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Billet de blog 8 mars 2015

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La vérité, c'est qu'il n'y a pas de vérité.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pour qui a perdu un véritable amour, il se reconnaîtra dans ce poème là... Pablo Neruda

Poème XX

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.

Écrire, par exemple: “La nuit est étoilée
et les astres d’azur tremblent dans le lointain.”

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.

Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Je l’aimais, et parfois elle aussi elle m’aima.

Les nuits comme cette nuit, je l’avais entre mes bras.
Je l’embrassai tant de fois sous le ciel infini.

Elle m’aima, et parfois moi aussi je l’ai aimée.
Comment ne pas aimer ses grands yeux fixes.

Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit.
Penser que je ne l’ai pas. Se désoler de l’avoir perdue.

Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.
Et le vers tombe dans l’âme comme la rosée dans l’herbe.

Qu’importe que mon amour n’ait pas pu la retenir.
La nuit est pleine d’étoiles, elle n’est pas avec moi.

Voilà tout. Au loin quelqu’un chante. C’est au loin.
Et mon âme est mécontente de l’avoir perdue.

Comme pour me rapprocher d’elle mon regard la cherche.
Mon cœur la cherche et elle, elle n’est pas avec moi.

Une nuit identique blanchit les mêmes arbres.
Nous autres, ceux d’alors, nous ne sommes déjà plus les mêmes.

Je ne l’aime plus, c’est clair, mais combien je l’aimais.
Ma voix cherchait le vent pour aller à son oreille.

À un autre. Elle sera à un autre. Comme avant mes baisers.
Sa voix, son corps clair. Ses yeux infinis.

Je ne l’aime plus, c’est clair, mais, peut-être je l’aime.
C’est si court l’amour et si long l’oubli.

Parce que dans des nuits pareilles, je l’avais entre mes bras
et mon âme est malheureuse de l’avoir perdue.

Même si cette douleur est la dernière par elle
et que ceci soient les derniers vers que j’écrive pour elle.

Pablo Neruda

 © Traduction Pierre Clavilier

Avec la voix de l'auteur: surtout ne rajoutez pas de violon, ni de piano langoureux, les mots se suffisent à eux-mêmes.

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