Algérie : 4è mandat=opportunité pour une nouvelle Constitution fondatrice 'd'une 2è République

Transformer une catastrophe en un espoir

De Djilali,

Comme attendu, le Président algérien Abdel Azziz Bouteflika vient d'être élu pour entamer un quatrième mandat à la tête du pays. Dans le délabrement avéré de son état de santé, particulièrement documenté durant son troisième mandat, l'on ne peut que saluer la témérité d'un homme qui a marqué et qui a été marqué par l'histoire du pays depuis son accession à l'Indépendance. 50 ans d'histoire assumant les plus hautes charges diplomatiques et politiques qui intéresseront peut-être un jour les spécialistes de la chose.

Un Président élu, de son fait ou malgré lui, pour un mandat de plus, de trop diraient les adeptes d'une démocratie universelle rénovée, corrigée des errements et pratiques discréditées de la démocratie occidentale. L'Algérie qui a accompli le miracle en emportant une victoire historique sur les forces colossales, coloniales, a montré durant les années 1960 et 70 une capacité réelle de mobiliser et d’entraîner les populations africaines, arabes, et plus généralement du Tiers-monde dans des combats contre les velléité de domination occidentale, d'asservissement des peuples et de pillage des richesses.

Aujourd'hui, l'Algérie est capable de transformer cette catastrophe électorale qui a consisté à concéder un nouveau mandat à un de ses fils, usé par le pouvoir et susceptible de finir sa carrière dans l’opprobre s'il s'obstinait à vouloir mourir comme Président ou pire encore, chercher à léguer ce pouvoir à épouse, fils ou frère pour perpétuer la lignée, la dynastie le royaume comme au temps jadis des sultanats. Elle pourrait la transformer en une lueur d'espérance pour elle et pour les autres peuples du monde, des citoyens épris d'une conscience, militants pour une nouvelle gouvernance, pour la construction d'un modèle politique capable de construire et de renforcer un pouvoir participatif et partagé dont la pierre angulaire serait l'exigence d'un mandat présidentiel unique et exclusif. Donner au pouvoir cette transparence et cette fluidité, cet engouement qui fait du Président en exercice un serviteur momentané de son peuple, un passeur de flambeau au seul service de l'intérêt commun et non d'une famille, d'un clan ou d'une région.

En Amérique centrale, le Mexique applique déjà et depuis longtemps cette forme de gouvernance qui reste à parfaire, l'Algérie peut décider de la vulgariser avec plus de rigueur et d'ambition pour servir son peuple mais aussi les peuples africains, arabes et au-delà.

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