Enseignement supérieur et recherche : les ambitions d’une grande réforme.

C’est à des défis majeurs que répond le projet de loi déposé  Geneviève Fioraso en

mars dernier à l’Assemblée Nationale. Le bilan du précédent gouvernement est en effet

catastrophique, tant sur le plan de la réussite étudiante que sur la dynamisation de la recherche.

 

Aujourd’hui, seulement 27% des étudiants réussissent leur licence en 3 ans et le taux d’échec subi

par les bacheliers technologiques et professionnels, contraints de se diriger dans des filières

généralistes faute d’avoir été admis dans celles qui leur sont destinées (IUT et BTS) est encore plus

élevé, aggravant les inégalités. L’offre de formation est quant à elle illisible, avec plus de 7 700

intitulés de masters handicapant l’orientation des étudiants autant que le recrutement des jeunes

diplômés par les entreprises. Enfin, la recherche française manque d’une vision stratégique, perd de

l’influence au niveau européen et ses résultats peinent à se transformer en innovation dans la sphère

économique.

 

Il est grand temps de réagir ! La spécialisation sera désormais progressive en licence,

améliorant l’orientation et donc la réussite des étudiants. Des quotas seront réservés aux bacheliers

professionnels et technologiques pour l’accès aux BTS et IUT. Par ailleurs, l’ouverture à international

s’impose comme gage d’insertion de nos étudiants dans un monde globalisé et pour renforcer

l’attractivité de notre système : enseigner certains cours en anglais sera rendu possible et l’accueil

des étudiants étrangers favorisé.

 

La révolution numérique doit également toucher nos universités, par

la mise en ligne de certains cours et la formation à leur usage. Ce n’est rien de moins que l'avenir

de notre système d’enseignement supérieur qui est en jeu. La nouvelle gouvernance instaurée par la

coopération, la fusion ou le regroupement des établissements abonde dans ce sens, restructurant le

paysage institutionnel. Côté recherche, l’accent est mis sur l’élaboration d’une grande stratégie

nationale impulsée par le ministére de la recherche, en coordination avec l’ensemble des acteurs,

capable de définir les grands enjeux et orientations à suivre. Les transferts des résultats de la

recherche vers l’économie seront également renforcés, afin qu’invention rime avec innovation.

 

Cette première grande loi associant enseignement supérieur et recherche, tenant compte de leur

complémentarité et analysant conjointement leurs difficultés, nourrit de grandes ambitions. Elle

professe à la fois la démocratisation de l’éducation et la dynamique de l’excellence, le soutien actif à

la recherche publique et ses débouchés concrets dans l’économie réelle, la simplification du paysage

institutionnel et la coordination de tous les acteurs, afin de garantir le rayonnement de l’enseignement

supérieur et de la recherche français.

Stéphane Delpeyrat Secrétaire National à la Recherche du PS

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