ont lu À la folie à sa sortie et ont travaillé ce livre en remerciement du cadeau que nous avait fait l’auteure à l’époque : donner à voir notre point aveugle. Votre congrès, vous l’avez baptisé « Assises du naufrage psychiatrique » : terrible mais juste titre qui nous place sur le banc des accusés puisque moi et les miens étions à la barre. Nous n’étions plus très nombreux à résister en 2021, année d’un interminable hiver de couvre-feux que fut celui de la parution d’À la folie mais aussi d’une politique et d’une campagne électorale qui allaient être dominées par la peur, la régression, l’attaque contre la culture et dont vous connaissez l’issue. Nous autres étions dispersés dans neuf ou dix HP aux quatre coins de la France. La psychothérapie institutionnelle y clabotait. Nous avions donné à lire À la foliedans nos services entrés en résistance. Nous avions fait entré ce livre après avoir lu de nombreux auteurs, je pense par exemple aux ouvrages de Marcel Sassolas (La psychose à rebrousse-poil) et Frédéric Lordon (Capitalisme, Désir et Servitude), ils ne vous diront sans doute rien mais à l’époque, chers internes, nous couplions la lecture d’un psychiatre du dedans avec un non-psychiatre du dehors histoire de faire réfléchir l’institution sur ce qu’elle faisait et ce à quoi elle participait - cela ne nous empêchait pas de commettre des erreurs mais tout au moins de les réduire. Nous étions à l’aube d’un nouveau renfermement de la psychiatrie et de ce qui a été qualifié ensuite de grand démembrement puis de grand abandon - l’institut Montaigne et la fondation FondaMental étant passés par-là. Vous n’imaginez pas ce que cela avait été pour nous - dans ce contexte où le soin emmuré était en train de s’enfoncer - que de lire en équipe À la folie, notamment les plus jeunes, les fraîchement arrivés, les pas-encore-formatés. Ce fut la même émulation que lorsque nous avions lu des années plus tôt Stiegler, Goffman et Foucault ; comme une ouverture en grand des fenêtres, l’impression d’aérer, de chasser jusqu’à cette odeur sur laquelle ouvre le livre, l’odeur de ces légumes bouillis, patients et soignants cuits et recuits. À la folie avait, par son identification brûlante des faiblesses de l’institution, ouvert une brèche dans un horizon barré par l’obéissance et les neuroleptiques. Lire À la folie avait été, et ce n’est pas la moindre de ses vertus, l’occasion de nous pencher sur l’accent circonflexe du mot hôpital, trace du « s » de hospitalité. Nous en étions là, jeunes gens, quand tout a basculé.

À la folie, chers internes, raconte l’accueil fait au fou, l’étrange hospitalité réservée à sa langue et sa différence. Le livre raconte en creux combien soigner entre les murs peut rater sa vocation : être une aventure du langage et de l’altérité. Sa lecture, chers collègues, provoquera je l’espère votre stupeur et un cri identique à celui que j’ai poussé chaque fois que j’en ai tourné les pages. À la folie est une lecture physique, éprouvante. C’est la langue de l’écrivain qui produit ça, et c’est tant mieux. En psychiatrie plus qu’ailleurs, lire d’autres langues est capital : il faut d’abord faire entrer des disciplines allogènes entre les murs (j’entends par-là des disciplines non médicales), nous frotter à tout ce qui pourrait nous sembler étranger (les sciences humaines et sociales, l’ethnologie, la littérature, les arts…) pour qu’ensuite nous ayons une chance de devenir cette piste d’atterrissage sur laquelle la langue du fou vient se poser. À la folie raconte le fracas de cette langue, sa façon d’échouer à se poser faute de piste : elle croit en trouver une quand c’est une terre battue et caillouteuse, hostile et qui fait mal. À la folie confirme une vérité simple : la psychiatrie seule ne vaut rien, absolument rien. Comme discipline repliée sur elle-même et sa mission de gardienne de l’ordre social, non seulement la psychiatrie ne vaut rien mais en plus elle est ravageuse et son issue dangereuse. Sans appui ni ouverture sur l’extérieur, sans support étranger à son champ, sans consultation d’autres sciences, la psychiatrie dégénère, c’est systématique, elle devient marteau, tout problème qui lui est soumis se fait clou sur lequel frapper jusqu’à ce que ça rentre, une psychiatrie d’abrutis - c’est moi qui vous le dis, je n’invente rien, c’est dans les pages d’À la folie, entre les lignes, jamais noir sur blanc, et c’est là toute la délicatesse de l’auteure, sa signature, sa réussite, l’auteure se tenant à juste distance, nous y reviendrons et vous verrez combien cette juste distance est capitale pour la suite de votre pratique.

