TROISIÈME CONFINEMENT ET FABRIQUE DU CONSENTEMENT

Le processus mis en oeuvre par le pouvoir via ses médias pour nous préparer à accepter l'inacceptable est désormais parfaitement rodé.

 

La chronologie  des titres de la presse au cours de ces dernières semaines précédant l' inévitable prochain confinement est riche d'enseignement. En effet, un peu d' attention et d' esprit critique permettent de repérer  la répétition d' un même processus, celui élaboré par le pouvoir, via les médias de masse, pour nous préparer à avaler une nouvelle et amère  pilule.

 Nous avons tout d' abord été tranquillisés. Le second confinement n'est pas encore un souvenir et le couvre feu généralisé à 18h lui a succédé. Alors le gouvernement nous ménage et nous assure de ses meilleures intentions. Le 6 janvier le Monde titrait : " Le gouvernement veut à tout prix éviter un troisième  confinement."

 En parallèle cependant, le discours des scientifiques-alarmistes-invités de la télé est abondamment relayé.

 Mais nos politiques tiennent bon. Le 11 janvier G.Attal assurait via la presse: " À ce stade il n'y a pas de reconfinement prévu."

 Quelques jours plus tard, changement de ton dans les titres. "il ne faut pas l' exclure".

 Puis la presse laisse filtrer quelques "indiscrétions "obtenues dans les couloirs du ministère de la santé alors que le matraquage scientifico-médiatique s'amplifie autour des variantes britannique et sud- africaine.

 Assez vite alors, arrivent les sondages, destinés à vérifier que la mayonnaise prend bien. Le  Figaro annonçait il y a quelques jours que 71% des français se '"résignaient à un nouveau confinement " . Et le Journal des Femmes que  "83 % des Français acceptent un nouveau confinement selon le dernier sondage de BFM TV".

 Il faudrait être fou pour résister tout seul dans son coin à la résignation de ces écrasants 71% et encore plus pour remettre en question l' acceptation de 83% de nos concitoyens!

On notera toutefois que la question posée était dans le premier cas " jugez-vous qu'un nouveau confinement soit inévitable?"  et dans le second " vous attendez vous à un nouveau confinement ?" ce qui n'a pas plus à voir avec la résignation qu' avec l' acceptation.

Sans doute pour cela, on prend quand même le soin de sonder le respect envisagé du confinement , lequel se monte à 92 % "même en cas de désaccord avec la mesure". 

Ouf!!!

Avant hier 24 , le JDD a donc enfin pu nous l'annoncer : "le reconfinement n'est plus qu'une question de jours".

 Et voilà! Nous sommes prêts à accepter passivement l'estocade qui sera portée et ce dès demain peut-être  à la sortie du Conseil de défense.

 Ce sont donc les médias qui nous préparent, tâtent le terrain et même désormais annoncent  les décisions gouvernementales!

 

Mais il ne s' agit là que de la tactique opérationnelle. Utilisée de façon récurrente elle en devient éculée. Il suffit d' entendre nos politiques  évoquer un re- confinement, surtout lorsque c' est pour nous assurer droit dans les yeux " qu'ils feront tout pour l'éviter ",  pour savoir qu'on y aura droit.

 Plus intéressante est la stratégie de fonds mise en place au fil des mois pour nous faire accepter le sacrifice de nos libertés.

 

Tout d'abord il s'agit de nous convaincre que c'est bien grâce  à ce sacrifice que nous faisons  au moins aussi bien que les autres  et certainement, à y bien réfléchir, mieux . 

 Dans ce but, les politiques des  pays ayant choisi une autre voie sont systématiquement dénigrées.

Les articles fleurissent pour stigmatiser des choix jugés inappropriés quand ce n' est pas carrément criminels.  "Échec de la politique d'immunité de troupeau au Brésil" ou " Hécatombe du 3eme âge en Suède"  font partie des thèmes  repris de façon récurrente par la presse. Pas un de ces ces articles ne comparent les statistiques de mortalité de ces pays avec les nôtres.  Qui sont ces journalistes payés pour les écrire? Et combien les paye t'on pour qu'ils s'asseyent à ce point sur le code déontologique de leur profession ? Comment peut-on dans un article sur le sujet exclure l'information essentielle qui est que notre taux de mortalité Covid en France est supérieur à celui de la Suède comme à celui du Brésil!!

Ce chauvinisme médiatique est abondamment professé par nos dirigeants. Les officiels comme les officieux. Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, plaide pour un reconfinement rapide ( pardon... je m'accorde une pause pour rire. Mon correcteur d'orthographe, l idiot, ne connaît pas encore ce mot!). Et alors qu'avec la Belgique, l'Italie et l'Espagne nous nous retrouvons dans le triste peloton de tête en termes de mortalité, il ajoute quand même qu' "on est le pays d'Europe actuellement dans la meilleure situation sanitaire". Nouvelle pause rigolade...Et cocorico!!!

 il est désormais clair pour une bonne partie des Français  que c'est  à ces "tours de vis" successifs que nous devons nos brillants résultats, mais on a aussi réussi à les convaincre de l'absence de plan B. "There is no alternative" comme le disait déjà en son temps M.Thatcher.

