L'Algérie pays des rêves et des chimères

L'Algérie un devoir d'exemplarité mal assumé

Demain, le Président de la République Abdel Azziz Bouteflika qui finit un troisième mandat sera quasi-certainement élu confortablement pour assumer un quatrième mandat à la tête d'un pays gravement affecté par la conjonction de facteurs négatifs, internes et externes, notamment la défaillance de ses dirigeants, l'immaturité, le désarroi et la fatigue d'une population sans vision concertée sur son devenir, le tout dans un environnement aux rapports de forces fluctuants. Le règne du Président qui sera élu le plus démocratiquement du monde, selon les principes et les normes du système démocratique occidental décadent , mais plus que jamais dominant, s'exercera quant à son effectivité et à sa durabilité, davantage comme l'auront décidé les acteurs de la mise en scène du pouvoir que de la réalité de l'état de santé, largement documenté et outrancièrement exacerbé par des flux récurrents de rumeurs malsaines.

Bouteflika qui aura eu une longue et prestigieuse carrière politique, s'en ira un jour prochain et il méritera de reposer auprès de son mentor, le Président Boumédiène, ce leader qui aura façonné sa carrière diplomatique durant les deux premières décennies post Indépendance, une période faste durant laquelle la voix de l'Algérie comptait dans les débats mondiaux, portant les aspirations des peuples en lutte pour leur indépendance et pour leur dignité, en lutte contre toutes les formes d'impérialisme, de colonialisme, d'exploitation et de domination.

 

Aujourd'hui, la classe dirigeante algérienne se révèle d'une fragilité étonnante, elle qui participe à l'abrutissement d'un peuple exténué par des guerres subies, des conflits infondés, absurdes comme ceux à consistance régionaliste, linguistique ou religieuse, dans un pays libéré du joug colonial avec une population à 99 % de musulmans ! Il reste à cette classe dirigeante dont une composante a participé à la libération du pays, le devoir de mener un combat libérateur contre l'obscurantisme qui prévaut, un combat de correction des déviations banalisées, un combat de promotion d'une gouvernance nouvelle digne d'une Algérie à la reconquête du statut qu'elle détenait au lendemain de son Indépendance.

 

Qu'elle ait l'ambition de contribuer par des réformes novatrices et inédites, à mener à l'intérieur de ses frontières, aux débats maghrébins, africains, arabes mais aussi et surtout mondiaux. Et, il serait grand temps que la catastrophe annoncée du quatrième mandat présidentiel de Bouteflika soit l'occasion opportune d'un changement constitutionnel significatif, celui d'en faire dans l'avenir du mandat présidentiel un mandat unique avec un système de passation apaisée du pouvoir hors des modèles occidentaux imposés.

 

Ce modèle fonctionne depuis des décennies au Mexique, il devrait être examiné, adapté au contexte algérien et appliqué pour mettre fin aux tendances suicidaires des pratiques en cours.Il serait grand temps que les forces vives réunissent leurs efforts, non pour poursuivre la destruction du pays, mais pour construire dans la fraternité et dans le dialogue une nouvelle gouvernance ressortissant d'un dispositif convenu dans une Deuxième Constitution de la République.

 

 

Il reste à cette classe dirigeante dont une composante a participé à la libération du pays, le devoir de mener un combat libérateur de l'obscurantisme qui prévaut, un combat de correction des déviations banalisées, un combat de promotion d'une gouvernance nouvelle digne d'une Algérie à la reconquête du statut qu'elle détenait au lendemain de son Indépendance.

Dans cette phase d'aiguisement des consciences des citoyens sur les impératifs d'une telle transformation, pourquoi ne pas appeler à la répétition du processus de débat national déjà expérimenté, non sans succès, lors de la Charte Nationale ?

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