Close sur elle-même, disais-je, l’institution finit toujours par sécréter du savoir mort, elle se fait nécroscience, machine à aboutir. Allez en bibliothèque, documentez-vous, cherchez les auteurs qui décrivent cette nécroscience dont je parle, vous la verrez œuvrer jusqu’à la seconde guerre mondiale, s’arrêter puis reprendre du service à la fin des années quatre-vingt-dix pour enfin aboutir à ce champ de ruines que ma génération vous lègue et qu’il vous faut désormais rebâtir - le livre vous y aidera. Entre ces deux périodes se trouve une parenthèse psychiatrique évoquée dans À la folie, celle de la psychothérapie institutionnelle traduite le 18 février 1963 par une circulaire de mise en place de la politique dite de « secteur », une politique inspirée des découvertes de Toscquelles, Oury, Bonnafé, des noms qui ne vous disent rien, que vous croiserez dans le livre et qu’il va vous falloir redécouvrir de toute urgence. Elle ne faisait pas de miracles cette psychothérapie institutionnelle, ou alors de tout petits, mais elle s’était constituée comme victoire face à l’indigence réductionniste qui a occasionné cette casse subjective qui nous fait honte - et pose la question à laquelle je vous demande de ne surtout pas répondre : mais qu’est-ce qui a pu, jeunes gens, vous pousser à embrasser la vocation ? Ne répondez pas, ça ne me regarde pas, je veux croire que vous venez à ce métier pour de bonnes raisons. Où en étais-je ? À cette parenthèse « heureuse » de la psychiatrie qu’À la folie évoque et qui gagne à être rappelée et inscrite au registre des pratiques en voie de disparition au moment où l’auteure rédige son livre. Cette pratique, chers internes, je m’éteindrai avant de la voir revenir. Cette pratique était la seule à faire honneur au statut de science des carrefours qu’est la psychiatrie et dont on aurait aimé trouver trace dans À la folie autrement qu’à l’état de micro-révoltes soignantes, d’initiatives individuelles, d’actes thérapeutiques clandestins accomplis sous la seule responsabilité de ceux qui les commettent, des gestes simples commis à rebours d’un cadre oppressant. Vous trouverez dans À la folie des moments de bienveillance, comme une effraction heureuse, une exception à la férocité de la règle, une lueur dans la nuit, un appui au milieu du désastre, je pense à ce Barnabé qui prétexte un rendez-vous fictif, qui prend Bilal par les épaules et l’éloigne de l’infirmière qui l’a rembarré parce qu’elle ne veut rien savoir de sa langue ni de son univers -  on n’est pas à la cité ici, sentez-vous la violence de ces mots-là, chers internes ? C’est aussi et surtout cette violence que documente l’auteure. Je pense également à cette femme de ménage, Adrienne, qui décide de faire alliance avec les fous au nom de l’amour. Si l’amour, chers collègues, est la grande oubliée des psychiatres, c’est parce que l’amour ne se verra jamais à l’IRM.