 Appliquer le "TINA" passe d'abord par le discrédit  des options simples qui auraient pu être mises en œuvre pour gérer l'épidémie tout en laissant vivre la France.

Les Raoult, Péronne et autres sont ostracisés. Les médecins souhaitant traiter sont rappelés à la ligne du Parti et sanctionnés  par un ordre des médecins de plus en plus dictatorial.

Plus récemment un certain nombre d'infectiologues a proposé la solution de bon sens consistant en un confinement volontaire des personnes à risque . Solution dont l'écho dans les médias a été plus que discret… et que l'exécutif rejette avec des arguments d'une rare indigence.

Macron l'avait évoquée lors de l'annonce du deuxième confinement pour l' écarter immédiatement : "confiner les seules personnes âgées est inefficace parce que le virus circulerait toujours sous des formes graves dans le reste de la population".  Or, depuis un an sur les 73 000 décès dûs au Covid, 5800 concernent des personnes de moins de 65 ans. On tombe à 2000 si l' on exclut celles qui présentaient des comorbidités  avérées. Et à 400 pour les moins de 50 ans. Pénible comptabilité certes mais comment éviter de penser dans ces conditions qu'une protection ciblée des personnes âgées ainsi que des personnes fragiles porterait ses fruits? Quant à  Olivier Véran, il a affirmé plus récemment exclure catégoriquement cette solution pour cause de "difficultés liées à la faisabilité"ainsi que de "solidarité générationnelle". Il faut croire qu'il est plus facile de confiner 67 millions de personnes que 5 et que la solidarité générationnelle implique que nous coulions tous ensemble.

 Les décisions politiques déconnectées des chiffres du réel, ceux  du recul de l'économie, de la multiplication des plans sociaux, du passage sous le seuil de pauvreté d'un million de Français depuis le 1er confinement, sont donc de toute évidence également déconnectées des chiffres de l'épidémie  elle-même.

Mais il ne suffit pas d'ignorer les chiffres, il faut aussi les fabriquer pour fabriquer du consentement. Pourtant de temps en temps quelques journalistes qui font encore leur boulot lèvent le lièvre. Ainsi du scandale, révélé en octobre dernier, du comptage de l' occupation des lits de réanimation par les malades atteints de Covid. Or, cet indicateur fallacieux a été pendant des mois le seul mis en avant pour justifier les mesures sanitaires liberticides.  Quant aux chiffres des hospitalisations, quel crédit leur accorder depuis quelques jours et l'article de Nice-Matin à ce sujet ?

 Las! En deux ou trois jours, ces éclats de vérité se retrouvent noyés sous la boue des nouvelles catastrophistes.

 Donc couvre-feu,confinement et état d'urgence, il n'y a pas à sortir de cette trilogie!!!

 Quant à nos parlementaires, qu'en dire ? Poussent-ils le souci de représentativité jusqu'à être comme nous victimes de cette propagande? Ou y participent t-il ? La semaine dernière, la prolongation de l'état d'urgence a été votée par 113 voix pour contre 43 soit 156 parlementaires présents dans l'hémicycle. L'Assemblée nationale en compte 577.  Cela donne un début de réponse à la question.

 

 Nous subissons malheureusement les conséquences d' une mise en œuvre parfaitement maîtrisée de la technique de fabrique du consentement étudiée par Chomsky. Un lavage de cerveau en règle orchestré par le pouvoir via les médias sous contrôle.

Le virus joue le rôle du communisme à l'époque de la chasse aux sorcières aux États Unis, le même que jouait encore le terrorisme il n y a pas si longtemps. .

Il est au cœur d' une propagande qui vise à nous rendre acceptable la confiscation de nos libertés les plus élémentaires. 

 Je propose à la prochaine manif de défiler avec des caricatures des députés de la honte pour tous ceux qui auront voté la prolongation de l'état d'urgence et tous ceux qui y auront, par leur absence, sciemment contribué.

Il y faudra aussi celles des journalistes de la honte. Ceux qui diffusent les mensonges flagrants, les vérités tronquées et les chiffres fallacieux qui légitiment la politique gouvernementale mais aussi ceux qui s'abstiennent  de la questionner. 

Les fake-news ne sont pas la spécialité de quelques you-tubers ou face-bookers. Ceux-là sont de pauvres amateurs. Les véritables pros sont ceux qui alimentent la gigantesque usine à fake-news qui  déverse ses produits 24 heures sur 24 sur nos  radios, nos postes de télévision, nos journaux et nos écrans.

 

 

 

 

 

 

 

 

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