Tourisme en Dordogne, serons-nous des joueurs de flûte indienne dans les rues des centres historiques ?

C'est le moment de prendre la parole pour parler d'avenir, promet Philippe Mallard le président de canalpourpre.info. La télévision de Bergerac organise le 28 juin 2008 un débat en direct et en public sur le Patrimoine et le tourisme.
Le mot "économie" explique tout et justifie tout.
Pourquoi rénove t-on telle chapelle ou tel décrottoir à sabots ? Pourquoi conserve t-on tel édifice, tel ouvrage artisanal ou telle œuvre ? Le tourisme bien sûr ! L'argent public paie la facture, subventionne les compagnies low-cost et les petits boulots progressent.
Bel avenir pour ceux qui pensaient que la culture permettait de s'émanciper : vos gosses seront voituriers devant les palaces, gondoliers sur gabares électriques, chanteurs-mandiants du répertoire ethnique, petits-taxi à l'aéroport de Bergerac, figurants sur les rives du "fleuve Dordogne", guides touristiques cultuels. Les universitaires garderont vos petits enfants dans les cloîtres classés patrimoine mondial de l'humanité.
Voulons nous d'un Marrakech-sur-Dordogne ?
A Cadouin par exemple, on regrette ouvertement la vérité. A l'époque où le saint suaire était un vrai, les victimes de l'obscurantisme arrivaient par trains complets, accomplissant le dernier kilomètre à genoux, pour guérir ou se sauver de leur misérable condition et pour assurer la propérité des limonadiers du coin.
C'était avant 1934, l'année où la vérité fut révélée. "Les gens croyaient au saint suaire et ça leur faisait du bien. Alors, pourquoi l'a ton dit ?" Peut-on entendre dans les rues de Cadouin.
La précarité a du bon pour ce genre d'économie. C'était avant 36, avant le projet du CNR, mais c'était demain. L'époque où Sarkozy nous promet de nous reconduire.

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