L’auteure aurait tout aussi bien pu baptiser Science des carrefours son récit d’immersion au sein de l’institution psychiatrique, un titre mauvais et à l’esthétique faiblarde, certes, mais un titre qui aurait rendu audible du lecteur combien l’auteure était parvenue à performer par son travail et la juste place tenue par elle cette position fragile qui fait la force du soignant : être sans cesse au croisement des possibles, à équidistance des enjeux complexes qui traversent l’HP. À vos visages je vois que je vous ai perdus, n’est-ce pas ? Il faut accepter de se perdre en psychiatrie. Se perdre, ça s’apprend. Pour dire les choses autrement, être soignant en psychiatrie c’est accepter l’inconfort de se tenir à la croisée des chemins, tout le temps, à chaque instant, sans panneau pour donner la bonne direction et nous assurer que nous sommes sur la bonne route - vous allez comprendre dans quelques minutes le rapport avec À la folie et son auteure. Être soignant en psychiatrie, c’est faire des choix, mais pas tout de suite, pas dans la précipitation. C’est accepter le régime de l’indécision et de l’erreur, remettre en cause les options prises, nous dire que nous nous sommes trompés, que nous avons mal tenu la carte, pris l’envers pour l’endroit, qu’il faut tout relire autrement et mieux – car apprendre une langue est difficile. Ce peut être, par exemple, cheminer d’abord avec le malade sur les sentiers de sa psychose sans chercher à le contrarier, le laisser s’y engager, l’accompagner sur cette voie, apprendre de sa différence et lui de la nôtre. Ce peut être choisir de lui faire faire demi-tour avec son consentement (parce que la rencontre, la vraie, réaménage le psychotique, vous verrez comme ça peut être magique la parole, ça fait tomber la méfiance) ou contre sa volonté, lui dire ne va pas par-là, lui interdire d’y aller, lui ordonner de faire marche arrière, tout de suite, lui indiquer combien cette voie n’est pas bonne pour lui – ce qui revient à se positionner comme sachant, à un moment et pour un moment, avant de réintroduire de la réciprocité. Être soignant en psychiatrie, c’est parfois assumer d’être un grand-frère, un père, troquer l’horizontalité pour la verticalité devenue nécessaire, refuser sa part à l’infantile qui déjante le sujet et, autant que possible, ne pas infantiliser ce sujet - c’est très difficile à faire, très. Être soignant en psychiatrie, c’est parfois – j’insiste sur le régime d’exception que recouvre le mot parfois - se résigner à prendre la place du mauvais objet, assumer le pouvoir ingrat de faire tomber la nuit sur le jour, de répandre sur un homme ou une femme un rideau de brouillard et, quand il n’est plus possible de faire autrement, assumer de forcer le retour à l’ordre, à un certain ordre, pas l’ordre des flics, mais un ordre comme un retour au calme, le rangé contre le dérangé, et pour cela sortir l’artillerie lourde, brouiller les récepteurs, les radars, remettre à zéro les compteurs, exceptionnellement recourir au reset cérébral, l’ECT, acronyme pour électroconvulsivothérapie - ce qui signifie qu’on place le cerveau dans un shaker électrique, c’est moins barbare depuis que le curare évite les convulsions mais ça reste un traitement de choc, exceptionnel, je ne vous fais pas un dessin. L’utilisation de cette artillerie ne se défend qu’à une condition : avoir des arguments, pris le temps de la réflexion en équipe et avec le patient. Pour vous resituer le contexte dans lequel s’écrit À la folie, on commençait à pratiquer en 2021 l’ECT pour tout et n’importe quoi : ça rapportait beaucoup d’argent parce qu’il s’agissait d’un acte à forte valeur ajoutée dans le système de financement par la tarification à l’acte des établissements de santé de l’époque - je passe là-dessus, vous verrez ça durant votre formation, je l’espère.

Pierre angulaire du dispositif psychiatrique, un personnage qu’il me faut absolument faire surgir devant vous : le législateur – il faut que je vous parle de lui avant de revenir au livre pour que vous sentiez où se situe ce qui rate et que donne à entendre l’auteure d’À la folie. C’est le législateur qui, en 1838, 1990, puis 2011, nous donne le droit (et le pouvoir donc) de disposer des corps et de la liberté individuelle de ceux qui nous sont confiés, cela au titre d’un savoir que nous serions seuls à posséder (je passe sur l’aberration du Juge des Libertés et de la Détention de l’époque chargé d’apprécier au douzième jour une situation clinique pour laquelle il ne dispose d’aucune formation : c’est un détail qui a son importance, il est abordé dans le livre, mais je ne veux pas vous noyer d’informations). Avec le législateur donc, à travers lui et bien au-delà de lui, se trouve l’axe autour duquel les partisans d’une psychiatrie intelligente et humaniste se sont jadis acharnés à travailler. Ce travail exigeant et patient, il n’en était jamais fait publicité, on ne le voyait jamaismontré dans les productions médiatiques de l’époque - sauf dans quelques festivals underground et des plateformes pas vraiment mainstream. