Trois reconversions lucratives pour J. Cahuzac

Claude Bartolone, qui a confié à France Info le désir de Jérôme Cahuzac de revenir dans l'Hémicycle, ne sait pas quoi faire pour convaincre l'ex-ministre délégué au Budget à ne pas s'obstiner à un retour en politique. "J’essaie de lui faire comprendre qu’il ne peut pas le faire", précise le président de l'Assemblée nationale. Voici trois reconversions lucratives qui devraient plaire à l'intéressé.

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1. Reprendre son activité de chirurgien

Comment Jérôme Cahuzac a alimenté plusieurs centaines de milliers d'euros sur un compte en Suisse ? En travaillant. Le seul "problème", c'est qu'il fallait déclarer sur sa déclaration de revenu le fruit de ce travail. D'autant plus lorsqu'on accepte un poste de ministre délégué au Budget, après une campagne présidentielle où le candidat n'a cessé de taper sur les exilés fiscaux et les adeptes du non-patriotisme fiscal. A croire un article paru aujourd'hui sur Médiapart, le docteur Cahuzac avait la fâcheuse tendance à préférer les espèces aux chèques. Une ristourne était proposée aux amateurs de cash. En 2013, on peut donc proposer à Jérôme Cahuzac de reprendre son activité de chirurgien capillaire, sans jouer cette fois-ci avec les impôts. L'honnêteté lui évitera de perdre ses cheveux.

2. Conseiller fiscal

« Il m’a proposé de payer de la main à la main, quelque 18 000 francs je crois », a témoigné à Médiapart un ancien client qui avait fait appel au Dr Cahuzac à la fin des années 1990. « Il m’a expliqué que les médecins payaient trop de charges à son goût… » Avec un tel raisonnement, une place de spécialiste fiscal dans une publication ou une maison d'édition du type "150 conseils pour payer moins d'impôts" collerait à la mentalité de cet ancien ministre... socialiste. Sinon, une place dans le cabinet d'affaires où travaille Jean-François Copé devrait rapporter une rémunération beaucoup plus lucrative pour un nombre d'heures moindre qu’au sein du gouvernement.

3. Acteur

Etre capable de répéter à l'envi son innocence au Président, au Premier ministre, à l'Assemblée nationale, aux médias et aux Français, mérite une nomination dans la catégorie meilleur espoir masculin aux prochains César. Chapeau bas pour cette capacité à réfuter avec aplomb une allégation, sans se trahir par un trémolo ou une gestuelle révélatrice d'un malaise. Dans Libération, Pierre Moscovici annonce que son ministre délégué lui a juré "plus de cinquante fois, les yeux dans les yeux" qu'il n'avait pas ouvert ce compte. C'est à ce moment qu'on réalise la nature intrinsèque de Jérôme Cahuzac à jouer la comédie. Son obstination n'a d'égal que sa façon à transposer l'indignation sur ce faciès de séducteur.

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