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agissait pas d’un travail spectaculaire : on n’injectait pas le contenu d’une seringue dans la fesse des gens, on ne faisait preuve d’aucune violence et si le rapport de force existait (parce qu’il existe, il est instauré par la maladie, la maladie instaure un rapport de force, ne commettez jamais l’erreur de l’antipsychiatrie, chers amis, jamais) ce rapport de force n’était ni visible, ni paroxystique : le travail psychiatrique tournait le dos à la jouissance d’exercer son pouvoir sur l’autre et s’efforçait de ne jamais donner dans la fascination qu’exerce toute violence lorsqu’elle surgit à l’état brut (vous trouverez un passage intéressant à ce sujet dans À la folie, je vous laisse le découvrir par vous-même). Ce travail intelligent, quel était-il ? Vos visages sont de nouveau perplexes : ne vous effrayez pas de ce détour que je vous inflige, la psychiatrie n’est rien d’autres qu’une somme de tours et de détours, on va revenir au livre dans un instant, au cœur de son propos, mais notez ceci : c’est parce que le législateur donne le droit au psychiatre en institution de disposer des corps et de la liberté individuelle des patients, et c’est parce que les patients ne l’ignorent pas (qui signaient à l’époque en bas de page avoir été avertis de ce régime confiscatoire de leurs droits), que justement la psychiatrie en institution doit s’acharner à ne pas exercer ce droit à disposer d’eux. Si la psychiatrie accomplit ça, elle se place à rebours de la Chose toute-puissante qui a droit de vie et de mort sur le psychotique, la Chose avec un grand C, celle qui fait souffrir le malade, qui le fait décompenser, expliquant pourquoi il arrive tout retourné à l’HP. Tant que l’institution ne fait pas usage de la force elle est forte, elle produit du décalage avec la Chose redoutée, elle se constitue sur le mode de l’inattendu, elle déjoue les représentations archaïques peuplant l’univers du psychotique, elle se fait hiatus structurant pour des patients malfoutus sur les plans symbolique et imaginaire. Qu’elle use de la force et que cette force règne au point de devenir règle, alors la psychiatrie disparait. L’institution se dissout elle-même, elle devient l’enveloppe vide dont a besoin la Chose pour s’incarner, elle ratifie le monde du psychotique qui peut dire désormais : la Chose existe, je suis tombé entre ses mains, entre ses murs. Au fou qui prend le pouvoir dans sa tête - comme le dit Michel Foucault - répond la folie en miroir d’une psychiatrie qui prend le pouvoir dans ses murs : la catastrophe n’est pas à chercher ailleurs chers amis, les illustrations de cet écueil ne manquent pas dans À la folie. Vous y lirez combien l’HP échoue à constituer un objet anaclitique fiable - vous apprendrez le sens de ce mot, anaclitique, il fait partie des mots perdus, il veut dire épaule sur laquelle s’adosser et se relever, c’est là une définition toute personnelle que je vous propose.

Chers collègues, je ne résiste pas au plaisir douloureux d’ouvrir avec vous le livre de Joy Sorman. Vous remarquerez que les post-it débordent du livre, ils abondent et sont de toutes les couleurs - il faut dire que le livre nous en fait voir. Je rappelle ce par quoi j’ai commencé mon propos : dans À la folie, tout y est, écrit, documenté, on ne peut pas soutenir qu’on ignorait ce qui se tramait. Le psychotique par exemple, il ne peut pas ignorer combien la Chose qu’il fuit dispose en réalité de lui lorsqu’Elle s’arroge le droit de couper sans sommation ses cheveux ; je parle ici des cheveux de Maria - c’est raconté au chapitre Maléfique Maria, je vous laisse ouvrir le livre et jeter un coup d’œil, vous y êtes ? Lisons ensemble : « on lui a coupé sans sommation ses longues mèches bouclées, pour plus de simplicité », ça vous choque, j’espère ? Mademoiselle, oui vous, si votre voisin vient vous tondre sous prétexte que ce sera plus pratique pour la suite, j’espère que vous vous rebellerez, que vous lui balancerez votre poing dans la figure, parce que ce sera violent de couper vos cheveux sans votre accord, n’est-ce pas ? pourquoi cela deviendrait-il possible entre les murs ? au nom de quoi ? Ça, ce n’est qu’un échantillon de la violence qui couve dans le livre. Vous trouverez une ribambelle de passages à l’acte institutionnels comme on les appelait à mon époque. Je veux partager avec vous d’autres de ces points noirs qui ponctuent nos pratiques, l’un d’eux ouvre le livre, un point d’autant plus noir qu’il est institutionnalisé : saviez-vous qu’« à pathologies équivalentes, certains [pavillons] [sont] fermés en raison des exigences sécuritaires des chefs de service […] tandis que d’autres [restent] ouverts » ? Ça s’appelle la loterie, chers amis. Transposé en chirurgie, c’est comme si, victime d’une appendicite, vous atterrissiez soit dans un bloc opératoire où on opère à la régulière avec un bistouri, soit dans un autre où on y va à la scie sauteuse. Vous percevez le problème ? Autre point problématique, dans le chapitre L’inventaire, que pensez-vous du besoin qu’à l’institution de plier le patient à travers un rite intrusif de soumission qui a pour finalité d’écraser le sujet et que le « à soi n’existe plus » ? On peut passer le jour et la nuit à recenser les utilisations problématiques de l’outil de soin, je n’en ai ni le temps, ni le courage, ni la force, cela fera partie de votre travail de lecture.

À la folie ne doit pas se contenter de susciter votre indignation, sinon quel intérêt aurait ce livre au regard des nombreux récits et témoignages qui documentent déjà fort bien ces univers dits « totaux » parce qu’ils prennent en charge la totalité de la vie de l’individu (je pense aux prisons, casernes…) ? À l’époque de sa sortie, déjà, il m’avait semblé que nombre de commentaires s’en tenaient à s’indigner des conditions de vie et de soins - ce qui n’est déjà pas si mal - mais dont la portée politique restait insuffisante. Or, le matériau même du livre permet d’aller beaucoup plus loin. Ouvrons le chapitre Pour Robert. Lisez le paragraphe qui commence par « Mais quelques jours plus tard, Robert récidive sous le coup de l’ennui, de la mélancolie, du ressentiment… », je vous laisse le lire tranquillement, le temps que je boive un verre d’eau, j’ai la bouche sèche à force de parler. Vous y êtes ? Vous avez lu ? Parfait. L’anecdote mérite qu’on s’y s’arrête, n’est-ce pas ? Je résume : Robert lève la main devant son ergothérapeute et il refuse d’aller au bout de son geste : frapper. Robert met donc en scène une possibilité (frapper) et le renoncement à cette possibilité. Premier problème : Robert se voit signifier sa mise en isolement pour une demie heure. Il lui est précisé qu’il ne s’agit pas d’une punition mais d’une invitation à se poser, autrement dit une prescription. Si c’est une prescription, elle relève du soin, or on sait que ce qui soigne ce sont les mots, leur capacité à nommer la situation et à la symboliser. Les soignants nomment-ils correctement le réel - le réel de ce que fait Robert - et le nomment-ils jusqu’au bout ? Non, ils n’en disent rien, ils disent « Très bien monsieur Alid, la séance d’ergo est annulée, on vous met en chambre trente minutes à la place ». « À la place », sous-entendu à un soin (l’ergothérapie) nous allons substituer un autre soin (l’isolement). L’institution omet le fait capital que Robert se maîtrise. Robert se maîtrise et cette maîtrise est passée à la trappe, elle est forclose par les soignants chargés de la consigner et l’inscrire au registre des moyens efficaces de soustraction à la pulsion. Forclore, c’est œuvrer dans le sens de la psychose – la psychose se nourrit de la forclusion, elle la suppose. Si ce qui arrive à Robert est proprement dramatique, ce n’est pas tant pour des considérations humanistes que thérapeutiques : l’institution se montre en dessous de tout. C’est comme aller au garage avec un pneu à plat pour en ressortir avec deux pneus crevés. Un second problème, majeur lui aussi, est le refus du semblant. Le semblant est la condition sine qua non de notre socialité, il est ce qui la rend possible, il est le mensonge nécessaire à ce que ça tienne entre nous. Le semblant s’apprend, c’est aussi la vocation de l’institution que d’inscrire chez le psychotique la possibilité d’user du semblant. Robert, qui jure qu’il plaisantait, dit soit la vérité (et alors il faisait vraiment semblant, il jouait au type énervé) ou bien il ne plaisantait pas, ce qui est tout aussi probable, il était réellement énervé, il avait vraiment envie de frapper. Dans ce cas, seul compte qu’il ne l’a pas fait et, plus important encore, qu’il use du semblant dans l’après-coup, la blague, ce semblant-ultime à valeur de transaction sociale. Quand on rit de la blague de quelqu’un ou, à défaut d’en rire, quand on l’accepte pour ce qu’elle est (un pacte avec celui auquel on destine la blague), on décide d’être l’égal de ce quelqu’un. Robert qui dit à l’ergo plaisanter c’est Robert qui lui propose de sceller un pacte ici et maintenant. Ce pacte pourrait être une occasion thérapeutique, il se traduirait alors ainsi : « toi, l’ergothérapeute, tu sais que je suis malade, que je suis en dessous de moi-même, habité par mes mauvaises pulsions, prisonnier d’elles, c’est pour ça que je suis hospitalisé, mais tu auras remarqué aussi comme je suis capable de les maîtriser ces pulsions qui me rabaissent, de ne pas leur laisser le dernier mot, je voudrais valoir mieux qu’elles, devenir davantage dans ton regard que la somme de mes antécédents ici, dans cet HP ; je voudrais exister dans tes yeux en être humain comme toi, un être qui se retient, capable de jouer, donc de faire semblant, alors je te propose de dire que c’était une blague et toi que tu fasses semblant d’y croire afin de m’aider à cheminer vers toi et ceux qui travaillent ici ». Cela n’aura pas lieu. Je vous laisse lire l’analyse de l’auteure quant aux injonctions contradictoires de l’institution et la nasse dans laquelle le patient se trouve placé. Elle pose le doigt à l’endroit où la douleur est exquise - comme on disait naguère en sémiologie lorsque le médecin touchait juste.

La force d’À la folie tient à ce que le livre ne tombe jamais – je dis bien jamais - dans ce travers qu’on trouve à l’œuvre dans le discours que je tiens devant vous. Si À la folie percute, c’est parce qu’il laisse le lecteur seul juge ; c’est à lui de se faire son propre avis. Moi, j’assène, je ne vous laisse aucune place, je bombarde, j’affirme, je sais, j’ai tout compris. Captif de mon expérience psychiatrique en prison, à l’HP, en CMP, en hôpital de jour, en appartements thérapeutiques et depuis trente ans avec les fous à la rue ou dans mon cabinet, je parle en partisan. À la folie possède une force que n’aura jamais le plus convaincu des discours militants - raison pour laquelle ce livre doit être étudié : À la folie est une consignation rigoureuse du réel de la chose institutionnelle, il en fait ressortir la complexité, et, au passage, il n’est pas sans rappeler l’exercice clinique virtuose auquel se livraient nos maîtres en psychiatrie, des aventuriers du langage, chercheurs de signes en amont de toute sémiologie consacrée qui n’avaient pas encore fabriqué la langue qui enferme, la prison-pour-tous baptisée DSM. Ceux-là avaient lu, étaient cultivés, ils défrichaient la maladie mentale comme on arpente une terre inconnue ; ils y posaient leur œil, prélevaient, décrivaient, usaient de mots non jargonneux, des mots qui relient, des mots qui n’excluent pas. Des malades ils faisaient des tableaux vivants, ils les dessinaient avec leurs mots. On s’étonnait du sujet croqué. La clinique était vivante - ce qui n’empêchait pas son articulation à des pratiques sadiques ou d’enfermement arbitraires dont nous ne saurions être nostalgiques. Mais cette clinique questionnait ce qui se tenait sous son regard, loin du naufrage par quoi s’achève le livre, Jordan et sa parole assassinée, parole dont il ne reste rien après sa digestion psychiatrique, rien de rien, clinique zéro, savoir-mort, vérité du sujet pulvérisée, liquidation de Jordan.

Et c’est l’auteure qui, ici, restaure la clinique, la vraie, celle qui amorce la rencontre avec l’objet. La voilà la grande force du livre, celle qui surclasse ce travail. À la folie peut et doit se lire comme une leçon de clinique, de retour à la clinique : c’est très important ça la clinique, c’est elle la grande disparue, la laissée-pour-morte. La clinique n’est pas autre chose que cet exercice exigeant, tenu d’un bout à l’autre de l’ouvrage, une investigation mâtinée d’étonnement et de neutralisation du jugement pour avancer vers l’objet, aller à sa rencontre, l’approcher sans le brusquer, le cerner. Comme moi vous suivrez l’auteure et vous prendrez une leçon de patience et de tact sur comment approcher les malades, l’institution et ausculter ce drôle de monde. En bonne clinicienne, vous verrez l’auteure prendre des gants, débuter par le regard, un regard qui panote, panoramique donc, qui prétend à la vue d’ensemble, un regard du tout plutôt que de la partie, le pied de la première rencontre intéresse moins que le corps dans son entièreté, le regard prend son temps, il fait le tour, plonge, glisse sur le décor, le plan de l’HP, son architecture, la distribution des corps à l’intérieur des murs ; les murs justement, inspectés, interrogés : que disent les empreintes laissées dessus, les dessins punaisés, serait-ce de l’art pariétal ? possible, contentons-nous de noter les questions et les signes qui nous viennent, regardons, écrivons, consignons : telle est la démarche du véritable clinicien. Mettez vos pas dans ceux de l’auteure et admirez son approche, sa façon de conjuguer les contraires, comment s’y prend-elle ? elle y va avec envie mais prudence, détermination mais retenue, proximité maisdistance. Surtout elle parle, elle utilise sa langue, c’est à ça que vous devez revenir, chers amis, à cette façon de décrire gens et lieux, il faut revenir aux mots de la langue vivante, pas ceux de la langue morte de la sémiologie. Ouvrez le chapitre La patience de Fabrice : ne vaut-il pas mieux dire de ce jeune homme que « son cœur et sa tête sont comme un arbre foudroyé et déchiqueté par la tempête, plein d’arêtes et d’échardes gigantesques » plutôt que de l’affubler des signifiants « discordance intrapsychique et délire paranoïde » qui standardisent - donc effacent le singulier - et que l’on retrouve dans tous les dossiers ? Votre destin de clinicien, et de soignant, sera différent selon que vous opterez pour des mots sur-mesure ou une langue qui écrête et uniformise.

Votre destin de soignant, disais-je. À la folie amène une question essentielle : qu’est-ce qui soigne ? Lisons ensemble cette phrase : « Maria a une incroyable mémoire, des dates et des visages surtout, celui de son arrière-grand-mère en particulier – elle était immense et centenaire avec une tête de figue séchée, j’aimais beaucoup lui embrasser les oreilles, ses oreilles en parchemin ». Réfléchissez à cette phrase, à la vérité qui s’y loge, une vérité zappée par la clinique contemporaine et qui a abouti à ces assises devant lesquelles la psychiatrie ne pouvait que comparaître. Cette vérité c’est que les gens sont des histoires, des livres vivants, avec des oreilles en parchemin, c’est pourquoi il faut les ouvrir grandes vos oreilles et faire comme l’auteure : existez juste ce qu’il faut mais pas trop, soyez une présence discrète, inspirez-vous de ce que fait le narrateur, il s’incarne un peu, juste de quoi amorcer sa phrase (Maria a une incroyable mémoire…) pour mieux s’effacer dans le style indirect libre et laisser Maria parler. C’est ça la clinique, ça et rien d’autre, l’art de s’effacer pour faire advenir la vérité du malade. La vôtre vaut moins que la sienne. Tout le temps que durera votre traversée d’À la folie, il en sera ainsi et ce sera comme une règle éthique, une question en guise de boussole : quel doit être mon positionnement de sujet, moi qui enquête et qui dois créer la confiance sans laquelle l’aventure s’arrête, obérant toute possibilité de documenter le « quotidien rachitique » de l’HP ou de ce dont souffre mon patient ? Le travail d’adaptation de l’auteure est permanent comme le doit être le vôtre : se précipiter c’est pécher, ruiner, saboter le tableau, perdre le malade. Vous lirez et vous suivrez l’auteure avec fébrilité. Vous vous direz elle va forcément commettre une erreur, un faux pas, un mot de trop ou de travers, toute entreprise clinique passe par des moments où l’équilibre se rompt : on n’existe trop, on se plante ; on n’existe pas assez, il ne se passe rien. L’auteure se débrouille comme elle peut, et c’est dans cette débrouillardise que réside la leçon de clinique. Notez surtout ce point crucial : l’auteure refuse de faire alliance quand on la somme de prendre position. « Être traître à tous » est son credo. Il faut entendre « Être traître à tous [parce que fidèle au réel] ». Un clinicien ne choisit pas son camp : son camp, c’est le réel. En psychiatrie, ce réel s’éloigne toujours à mesure qu’on s’en approche, ça rend la tâche clinique infinie et épuisante, sans garantie d’être dans le vrai, ce qui pose la question de la finalité de l’acte clinique. La finalité de l’acte clinique, c’est le soin, lui et lui seul (tout comme la finalité de la science n’est pas la science mais l’homme), raison pour laquelle ce n’est pas le vrai qui importe en psychiatrie mais le juste. La vérité tue quand la justesse soigne. L’auteure sait-elle qu’elle vient de soigner Maria quand elle dit : « je bricole une réponse, je vous aime bien Maria mais faut pas pousser » ? L’auteure bricole, à juste titre, parce que la psychiatrie c’est du bricolage, y a pas de notice, soigne ce qui est juste, la justesse c’est le sur-mesure de la situation, une rencontre sans fausse proximité ni froide distance, sans mensonge ni fausse promesse, un je vous aime bien(dont il n’est nul raison de douter puisque le livre témoigne de l’empathie de l’auteure pour les personnages qu’elle croise) agrémenté d’un mais faut pas pousser (qui restitue les véritables coordonnées de la rencontre).

Cette justesse, c’est la colonne vertébrale du soin, solide comme le métier sur lequel l’artisan pose l’ouvrage. Vous penserez à ce livre, chers amis, lorsque vous sentirez cette tension désagréable qui s’appelle le doute, lorsque vous ne comprendrez rien à cet homme ou cette femme en face de vous qui vous parle de choses qui vous dépassent et dont il n’est nul besoin de se demander s’il s’agit de dissociation, d’ambivalence, de délire paranoïde ou de discordanceintrapsychique parce que quelque que soit le mot issu de la sémiologie que vous emploierez, ce mot ne soignera pas le malade, il soignera votre ego parti rejoindre cet Olympe où règnent en seigneurs les propriétaires d’une langue aussi ridicule que morte puisque sans aucun pouvoir curatif. À ce triste Panthéon, je vous souhaite de préférer le travail ténébreux des véritables cliniciens : accueillez la folie et le doute, soyez d’humbles équilibristes, restez concentrés sur votre fil ; votre pas se fera prudent, votre attitude calme, ferme, humaine et pleine de bon sens. 

Maintenant que l’heure est venue de vous quitter, je vous laisse sur ce chapitre en forme de clé de voûte, « La Vocation ». Je vous ai confié tout à l’heure espérer que vous veniez à ce métier pour de bonnes raisons. C’est important la vocation. Parce que c’est elle qui objectera en temps voulu à l’abjection qui ne manque jamais de poindre le bout de son nez en psychiatrie. Cette abjection, c’est la soi-disant ligne jaune, la barrière qu’il ne faut pas franchir si vous êtes fou, migrant ou positif aux tests PCR. La barrière appelle le geste, le geste-barrière, c’est le « formateur » qui le rappelle à l’auteure : attention, danger, ne jamais prendre un patient dans ses bras, y a eux et y a nous, frontière, limite, pas le droit. La force du clinicien-soignant est de faire mentir les barrières. Que fait l’auteure face à Maria qui pleure ? Elle la prend dans ses bras (sollicitude du je vous aime bien). Ce qui ne l’empêche pas de traiter Maria comme une alter ego, dingue ou pas (contenance du faut pas pousser). Il est beau de voir une femme étrangère au métier forger son savoir au fur et à mesure de son immersion, de la voir élaborer du savoir qui soigne, du savoir vivant contre du savoir mort qui dresse les cages et trace des lignes jaunes - dont la couleur rappelle les étoiles qui jadis ségréguaient. C’est sous ce ciel cuivré que se dresse mon catéchisme, chers internes, et il démarre avec ce geste : ce livre à la couverture crème, regardez-le bien, je le brandis devant vous une dernière fois, parce que sur ce livre vous bâtirez votre Église afin qu’en psychiatrie la puissance de la mort ne l’emporte pas sur l’amour.

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